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The Cure
Songs Of A Lost World
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le 10 Novembre 2024 par THE WAILING WALL


Énième réchauffé du désespoir venant d'un chanteur richissime détestant la monarchie, tout en étant de facto un aristocrate du rock. Au menu de la dernière livraison : toujours la même entrée, le même plat de consistance et le même dessert. Boucles de tempos de batteries superposées les unes sur les autres pour obtenir un tapis de sons qui va créer un effet cocooning, et ça fait 35 ans qu'il applique cette recette. Manier l'art de l'auto-citation en réutilisant le son de percus cold wave de "The Drowning Man" sur le titre d'ouverture "Alone", l'art de la paresse, c'est toute une histoire. Éditer les percus avec le mac, ça rassure en studio. Sont ajoutées ensuite les intros avec des motifs courts qui s'opposent et se juxtaposent, pour créer des contrastes, l'art du remplissage savamment agencé. L'artifice présenté comme un art avec une multitude de bancs de brouillard.
Puis, après ces intros mélancoliques où si peu de choses se passent, vient le chant avec une voix assez élastique et blanche, la même qui est en place depuis l'an 2000. Les paroles sont d'une platitude désarmante, on est en terre connue, c'est une version bis de certaines chansons de l'album Bloodflowers. Le son de la basse avec cette distorsion assez laide rappelle le son que Simon Gallup avait utilisé durant la tournée de 1995 sur "Fascination Street", leur concert de Glastonbury avait cette particularité sonore dérangeante. Le single 2024 supposé être radio-friendly, "A Fragile Thing", avec ce phrasé à mi-chemin du chant détaché et de phrases jetées, se vautre dans l'indigence. Et cela continue après again and again.
Cet album n'est à la fin qu'un divertissement mélancolique de masses. Il fait illusion. Mais de l'art, sans substance, est juste de l'artifice. En 2004, le rouleau compresseur médiatique avait décrété que le cru éponyme était de grande qualité. Et puis en 2008, des critiques de cour français et anglais avaient de nouveau décerné une couronne pour un album gonflé à l'hélium. Chute vertigineuse, Descent, dans les deux cas. Le cru 2024 est sur-vendu, avec une com' finement rodée; l'opération prend bien pour l'instant. Tout ne va durer qu'un temps. Les adeptes du culte continueront à se convaincre quotidiennement que cette vendange tardive, mélancolique, n'est pas artificielle. Les autres ne seront pas dupes de ces tours de passe-passe.

"Be like we used to be".

le 09 Novembre 2024 par RICHARD


@PSYCHODIVER, aucun souci, bien au contraire. On peut comme moi avoir acheté son premier CURE à 8 ans en 1985 et faire naturellement la part des choses. Je suis fan (personne ne l'avait remarqué ?) mais pas un dévot vouant un culte irraisonné à saint Robert. Je crois même qu'il est plutôt sain qu'un groupe avec 45 ans d'âge puisse encore susciter quelques passions (du moins pas sur Forces Parallèles, car ce n'est pas du prog ou du metal). Je comprends d'autant plus tes arguments pertinents (comme d'habitude) qu'aux premières écoutes, j'ai ressenti la même sensation sur certains points (batterie, instants boursouflés). J'ai eu peur d'un nouveau Disintegration (cf ma chronique à contre courant). Je n'évoquerai pas par décence le nombre d'écoutes qu'il m' a fallu pour appréhender Songs Of A Lost World sous un autre jour. Pour ce qui est de la réception critique, je suis intimement persuadé qu'il faut effectuer le distinguo entre certains médias paresseux et le fan lambda qui a du recul (ce n'est pas antinomique).

