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SYNTHPOP à LA ULVER  |  STUDIO

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ULVER - The Assassination Of Julius Caesar (2017)
Par SEIJITSU le 6 Novembre 2017          Consultée 914 fois

Voilà déjà deux décennies qu’ULVER mène une fascinante carrière. Venant des froides contrées du black metal Norvégien, cette entité aura toujours su jouer de sa différence même lors de ses débuts métalliques. Une entité à part dont la polymorphie leur a permis de manier la douceur du folk (Kveldssanger), le metal noir le plus haineux (le corrosif Nattens madrigal), une musique électronique atmosphérique voire avant-gardiste (Perdition City et Blood Inside) ainsi que l’ambient (Shadows of the Sun).

Seulement, je dois avouer que j’ai arrêté de les suivre en 2011 à la sortie de Wars of the Roses. Une œuvre qui ne parvenait pas à faire une synthèse convaincante de leur démarche et n’assumant pas son aspect le plus pop afin de pénétrer en force dans le mainstream.

En même temps, cette formation est-elle capable de défoncer la porte des charts et en a-t-elle envie ? C’est bien ce genre de pensée qui nous surgit à l’esprit lorsqu’on écoute cet assassinat en règle. Le nom de Jules César n’est probablement pas choisi de manière anodine par la troupe de Kristoffer Rygg (Garm pour les intimes). Parce que cet album ne signe pas seulement leur grand retour, mais également le meurtre de l’empereur de la synthpop : DEPECHE MODE.

La comparaison entre leur dernier né, Spirit, et celui des Norvégiens est sans appel : Martin Gore et ses potes sont bons pour l’hospice. ULVER rend leurs trois dernières livraisons nulles et non avenues. Un accomplissement qui serait inespéré de la part d’un autre groupe. Puisque les bandes metal ayant réussi une reconversion pop comme PARADISE LOST (qui partage cette attirance similaire pour les gars de Basildon) sont très rares. Une réussite qui n’est pas une surprise venant d’ULVER. En bon caméléon, ils savent s’immiscer dans des styles très différents pour les comprendre et leur faire prendre de la hauteur dans le meilleur des cas.

Cela dit, en plein revival années 1980, ce disque est un peu opportuniste. Surtout que saisir l’esprit de cette décennie si particulière (une certaine classe et de l’émotion derrière la froideur des sons) n’est pas donné à tout le monde. Pourtant, le groupe réussit son pari. Ses affinités avec l’électronique (n’oublions pas qu’ils connaissent THE FUTURE SOUND OF LONDON et COIL sur le bout des doigts) lui donnant déjà des clés pour comprendre les rouages de la bonne électropop. Toutefois, ce qui est plus surprenant, c’est d’entendre à quel point ils sont compétents lorsqu’il s’agit de sculpter du songwriting raffiné et accrocheur.

Pour le raffinement, il est vrai que ce n’est pas forcément évident sur les deux premières pistes. « Nemoralia » peine à passionner avec son manque de subtilité en dépit d’une mélodie bien plus immédiate que tout ce qu’on pouvait ouïr sur Wars of the Roses. « Rolling Stone » s’avère plus consistante même si presque tout le sel du morceau est concentré dans son puissant final.
Heureusement, à partir de « So Falls the World », c’est un sans-faute. Garm confirmant ses talents de chanteur par la même occasion. Son interprétation est à vous coller des frissons, surtout quand il manie sa voix ample sur des orchestrations électroniques envoûtantes. Après ces préliminaires, on atteint l’orgasme sur ce titre avec une coda trance démontrant que ses collègues sont aussi à même de nous faire danser sur un dancefloor. Hé oui, les natifs d’Oslo sont doués dans tous les domaines ! Tout comme manier le kitsch 80s avec distinction (« Southern Gothic »), d’utiliser un chant féminin sans être sirupeux (« 1969 ») ou d’accoucher d’une chanson qui serait considérée comme un énorme tube dans un monde parfait (« Transverberation » dont le refrain évoque le sublime « Save A Prayer » de DURAN DURAN).

Si ULVER a indéniablement réussi son disque pop, il ne laisse pas tomber son amour pour l’expérimental avec l’étonnant « Coming Home ». Une pièce mi-ambient, mi-indus accompagnée d’un saxophone à la limite du free jazz rappelant leur référentiel Perdition City. Est-ce qu’elle dénote tant que ça par rapport à ce qui la précède ? Pas vraiment. Car son rythme trip hop (et même techno dans ses derniers instants) forme l’ossature des autres morceaux de cette remarquable sortie. Puisque, bien entendu, s’il ne s’agissait que d’un simple skeud de synthpop bien fichu, mon enthousiasme ne serait pas autant communicatif.

En attendant que le grand public décide de ne plus ignorer cette excellente pop faite par des anciens metalleux, on l’écoutera en boucle afin de patienter jusqu’à leur prochain album. En espérant y découvrir du reggae à la ULVER.

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   SEIJITSU

 
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- Kristoffer Rygg (chant, programmations électroniques)
- Tore Ylvisaker (claviers, programmations électroniques)
- Ole Alexander Halstensgård (bidouilles électroniques)
- Jørn H. Sværen (divers trucs)
- Håvard Jørgensen (invité, guitare sur piste 7)
- Anders Møller (invité, percussion)
- Rikke Normann (invité, chant sur piste 2)
- Daniel O'sullivan (invité, guitare sur pistes 4 & 6)
- Dag Stiberg (invité, saxophone sur piste 8)
- Sisi Sumbundu (invité, chant sur pistes 2 & 7)
- Ivar Thormodsæter (invité, batterie)
- Nik Turner (invité, saxophone sur piste 2)
- Stian Westerhus (invité, guitare sur pistes 1 & 2)


1. Nemoralia
2. Rolling Stone
3. So Falls The World
4. Southern Gothic
5. Angelus Novus
6. Transverberation
7. 1969
8. Coming Home



             



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