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TANGERINE DREAM - Quantum Gate (2017)
Par BAKER le 26 Mars 2018          Consultée 326 fois

Il était malade au point d’en être méconnaissable, mais j’avoue que le décès soudain d’Edgar FROESE a été un choc. Un choc à double effet Kiss Cool. D’abord, le choc émotionnel : c’était un de mes héros, alors c’est logique d’avoir un pincement au coeur. Et puis, le choc rationnel : oui, j’ose l’affirmer, artistiquement TANGERINE DREAM était de toutes façons mort depuis presque dix ans. A force de sortir tout et n’importe quoi (des EP sans inédits, des compils thématiques à la Philippe Risoli, un DVD live chaque fois qu’ils allaient à la selle...), TDream ne sortait plus grand chose. Oh il y avait bien des éclaircies : Undercover était bien foutu et rigolo (dommage qu’il n’y ait pas de volume deux), les Phantom Ferry avaient quelques bons passages, et surtout les 5 saisons atomiques étaient très belles pour qui aime la musique un peu concrète et expérimentale. Mais sur la quantité astronomique de daubes éhontées qu’ils refourguaient aux fans transis, subissant des rectorragies par poignées de cent euros par mois, franchement, Froese et ses potes interchangeables étaient créativement décédés depuis perpette.

C’est donc avec à la fois de l’émotion, beaucoup de crainte et de la surprise qu’on a appris que les survivants allaient terminer le prochain album, qui contiendrait de vrais bouts d’Edgar dedans. Et la surprise, elle est dans la façon dont le groupe, à moins que ce ne soit son ex-leader, a conçu ce disque : comme une sorte de voyage dans le temps mais sans passéisme, juste quelques parfums, quelques menues fragrances glânées ça et là. On peut notifier et même dater ces auto-citations, oui, évidemment. "Sensing Elements" : les boucles enveloppées de Firestarter. La fin héroïque et presque technique de "Roll The Seven Twice" : du Johannes Schmoelling pur jus, tandis que les trilles de séquenceur proviennent de Thief ou Stratosfear. Le Mellotron fantômatique de "Non-Locality" : Rubycon, évidemment, et son intro : Goblins Club. La semi-techno planante mais enveloppante de "Tear Down" : Jeanne d’Arc (en moins bien cependant). Et le final, "Genesis" ? ...Tenez-vous bien : "Meridian Madrigal". Bref, tout y passe ou presque. Mais dit comme ça, ça ressemble à un fainéant exercice d’auto-léchage de scrotum.

Or, la grande force de ce Quantum Gate, c’est justement que ce n’est pas un Mur des Lamentations type ouin c’té mieux ââââââvant : non, le groupe avance, propose autre chose, une réelle combinaison de tout ce qui a fait la force de ces musiciens pendant près de 50 ans. Ce n’est pas parfait : quelques titres sont moins réussis que d’autres, jouent un peu la facilité, tout en restant agréables et sinon intéressants, du moins très écoutables et sans aucun ennui malgré la longueur du disque (disque qui possède d’ailleurs plusieurs tracklistings, celui du vinyl me semblant pour le moins étrange). Ainsi "Granular Blankets" (quel titre ! je veux mon Epéda !) qui malgré une guitare crunchy et une jolie basse n’est pas sensationnel. Mais ça n’empêche pas donc tout l’album d’entraîner l’auditeur vers un réel futur alternatif, à la fois inquiétant et apaisant, sans vraiment copier/coller les 7659875 disques précédents.

Mais là où Thorsten QUAESCHNING et ses sbires font fort, c’est qu’ils ont réussi à sublimer les dernières idées d’Edgar pour donner naissance à quatre, oui, QUATRE réussites. Drôle et ironique, “Il est temps de se casser quand les gens se mettent à danser” (comme je suis d’accord) est un hit disco-pop-techno à trois accords plus proche de MORODER que de l’école Berlinoise, mais accessible, joyeux et... dansant (how ironic). "Identity" est juste beau, épique, avec des harmonies terriblement intéressantes. Emouvant car semblant venu de nulle part, "Non-Locality" permet en son milieu de laisser résonner une ultime fois la guitare solo, si GILMOURienne, si fluide, de Herr FROESE : un petit coucou d’outre-tombe. Enfin, fort et inattendu, ce fameux "Genesis" donc qui mélange l’électronique la plus débridée et le violon beau et humain pour finir pratiquement sur du EXXOS avec ces sons organiques Dunesques. On a l’impression d’accompagner Edgar vers sa nouvelle adresse cosmique. Dôté d’un son évidemment sublime, Quantum Gate n’est pas un GRAND disque du Dream, mais sans doute aucun un BON, et c’est en soi une des surprises de l’année. Du coup, la suite fait encore plus peur.

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   (2 chroniques)



- Edgar Froese (synthétiseur, guitare sur 6)
- Thorsten Quaeschning (synthétiseur, guitare, basse)
- Ulrich Schnauss (synthétiseur)
- Hoshiko Yamane (violon)


1. Sensing Elements
2. Roll The Seven Twice
3. Granular Blankets
4. It Is Time To Leave When Everyone Is Dancing
5. Identity Proven Matrix
6. Non-locality Destination
7. Proton Bonfire
8. Tear Down The Grey Skies
9. Genesis Of Precious Thoughts



             



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