Recherche avancée       Liste groupes



Moyenne indisponible  [?]

The Strokes
First Impressions Of Earth
Page  1 |

le 30 Août 2007 par LOONEY


Après un 'Room On Fire' très injustement décrié et vite considéré comme une resucée du désormais culte 'Is This It' (la qualité des compositions n'étant, dans ce genre de cas, pas prise en compte dans les magazines spécialisés) ; Les Strokes, meilleur groupe rock du moment (à des années lumières de tous ses suiveurs), reviennent avec un troisième album aux allures lancinantes et aux influences multiples.

'First Impression Of Earth' donc, commence avec 'You Only Live Once', chanson qui s'inscrit dans l'esprit du groupe : Mélodie parfaite, chant magnifique suppléé par de géniales lignes vocales et doublé d'une musicalité impressionante.

La deuxième piste, déjà connue par les fans pour cause de martelage radio, est relativement déroutante : Basse mise en avant (presque trop), fond agressif et rapide, solo presque hard rock et chant inhabituel ; 'Juicebox' assume parfaitement ses ressemblances avec SOAD et le résultat est d'un bel effet.

On poursuit avec 'Heart In A Cage' et sa superbe mélodie, qui précède deux chansons à l'esprit très pop-rock, concentrées encore une fois sur les lignes vocales de Julian : 'Razorblade' et 'On The Other Side'.

Le groupe ne commence à sortir réellement des sentier battus (si on excepte le single) qu'à partir de la géniale 'Vision Of Division', limite hard-rock, où Julian se lache comme jamais sur un bridge débridé et un des plus beaux refrains du groupe ; à noter le solo, très SOAD encore une fois.

'Ask Me Anything' est une ballade plutôt influencée par Lou Reed, mais en moins bien, elle coupe légèrement l'auditeur dans son élan et amorce le ventre mou de l'album, qui durera le temps de 5 pistes. Vous me direz, ça fait quand même le tiers.. Mais bon, j'ai vu pire comme ventre mou ! Les chansons restent relativement bonnes, surtout 'Fear Of Sleep' et '15 Minutes', essentiellement et encore une fois grâce au chant de Casablancas.

Tout reprend avec la meilleure piste de l'album toutes catégories confondues : 'Ize Of The World' et sa montée en puissance de folie, sa rythmique ultra travaillée et surtout ses lignes vocales qui feront comprendre, même aux plus grands détracteurs, que les Strokes ont comme leader le meilleur chanteur de rock actuel, et de loin.
L'album se finit en beauté avec 'Evening Sun' et 'Red Light' qui se trouvent sensiblement dans le même esprit que 'Razorblade' ou 'On The Other Side' et sont vraiment excellentes.

Un troisième essai qui, malgrè quelques défauts (à savoir des longueurs et un ventre mou évitable), écrase encore une fois l'intégralité de la concurrence.
Vive les Strokes et vivement le suivant.

le 30 Octobre 2006 par FRANCè


Dans la famille "je me fous pas de la gueule du monde quand je fais un nouvel album" revoici les Strokes, nouveaux enfants chéris du cliché rock.
Pourtant, apres un premier album deja légendaire, un deuxieme, moins reputé, meme si énormément travaillé et excellent à son tour, les Strokes, qui peuvent se ranger gentiment dans le moule (leur nombre de fideles étant acquis et fidélisés) et entrer dans la catégorie groupes pour RTL2, ne camperont pas sur leurs bases et une nouvelle fois désorienteront leurs fans des anciens album, comme pour le précédant, dès la premiere écoute de ce fameux "First Impressions".

Conscients de leur statut de fils a papa ultra chanceux et de trop beaux gosses vintages, ils paraissent pourtant très frustrés de ce cliché cultivé pour des raisons sûrement purement commerciales, qui leur colle toujours a la peau. Ils ne sont pas comme ca, la démonstration se fait sur ce qui est de la matiere première d'un groupe.....Son travail!
Et là, on s'appercoit que l'image polissée de gentils mauvais garcons branleurs, ne se justifie pas forcément, voir pas du tout.

Certes, pour ce nouvel opus, la patte est la même, comme pour tout groupe a forte identité musicale, pourtant, on ne s'y retouve plus du tout! Ils prennent parti de muscler le jeu, de prendre l'auditoire a revers, par des compositions encore plus complexes, pas du tout évidentes, qu'on n'arrivera pas à appréhender les dix premieres ecoutes (surtout pour les fans)! Eh oui! C'est pour ça qu'après les premières écoutes de "First Impressions", on ne saura toujours pas si cet album est bien, pas bien , bon, interessant, chiant, quel est leurs nouveau style, leurs influences....et j'en passe.

Ce nombre d'interrogations, c'est un critère évident de creativité musicale et de nouveau son si déstabilisant. (On est loin du rock pourtant très riche, mais plus accessible de Franz Ferdinand, ou de Jack White des White Stripes et tous les autres "concurrents directs" des gamins de la Big Apple).