Les médias désirent à tout prix un nouveau Disintegration car ils considèrent que cet album est le meilleur des Anglais (mais pourquoi d'ailleurs?...). Les longues introductions, l'utilisation du dictionnaire du parfait dépressif par Smith les confortent assurément en ce sens. Cette paresse partielle se matérialise comme tu le soulignes avec IEN sur cette possible filiation avec le Blackstar de Bowie. Mais quelle idée ? Smith grand fan du Londonien n'en a jamais fait état et s'il s'agit du dernier album de Smith, la conception en est totalement différente. Puis comment objectivement effectuer un départ aussi bouleversant que celui de Bowie ? (je sens BLUEMASK qui fulmine quelque peu 🙂 ) . Pour le fan, cet album est assurément autre chose. J'y vois comme un véritable fil d'Ariane émotionnel qui le relie de la découverte du groupe à maintenant. Smith vieillit, nous aussi. Comme je le précise dans ma chronique, il n'y a rien de fondamentalement révolutionnaire dans cet album car on y entend du «Plainsong», «Wendy Time», «39», mais pas que car chacun peut retrouver en Smith, dans sa voix, ses mots un peu de lui, de sa vie tout simplement. Tout est par essence subjectif mais je crois que Songs Of A Lost World plus que de ronronner ou de réactualiser la nostalgie (ce qui est quand même le cas partiellement) prouve simplement que le temps n'a aucune prise sur les émotions.

le 09 Novembre 2024 par IEN

Il est encore tôt pour donner un avis définitif, mais après quelques écoutes j'ai un peu l'impression d'écouter des démos.

Le chant est excellent, les guitares aussi mais la batterie est robotique, on est très loin des batteries de "Burn", "one hundred years" ou "closedown".

Pour l'instant aucun titre n'a vraiment retenu mon attention.

Je suis surpris de voir que cet album est comparé à "Blackstar"; aucune comparaison possible entre le dernier Bowie et ce Cure qui ronronne quand même beaucoup.

le 08 Novembre 2024 par PSYCHODIVER


Je vais me faire allumer par RICHARD, j'en suis certain, mais honnêtement : en quoi ce retour est-il extraordinaire ?

Je ne doute pas de la sincérité de Robert. Il a toujours été franc du collier. Ses ambitions sont motivées par sa vision d'un monde (le nôtre) qui refuse de s'améliorer et des deuils successifs. Ses intentions sont nobles. Personne ne peut contester cela. Mais tout ça pour ça ?

Lorsque les textes sont bons, la musique est prévisible (du "Faith" mélangé à du "Wish") ou sans substance. La production est une véritable plaie. Jouant les durs tout en déployant une fadeur et une superficialité, de celle qui accable la majorité des disques metal actuels et dans une moindre mesure (de façon moins handicapante, on va dire) une partie des vétérans de l'afterpunk (KILLING JOKE, WIRE, Gary NUMAN depuis sa conversion à l'indus). Seuls PIL, qui n'a jamais rien fait comme les autres et THE CHURCH, toujours un pied dans les 60's / 70's, ont su éviter cette surenchère. En 2024, THE CURE épouse complètement cette fausse reverb (c'est la brume qui dissimule le mur en béton) et qui ne lui correspond pas. Et puis c'est une batterie ou une boîte à rythmes que l'on entend ? Cela permettra au moins de réhabiliter le toujours mésestimé Lol Tolhurst et son motorik baudelairien, minimaliste mais organique et, disons-le, immortel. Ici, pas une once d'âme ne semble animer la musique. C'est un fait, "Songs Of A Lost World" souffre des mêmes défauts de conception qui plombaient en son temps le surfait "Disintegration".

J'avais été ému, presque enterré par les versions live des nouveaux morceaux découverts courant 2022 / 2023. Notamment par "Endsong". Terrible et majestueuse hors du studio. Là on peut parler effectivement du grand CURE. D'autant que Robert a su préserver sa voix. Hélas, sur ce dernier volet, la prod a considérablement diminué la composition. Sans parler de ces minis breaks / silences intrusifs et inutiles qui compromettent la progression d'une chanson pourtant exceptionnelle sur scène.

Une déception que cet album qui suscite néanmoins un emballement médiatique considérable (fallait s'y attendre, on ne rompt pas avec seize années d'absence sans faire du bruit) autant que trop dithyrambique. Et alors les comparaisons avec "Blackstar" du Thin White Duke... C'est plus le transparent "Memento Mori" d'un MODE décapité qui me vient à l'esprit lorsqu'on cherche un équivalent à ce bien triste "Songs Of A Lost World".

le 08 Novembre 2024 par REPLICANT

Pas encore fait complètement le tour de l'album mais j'ai vraiment beaucoup de mal avec les parties claviers et batterie qui sonnent vraiment basiques et amateurs. Attention, je suis un fan de la première heure et j'avais été envouté par le minimalisme assumé des premiers albums. Mais là, ce que j'entends, c'est juste abusé. Le chant par contre est au top.













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