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Prince
Sign O' The Times
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le 01 Août 2021 par AXEL LABRIQUE


Depuis que Prince a connu le succès planétaire avec "Purple Rain", mon sentiment est qu'il remplit moins ses albums avec des titres bien funk taillés pour doper les ventes et pour faire des singles comme on les aime. Il cherche beaucoup plus à surprendre, à expérimenter, à orienter ses fans, avec le risque de flanquer des trucs de très mauvais goût dont seules les premières prises sont retenues par principe, un peu comme pour faire évoluer les mentalités et ouvrir aux différences.

Je suis ainsi certain que c'était dans le cadre d'une démarche artistique contrastée totalement délibérée que Prince nous a balancé un "Tamborine" entre "Raspberry Beret" et "America", ou un "Do U Lie?" entre "Mountains" et "Kiss", quitte à renvoyer des "Love or Money" aux faces B, des "Nothing Compares 2 U" à d'autres ou des "All Your Dreams" tout droit dans son Vault à la même époque.

Et donc, un double-album après deux albums expérimentaux comme "Around the World" et "Parade", ça donnera quoi? Une confirmation, mais en pire puisqu'il n'y a plus The Revolution comme garde-fou.

Le funky "La la la, he he heee" et sa caisse claire sonnant comme un chien qui aboie, avec tous ses développements délirants mais jouissifs, c'est direction face B. Par contre, on a droit à un "U Got the Look" avec son gimmick à la boîte à rythmes et son escalade de remplissage.
Que devient un titre jazzy comme "Crystall Ball"? Direction The vault, on garde pour plus tard au cas où on aurait moins de succès un jour. A la place, on a droit à "Ballad of Dorothy Parker" et son chant particulièrement approximatif.

Heureusement qu'en concerts certains morceaux n'ont plus rien de minimaliste, mais sont complètement déployés et interprétés avec de vrais instruments (en particulier, la batterie de Shiela E à la place d'une Lynn Drum)! Maintenant que la version super deluxe est disponible, tout le monde peut comparer les versions studios de "Play In the Sunshine", "Forever In My Life", "Place of Your Man", "Strange Relationship" ou "The Cross" avec leur version live, la différence est saisissante ! Tellement saisissante que ça force à prendre du recul. Finalement, on se dit que les versions studio semblent délibérément rabaissées comparées à leur potentiel en live !

Et si c'était ce que Prince voulait, pour changer une fois de plus les règles? Ce ne serait plus la tournée qui ferait la promotion d'un album, mais l'album qui offrirait un aperçu de ce qu'il y aurait durant les concerts, à la façon d'un "Teasing", et donc c'est l'album qui ferait la promotion de la tournée?

Sinon, au rayon des déchets purs et simples, on a "It" (la chose), "Starfish and Coffee" et "Slow Love" qui se suivent.
Il y a aussi "Adore" pour conclure l'album de la pire des manières. La voix de falsetto ridicule de Prince répond à une trompette qui ne semble pas faire partie du décor. C'est du texte qu'on bourre dans une musique comme on peut, et on soude le tout avec du colorant qui colle.

Et donc que reste-t-il? Quelques morceaux seulement. En particulier, le titre "Sign o' the Times" où Prince est encore plus minimaliste que pour "Kiss" ou "When Doves Cry", et c'est juste génialement réussi. "Housequake" ferait aimer le rap à quelqu'un qui déteste le genre. Et bien entendu le monument funk qu'est "It's Gonna Be a Beautiful Night" avec son ambiance live qui rappelle "Baby i'm a Star" mais avec des développements plus modernes et bien plus complexes.

L'album est donc à ce moment le plus inégal de toute la discographie et il n'a rien de cohérent du tout. On y trouve le meilleur et le pire, avec une bonne dose de morceaux qui semblent enregistrés à la va-vite, sans être vraiment terminés, mais sans donner l'impression d'être là pour le remplissage non plus.

Et pourtant, le miracle est là. L'album laisse un arrière-goût unique et on le remet quand il est fini. Il crée une dépendance qu'on n'explique pas. Et on y retourne, encore et encore. On cesse de contester ce qu'on entend, on se met à réimaginer ce qu'on pourrait entendre.
Après, le temps passe.
Beaucoup plus tard (par exemple à l'occasion de la mise en vente d'une version super deluxe à peine opportuniste de la part de Warner), on en redécouvre le minimalisme apparent, et les passages plus rebutants de l'album. On s'aperçoit ce jour- là que notre imagination a complété ce qu'on réécoute. On comprend alors que Prince n'a pas voulu tout enregistrer sur ses morceaux, mais que ce qu'il n'a pas enregistré, il voulait qu'on le complète nous-mêmes.

J'ai grandi avec Prince, et Prince m'a fait grandir. Il m'a soufflé un jour, au début d'un album : "Open your heart, open your mind", et ça s'est réalisé. Avec Prince, j'ai d'abord dû écouter ce que j'entendais, et ce fut parfois difficile. Puis, avec le temps, j'ai commencé à entendre ce qui se passe sous le silence de la première écoute, mais ce développement s'est réalisé tout seul.

Ainsi, probablement que le meilleur hommage que je puisse rendre à Prince, c'est de mettre 3 étoiles à cet album parce que je suis aujourd'hui convaincu que c'est ce qu'il voulait. S'il le pouvait, il dirait à ceux qui mettent 5 étoiles à cet album qu'il faut les partager avec son public qui a adopté un album aussi difficile, qui l'a intégré et qui l'a aimé jusqu'à son dernier défaut.

le 06 Octobre 2020 par LEO


Si j'ai beaucoup écouté Sign 'O' The Times à sa sortie, j'avoue que je ne l'ai pas ressorti souvent depuis le début des années 90.
À vrai dire, ce neuvième album en studio de PRINCE est pour moi assez difficile à avaler d'une traite tant il est chargé à ras bord comme une boite de Quality Street. pour tout dire, je trouve ce double album assez indigeste avec son patchwork de styles divers où electro synth-pop et pop-rock côtoient funk, rap ainsi que des samples et autres bidouillages sonores pas toujours très à propos.
Le morceau-titre "Sign 'O' The Times" est pourtant excellent et passe très bien l'épreuve du temps avec son arrangement plutôt spartiate mais judicieux, dans la lignée d'un "When Doves Cry" ou "Kiss" mais ici il y a bien une partie de basse contrairement à ses deux prédécesseurs, sauf que cette basse est faite au synthé et pas à la quatre-cordes !
"Play In The Sunshine" est une compo pop-rock légère et enlevée. loin d'être une de mes préférées mais elle s'écoute sans déplaisir.
En revanche "Housequake" titre mi-rap, mi-James Brown me gonfle. la voix de PRINCE a été accélérée au vari-speed et on a l'impression qu'il a respiré de l'hélium par moments tant l'effet est bizarre et pour tout dire, ridicule ! le pire c'est que ce n'est pas le seul morceau où figure cette voix transformée. le bougre a récidivé sur "U Got The Look", "Strange Relationship" et "If I Was Your Girlfriend" (ainsi que sur certaines faces B de singles comme "Shockadelica" ou "Feel U Up"). ce sont dans ces moments pour le moins incongrus que PRINCE s'est auto-crédité du nom de Camille au chant principal !!! (no comment).
"The Ballad Of Dorothy Parker" (qui n'est pas une ballade !) est très particulière dans son rendu mais je l'aime bien. j'ai toujours trouvé que cette compo avait un p'tit air de Stevie Wonder.
"It" est un truc minimaliste synthétique et robotique sans grand intérêt par contre le poppy et léger "Starfish And Coffee" me plaît, malgré l'intrusion d'une piste de boite à rythmes inversée avec gate-reverb inopportune.
“Slow love” est ...un slow ! garni de cuivres et de violons en arrière-plan. une sucrerie qui n'est pas vraiment à mon goût.
"Hot Thing" est une nouvelle tentative electro-funk minimaliste avec une touche de saxophone par moments. un peu répétitif sur les bords mais pas désagréable une fois de temps à autre.
L'arrangement et l'instrumentation du très minimaliste "Forever in My Life" est réduit à sa plus simple expression. quelques pistes vocales assurées par PRINCE par dessus une boite à rythmes imperturbable et une seule note de basse synthétique tout du long alors que dans ses dernières secondes avant le shunt final, arrive une guitare acoustique ! mmouais... sans doute original mais très barbant pour ma part !
Le second disque s'ouvre sur la pop robotique de "U Got The Look" en duo avec Sheena Easton, et PRINCE ou plutôt 'Camille' y a repris sa voix gonflée à l'hélium ! pas mon truc. ce machin pue le pire des années 80 à plein nez. je zappe direct.
'Camille' refait une apparition sur "If I Was Your Girlfriend" qui rythmiquement est très proche de "Forever In My Life" mais en plus intéressant au niveau de l'instrumentation. en revanche cette 'Camille' est du plus haut ridicule ! la compo aurait pu être pas mal si PRINCE avait pris sa voix habituelle ou en falsetto, hélas cette voix passée au vari-speed est insupportable et gâche tout le reste. je re-zappe !
PRINCE a de nouveau repris ce procédé saugrenu sur le sympa et poppy "Strange Relationship" qui est sauvé grâce à une voix plus naturelle doublée au premier-plan ce qui évite l'erreur précédente.
"I Could Never Take The Place Of Your Man" est un pop-rock bien plus classique avec toujours cette grosse touche 80's que l'on pouvait trouver sur l'album Purple Rain ou Around The World In The Day. sympa mais sans plus pour ma part, d'autant que ce titre à tendance à traîner en longueur avec ses plus de six minutes.
"The Cross" m'ennuie carrément avec sa construction cyclique minimaliste. je n'ai jamais accroché à ce morceau simpliste. ni à l'époque ni aujourd'hui.
Le répétitif "It's Gonna Be A Beautiful Night" fut capté pour moitié en live au Zénith de Paris en Août 1986 (lors du Parade tour) et retouché en studio à la fin de la même année avec l'ajout de quelques instruments et d'un pont rappé fait par Sheila E. au téléphone ! je ne nie pas que cette jam funky un peu informe était sans doute sympathique lors de ce concert Parisien (auquel j'ai pu assister) mais retranscrite sur vinyle je la trouve peu passionnante avec ses neufs minutes au compteur !
"Adore" est une ballade soul assez conventionnelle avec saxophone et trompette. j'aime bien les parties vocales de PRINCE mais sinon c'est plutôt gentillet et cela n'a rien de particulier.
Le truc qui m'interpelle avec ce double album c'est que si l'on prend tous ces titres un par un et qu'on les sort de leur contexte, ils n'ont vraiment rien d'extraordinaire en soi. c'est leur juxtaposition qui fait leur particularité et qui fait que l'un se distingue de son voisin. c'est pourquoi il faut écouter ce double album en son entier mais c'est cela qui fait aussi que je n'arrive pas souvent à la fin de celui-ci pour cause de trop plein sur la durée ou de trop peu concernant les titres que j'aime.
Pour moi Sign 'O' The Times est tout sauf un album incontournable tant je lui trouve bien plus de faiblesses que de moments forts et je pense qu'un triple album envisagé comme à l'origine, n'aurait fait que renforcer ses nombreuses failles. un simple album aurait été largement suffisant pour n'en extraire que sa substantifique moelle.
Ma note ne sera que de 3/5.

le 08 Septembre 2017 par NONO


Je ne connais ici que "U got the look" : excellentissime !
Et c'est rigolo car certaines parties de ce titre me font penser au style "Afterburner" de ZZ TOP ("Woken up with love" ou "Planet of women"), les guitares en moins : je parle surtout des arrangements de synthé. Une sorte de ZZ Top "popisé".













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