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TANGERINE DREAM - Rubycon (1975)
Par ARP2600 le 26 Août 2011          Consultée 3820 fois

Après l'étrange transition de 1974, opérée avec entre autres l'album Phaedra, Tangerine Dream revient à quelque chose de plus propre sur le paisible Rubycon. Après Zeit et Atem, il s'agit de la troisième et dernière œuvre travaillée et ambitieuse du groupe. Ça ne veut en aucun cas dire que ce qui vient après est inintéressant, mais tout aura une vocation plus accessible, plus directe, voire plus commerciale alors qu'on a dans les albums les plus hermétiques un travail plus intemporel dont des compositeurs de musique contemporaine n'auraient pas à rougir. Et aussi curieux que cela puisse paraître, cet album est celui qui s'est le mieux classé dans les charts, du moins au Royaume-Uni, pays de leur éditeur de cette époque.

L'utilisation du séquenceur et une approche plus mélodique rendent cependant Rubycon plus accessible que les albums de la « période rose ». En ce qui concerne les instruments, il y a de plus en plus de synthétiseurs bien sûr, mais il n'y a toujours pas que ça. Une grande partie des mélodies est assurée par Edgar Froese avec un mellotron. Pour rappel, le fameux mellotron n'est pas un synthé mais plutôt un ancêtre de l’échantillonneur. Chaque touche de l'instrument est associée à une bande magnétique où est enregistré l'échantillon, qui dure 7s et est répété indéfiniment. Le son le plus connu est un effet de chœur, beaucoup utilisé en rock progressif et aussi dans le krautrock, justement. Par contre, le son peut être passé à travers un synthé pour lui faire subir un filtre ou un LFO par exemple. Je pense que c'est le cas ici, Froese étant également crédité d'un VCS3, synthé modulaire compact et puissant, idéal aussi pour les bruitages. Les parties séquencées sont assurées par Chris Franke et son Moog. Enfin, on trouve des instruments acoustiques comme de la guitare mais aussi du gong et du piano préparé.

La première partie m'a toujours paru la plus réussie. Elle peut elle-même être coupée en deux, entre les sept premières minutes très lyriques et les dix suivantes séquencées. Un peu l'inverse du morceau « Phaedra » en somme. Mais ceci est beaucoup plus fin... Passé un début mystérieux, on a droit à une véritable musique à programme. Il ne faut pas beaucoup se forcer pour voir une rivière, avec des oiseaux et un peu de vent qui souffle. Pour mémoire, le Rubicon est cette rivière italienne que Jules César a franchie avec son armée, en disant paraît-il « les dés en sont jetés ». Je suppose que l'album est un peu basé là-dessus, mais le y dans le titre m'a toujours laissé un doute, surtout que cette lettre se prononce u en allemand. En tout cas, ce début est fort aquatique, et la partie séquencée pourrait bien représenter une armée en mouvement, pourquoi pas. Quoique ce n'est pas très martial. Après une petite transition avec une première utilisation du gong, le moog de Franke commence à égrener ses notes graves de façon hypnotique, et on entend bientôt cette mélodie onirique où je me dis qu'un mellotron n'a jamais été aussi bien exploité. Quand le tempo du séquençage double, ça devient nettement plus tendu, surtout avec les notes de piano préparé qui commencent à retentir. Après un retour à quelque chose de plus lent, le morceau se termine dans un magma arythmique où ne subsiste presque que le piano.

La deuxième partie est plus sèche et d'un abord plus délicat. Après un peu de gong puis des genres de sirènes un peu stressantes et des chœurs à la Ligeti, un séquençage rapide commence. A vrai dire, on a là une démonstration intéressante de l'utilisation qu'on pouvait faire du séquenceur à cette époque. Par exemple, le bouton qui change le nombre de notes du cycle : on commence par 1 note puis ça augmente petit à petit jusqu'à 8. Un effet facile mais efficace. Enfin facile... modifier à la volée des hauteurs de son comme on le fait là n'est vraiment pas évident. Et dire qu'ils le faisaient même en live, comme en atteste leur album suivant, Ricochet... Bref, ce passage séquencé est minimaliste, et comme il est plus propre que dans «Phaedra», je trouve qu'il est paradoxalement plus difficile. La fin est étrange avec des harmonies inquiétantes et ce son de flûte électronique très typique du groupe. On y retrouve des bruitages aquatiques qui confirment le thème de l'album.

Rubycon est donc une réussite artistique complète, une œuvre travaillée aussi bien qu'une démonstration de l'utilisation des instruments. Il s'agit ainsi d'un des travaux les plus importants des débuts de la musique électronique, que tout amateur de disques plus récents de ce genre devrait découvrir. Je ne voudrais pas finir sans évoquer le deuxième album solo d'Edgar Froese, Epsilon in Malaysian Pale, publié également en 1975 et qui présente un style de musique très proche, mais j'en parlerai plus longuement dans une chronique dédiée.

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   (2 chroniques)



- Edgar Froese (mellotron, synthés arp et vcs 3, orgue, guitare, g)
- Christopher Franke (moog, synthétiseurs arp, orgue elka, piano, gong)
- Peter Baumann (piano électrique, piano, orgue, synthétiseurs arp)


1. Rubycon
2. Rubycon (part. 2)



             



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