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MERMAID KISS - Another Country (2012)
Par MARCO STIVELL le 3 Novembre 2012          Consultée 1400 fois

Nous n'avions quasiment plus de nouvelles de MERMAID KISS depuis Etarlis, chef-d'oeuvre de musique progressive inclassable paru en 2007 et la mini-tournée qui a suivi. Rien, strictement rien jusqu'à ce mois de mai 2012 où paraît sur le net un nouveau single, Circles of Fire et qui ouvre la voie pour le véritable nouvel album, Another Country. Comme chacun le sait, ce «groupe» n'en est pas un -à part à ses débuts- puisque les musiciens vont et viennent à l'exception de la base, Jamie Field, Andrew Garman et Evelyn Downing. Garman quitte MERMAID KISS après Etarlis, permettant au «groupe» de rechercher pour sa musique un son à la fois plus réaliste et professionnel, avec de vrais instrumentistes -même si le musicien reste à la production-, et grâce à Circles of Fire, force est de constater combien cela fonctionne. Néanmoins, à peine ce Another Country parait-il que nous apprenons le départ définitif d'Evelyn Downing, la première sirène ayant marqué cette magnifique histoire...

Dans un mot très émouvant, la chanteuse nous apprend plusieurs choses, et particulièrement que ce retard de publication n'est pas le fait du hasard. Dès le départ, MERMAID KISS est un projet réalisé pour le plaisir, dans les moments où les membres éparpillés à travers l'Angleterre et vaquant chacun à leurs occupations peuvent se voir. La vie d'Evelyn prenant un nouveau tournant, elle laisse les rênes à Jamie Field, qui prévoit d'ailleurs la sortie imminente d'un deuxième album consacré à Etarlis. Nous apprenons que ce qui a également retardé Another Country (lui aussi disponible uniquement sur le net, hélas, mais les temps sont durs), projet démarré aux débuts du groupe en 2000-2002 (!), c'est sans aller jusqu'au perfectionnisme le plus strict, une volonté de peaufiner la musique pour être sûr d'être le plus possible en accord avec elle. Ce n'est donc pas demain que MERMAID KISS sortira un album à la va-vite... Mais ce laps de temps aura au moins permis de multiplier les expériences.

Another Country, c'est le nom donné à la musique qui avait pour titre de travail American Images. Un titre révélateur, mais un peu surprenant quand on sait (toujours grâce au mot d'Evelyn) qu'aujourd'hui et pas plus qu'en 2000, aucun membre de MERMAID KISS n'a jamais foulé du pied le sol du pays de l'Oncle Sam ! Leurs images de l'Amérique se basent sur des livres, reportages et films, ce qui au vu de la qualité des références, revient au même il faut bien le dire. Dans ces temps troublés, particulièrement pour la superpuissance, MERMAID KISS sait rappeler aussi bien que les folkeux d'outre-Atlantique les travers de leur histoire, le Dust Bowl (si bien traité par John Steinbeck et son Grapes of Wrath/Les Raisins de la Colère), le Trail of Tears, et d'autres événements noirs plus récents qui sont surtout mentionnés implicitement. Des peintures troublantes des villes de New York et Los Angeles nous sont proposées, ainsi que des balades sur le sol des campagnes ravagé par les tornades. Mais par exemple, contrairement à ce qu'on nous dit dans les westerns, les cowboys n'étaient pas tout le temps en train de tirer sur les Indiens... Sans chercher à donner une vision complètement catastrophisante des Etats-Unis, Another Country met en valeur une sensibilité féminine -la superbe pochette nous met dans l'ambiance- jusque dans le choix des personnages des chansons. Rhonda qui fait écho à la petite Sadako Sasaki rescapée de Hiroshima pendant le conflit avec Cuba est l'une de ces petites sirènes habitées par la voix plaintive et angélique de Evelyn Downing, pour la dernière fois donc.

Musicalement, on retrouve un MERMAID KISS aux formats courts, puisque une seule chanson atteint les cinq minutes et demeure la plus longue («Circles of Fire», de ce fait curieusement choisie comme le single porteur et sans édition radio !) et l'album lui-même n'excède pas quarante minutes, soit vingt de moins qu'Etarlis. Les premières fois où l'on écoute le disque, il peut être facile de se sentir frustré, mais en réalité c'est parce qu'Another Country est l'album le plus difficile d'accès de MERMAID KISS. Contrairement aux précédents, il n'y a pas d'alternance de voix, ou même par rapport au premier, la diversité musicale est moins marquée. La plupart des morceaux sont menés sur un tempo lent et un rythme ternaire (en réalité 3/4 ou 6/8) qui se rapproche parfois de l'esprit blues-folk américain. Néanmoins dans les choix de composition et d'instrumentation, on reste dans un univers typique du groupe, plutôt mélancolique et rêveur -délicat, sensuel...-, à grand renfort de nappes de claviers. Parmi les musiciens (qui font enfin sonner MERMAID KISS comme un groupe), Nigel Hooton l'ancien guitariste soliste est remplacé par Pete West, tout aussi excellent et expressif même avec deux notes, et Wendy Marks s'occupe de faire sonner le hautbois et le cor anglais là où s'attend à avoir un harmonica -même si celui-ci fait également une petite apparition («Frontier»). Quelques soli de ces bois (ainsi que la flûte très présente) ponctuent des ballades merveilleuses, en particulier «Comes and Goes» et Marks, en collaboration avec le claviériste Colin Henney, improvise de très jolis interludes folk-classiques reprenant des thèmes mélodiques du disque. La batterie de Steve White ainsi que la basse sonnent légères, dans une production intime mais aérée, et où l'on se délecte de sons de claviers différents : piano, orgue, synthés, accordéon... Il y a des trouvailles très intéressantes jusque dans le jeu de la guitare acoustique pourtant simple de Jamie Field, comme dans «Dust Bowl Bride» -l'une des premières chansons écrites et parmi les dernières achevées- où il utilise un accordage (DADGDD) emprunté à Kate Belcher, l'ancienne (et si talentueuse) chanteuse «intérimaire» du groupe. Notons aussi la présence de l'un des très rares up-tempos de son histoire sur «Ghost Rider», ses cordes en pizzicati et sa flûte à bec irrésistible, un choix de single plus tubesque et évident que «Circles of Fire» typiquement mermaidkissien, mais de ce fait prévisible donc on ne regrette rien.

Un album certes court (moins de dix minutes supplémentaires par rapport à l'EP Salt on Skin) mais plus exigeant qu'il n'y paraît, plus riche surtout. A défaut d'être un chef-d'oeuvre, Another Country confirme pour MERMAID KISS son statut de groupe anglais actuel parmi les plus intéressants -et méconnus- et permet de patienter jusqu'au prochain disque que Jamie Field présente comme celui dont il est le plus fier. Ca fait envie...

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   MARCO STIVELL

 
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- Evelyn Downing (chant, choeurs, flûte traversière)
- Wendy Marks (flûte traversière, cor anglais, hautbois, flûte à )
- Jamie Field (guitare acoustique)
- Pete West (guitares électriques et acoustiques, basse, choeur)
- Colin Henney (piano, claviers)
- Steve White (batterie)
- + Richard Northwood (basse)
- M.j. Gray (coupures radio)


1. Frontier
2. Circles Of Fire
3. Interlude No.1 : The Appalachian Mountains
4. Dust Bowl Bride
5. Rhonda And The Paper Crane
6. Interlude No.2 : The Allegheny Mountains
7. L.a. Aria
8. Scissored Ground
9. Ghost Rider
10. This Trail Of Tears
11. Comes And Goes
12. Interlude No.3 : The Black Hills



             



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