Nous rentrons dans l'album. Et là, comme pour nous déstabiliser un peu plus, on se voit proposer une ouverture avec l'excellent You only live Once, faussement naif, et accrocheur dès les premières notes (où le groupe ne se cache pas non plus d'avoir plagier, sans pourtant l'avoir fait expres, le rythme du morceau de Queen: I Want To Breack Free).

Dès ce premier titre on notera, ce qui sera une constante dans l'album, la maitrise parfaite de leurs compositions, chaque instrument étant dépendant d'un autre en ayant chacun une partie très travaillée, le tout formant une harmonie parfaite, que tout compositeur se doit d'étudier tellement on atteint la perfection. Et par dessus tout, les sons sont parfaitement choisis, pour à la fois coller avec ceux du rock classic, et ceux d'un rock nouvelle génération, qui part sur des nouvelles bases. Car il est question de poser de nouvelles normes !

Le deuxieme morceaux, ressemble à priori à du foutage de gueule: Un riff lourd métal FM à la Batman, un pont d'une classe géniale, un solo tres fin "made in guitar heroe"! Et oui, le tout s'accorde sous le nom Juice Box, un ovni, qui est pourtant tout a fait sérieux et ultra puissant. Le groupe nous annonce donc clairement qu'il n'est pas question d'offrir du miel, ni d'etre nostalgique. Chez les Strokes on va de l'avant!

Troisieme titre: Heart in a Cage, petite réplique de "the Passenger" du roi Lézard, remis au goût du jour, version XXI° sciecle, avec beaucoup beaucoup de vitamine C. Du bonheur pour tout guitariste en manque d'exercice.

Et on enchaine, toujours sans concessions pour des oreilles habituées a des structures et accords classiques: Quatrieme titre, une guitare et un rythme aux sonorités "Brasil", cinquième, on s'accorde un instant dépressif, et on est envahie par une mélancolie ambiante. Sixieme chanson...... là on s'arrete !

Chef d'oeuvre. Le rock nous en offre donc toujours, merci mon dieu. Vision of Division: Ultra complexité de la structure, on varie d'une intro dotée d'un riff extraordinairement puissant et rock, d'un couplet qui calme avant la tempête, d'un pont d'une beauté à en pleurer, d'un refrain qui évoque par sa rage ce qu'a du eprouver l'étranger de Camus quand il disjoncte enfin, puis un solo en deux parties, à la melodie et l'inventivité sans bornes aux sonorités orientales (!!?!), où le premier guitariste (Albert Hammond Jr) passe le relai a son jeune accolyte (Nick Valensi), la chanson se ponctuant par le riff libérateur et jouissif de l'intro. On en reste sans voix.

Un marathon. Sans oublier de préciser le jeu de basse hyper ingenieux et fin de Nicholas Fraiture, la voix impeccable de Julian Casablancas, et surtout le morceau de batterie sensationnel de Fabio Moretti qui fera rêver tout bon batteur.

Les morceaux continueront à débouler ainsi en s'offrant sans concessions, laissant apparaitre un travail instrumental et sonore enorme.
On pourra s'arrêter aussi sur trois autres morceaux: 15 minutes, qui nous fait rentrer dans un univers de crooner pour finir en chanson punk tonique, a l'instar du "MY Way" du bon vieux Sid V. et nous faisant remarquer, qu'à la maison chez les Strokes on écoute toujours les Ramones. Réussie ou pas, on crée, on invente, on prend des risques.

Aussi, Ize of the World, à la beauté infinie et transportante avec son solo unique dans le genre, bien loin de la sempiternelle "penta", se hisse dans les meilleures chansons de cet opus.
Enfin on le clou du spectacle avec Red Light qui nous laisse sur une impression planante, sereine et aussi d'avoir eu à faire à du "gros dossier". La complexité du travail des guitares est ici atteinte, car c'est bien d'un rock d'un nouveau genre dont il est question. (Je me pose toujours la question: d'où sont ils partis pour la composer celle là?!)

Voila de ce qu'il en est de ce génial album de l'année 2006. Il est à noter aussi que l'enorme travail de production est à coupler avec le très bon ingénieur du son David Kahne qui rompt avec les anciens amours de leurs débuts et augmente la prise de risque et le voyage vers l'inconnu pour les strokes.
On notera aussi que certaines chansons de ce goupe prennent une autre dimension sur scène (on les redécouvre, ou alors on a une réponse), en dépit que certains apprécient mal le fait que leurs concerts soient "trop bien maitrisés" (ce qui se défend aussi évidement).

Cet album plein de créativité de prises risques, de grands moments de sublimations musicales, nous fait le plus grand bien et nous redonne espoir dans un monde où on privilégie l'artiste sans risque et la reprise de vieux tubes nostalgiques qui privent une jeunesse de leur propre musique.
Pour ca, et même si certains n'apprécieront pas le disque, par gout ou par incompréhension, car il y en aura sûrement (dieu merci, nous ne sommes pas dans un monde de pensée unique), au nom de tous je dis: merci beaucoup the Strokes et vite un nouvel album, bande de petits branleurs!













1999 - 2018 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod