Recherche avancée       Liste groupes



      
NEW-WAVE  |  STUDIO

L' auteur
Acheter Cet Album
 

 

- Membre : Leningrad, Leonid Fiodorov

AUKTYON - V Bagdade Vsio Spokoïno (1989)
Par SASKATCHEWAN le 9 Avril 2017          Consultée 167 fois

V Bagdade vsio spokoïno, « Tout est calme à Bagdad », voilà un titre, qui en 1987, n’allait pas tarder à prendre une connotation ironique. Bien avant les bombes, quand les Russes d’AUKTYON choisissent de nommer leur deuxième programme en l’honneur de la ville ronde, ils pensent avant tout au film soviétique de 1966 « Aladdin et la lampe magique », où l’un des personnages délivre la célèbre citation. Comme de nombreux littérateurs avant eux, les paroliers Ozerski et Gargoucha, aidés par l’artiste Kirill Miller, ont transposé leur folie dans un orient de pacotille, synonyme de liberté créatrice.

Leur précédent programme, Vernis v Sorrento, avait connu un large succès au quatrième festival du Rock Club de Leningrad en 1986. L’ambition de Fiodorov et sa bande était d’entretenir l’engouement des fans de rock avec un album plus expérimental, plus théâtral, qui exploiterait à fond leurs possibilités scéniques et la voix de Rogojine. Malheureusement, rien ne se passa comme prévu. Le public accueillit tièdement les circonvolutions arabisantes du nouveau AUKTYON, et Rogojine se fit la malle juste après la cinquième édition du festival du Rock Club, à la fin du printemps 1987. Il alla rejoindre FORUM, une formation au style plus pop, quasiment oubliée aujourd’hui. V Bagdade vsio spokoïno fut bien vite remisé au placard, et il ne reste guère que le disque bonus de la réédition de 2015 pour laisser entendre ce programme avec Rogojine au chant.

Deux ans plus tard, alors qu’AUKTYON a déjà édité son troisième album sur le marché français, la joyeuse troupe exhume les bandes de V Bagdade vsio spokoïno pour donner un enregistrement à leur programme mort-né. De nouveaux musiciens ont fait leur apparition depuis Vernis v Sorrento : Dimitri Matkovski à la guitare et Boris Chaveïnikov à la batterie. D’autres ont quitté le navire : Nikolaï Roubanov reste le seul saxophoniste à bord après le départ de Nikolaï Fiodorovitch, tandis que l’ancien batteur Igor Tcheridnik part rejoindre IGRY. Tout cela a une forte influence sur le son « Auktyon », qui perd son entrain ska pour une teinte plus rock.

Dans ce contexte, rien d’étonnant à ce que la version définitive de V Bagdade vsio spokoïno soit emmenée par la guitare de Matkovski et la basse de Bondarik. Les rythmes sont beaucoup plus agressifs que sur l’album précédent, il suffit d’écouter l’intro de « Vodianaïa Distsiplina » pour s’en rendre compte. En réalité, c’est toute la palette sonore d’AUKTYON qui s’est enrichie, au point de faire parfois penser à l’électro exubérante de formations comme le YELLOW MAGIC ORCHESTRA (« Karlik Nos »).

Si l’album est un véritable voyage qu’il convient d’effectuer sans escamoter la moindre piste, on peut relever quand même quelques oasis qui valent absolument le détour. Il y a bien sûr « Banzaï », un rock endiablé où le Japon éclipse l’Arabie merveilleuse, un mélange des genres et des géographies qui résume bien l’orientalisme délirant qui a saisi Ozerski et Fiodorov au moment d’écrire les chansons. On écoutera aussi avec intérêt « Odinoki Moujtchina », l’une des rares incursions du danseur Vessiolkine dans le travail studio de ses compères. Mais le véritable sommet de ce second opus est sa conclusion, « Toska », où une guitare sèche jusque-là inaudible esquisse une mélodie irrésistible, appuyée par un saxophone enchanteur.

Le conte oriental d’AUKTYON avait tout pour déstabiliser les fans de la première heure. Moins « tubesque » que Vernis v Sorrento, V Bagdade vsio spokoïno se savoure sur la longueur et finit même par apparaître plus abouti que son prédécesseur. Dans le tourbillon de la fin des années 80 en URSS, AUKTYON étonne par sa maturité et son originalité, comme si Fiodorov connaissait déjà la recette du succès, en toute sérénité. Tout est calme à Leningrad.

A lire aussi en NEW-WAVE :


KING CRIMSON
Absent Lovers : Live In Montreal (1998)
La dernière du roi, millésime '84




DEPECHE MODE
Black Celebration (1986)
Célébration noire, que ce titre est bien trouvé

(+ 4 kros-express)

Marquez et partagez





 
   SASKATCHEWAN

 
  N/A



- Leonid Fiodorov (chant, guitare)
- Oleg Garkoucha (chant)
- Vladimir Vessiolkine (chant)
- Mikhaïl Rappoport (chant)
- Tatiana Roubanova (chant)
- Viktor Bondarik (basse)
- Dimitri Ozerski (claviers, chant)
- Dimitri Matkovski (guitare, sitar)
- Nikolaï Roubanov (saxophone, duduk)
- Pavel Litvinov (percussions, guimbarde)
- Igor Skaldine (guitare)
- Boris Chaveïnikov (batterie)


1. Pout V Djinistan
2. Banzaï
3. Vodianaïa Distsiplina
4. Odinoki Moujtchina
5. Jertvoprinochenie
6. Karlik Nos
7. Koldoun
8. Toska



             



1999 - 2017 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod