Recherche avancée       Liste groupes



      
INDIE ROCK  |  STUDIO

Commentaires (2)
L' auteur
Acheter Cet Album
 


BRAND NEW - Science Fiction (2017)
Par KID66 le 15 Décembre 2017          Consultée 459 fois

Après huit longues années d'attente, les américains de BRAND NEW nous reviennent avec un cinquième opus, qui d'après leurs dires sera leur ultime. Le groupe – estimant avoir dit tout ce qu'ils pouvaient dire – a en effet prévu de splitter après une dernière tournée qui permettra de promouvoir ce Science Fiction. Une démarche somme toute honorable que peu de formations adoptent, sans parler de celles qui font des come-back dix ans après. Et effectivement à l'écoute de ce nouveau disque, il apparaît que BRAND NEW est en fin de cycle. Non pas que l'inspiration se soit envolée – bien au contraire – mais il plane sur Science Fiction une nette odeur crépusculaire.

Le bal s'ouvre sur un « Lit Me Up » glacial et emprunt d'un certain mystère. Une ouverture assez déroutante pour un combo toujours prêt à envoyer la sauce sur la première bouchée. Le spoken word d'introduction, les claviers froids, l'écho sur le chant : tous les éléments sont mis en jeu pour nous esseuler et à assombrir grandement la pièce. Le ton est donné.

BRAND NEW avait déjà nettement affiné son songwritting sur The Devil And God Are Raging Inside Me. Des mélodies mieux ciselées et une nouvelle exigence de composition avaient permis aux New Yorkais de faire exploser leur énorme potentiel émotionnel. Science Fiction monte encore d'un cran dans la subtilité. La rage, le désespoir et l'incompréhension forment toujours l'essence des chansons mais les temps émo sont désormais bien loin et les touches post-hardcore de Daisy se sont envolées. Il ne reste que la maturité, la retenue et la maîtrise acquises lors du passage à « l'âge adulte », sur un disque à l’atmosphère assez feutrée (les transitions entre les morceaux contribuent d'ailleurs à cette ambiance).

Vous l'aurez compris Science Fiction est l'album d'un groupe qui s'est relativement assagi. Les titres calmes sont même quasiment majoritaires, et si cela étonne à la première écoute, l'évidence apparaîtra vite : BRAND NEW avait bien plus de choses à dire dans ce domaine et y a mis tout son cœur. Mêlant espoir et regrets, « Waste » est très émouvante ; « Could Never Be Heaven » est une sorte d'hybride entre Nick DRAKE et RADIOHEAD. « Desert » avec sa touche bluesy est assez originale. Avec « In The Water », le groupe a écrit son « Nothing Else Matters » personnel. C'est superbe.

Les tubes sont bien sûr toujours présents : « Can't Get It Out », « Out Of Mana » et « No Control », très efficaces, ne sont en rien juvéniles et s'intègrent très bien dans ce disque mûr et intimiste. Le déferlement rock est plutôt à chercher du côté d'un « 451 » extrêmement jouissif et rassurant quant à la capacité du combo à faire exploser les amplis.

Ces deux facettes mélangées donnent les véritables petits chefs d'oeuvre que sont « Same Logic / Teeth » et « 137 ». Le premier est tout à fait sinueux voire schizophrène, faisant s’enchaîner séquences doucereuses, passages hurlés (les seuls du disque) avec une ascension finale dans la rage s'ouvrant brusquement sur un break poppisant inattendu mais du plus bel effet. Le second nous plonge dans une douce torpeur... pour mieux nous surprendre avec son final de folie furieuse (façon « Limousine » en plus brusque).

C'est non sans une pointe d'amertume qu'on se rend compte que la belle « Batter Up » est à la fois l'épilogue de cet opus et de la carrière de BRAND NEW. Un groupe à part, qui en cinq disques est passé du pop punk à de l'indie rock ultra chiadé aux arrangements très fins, en passant par du post-hardcore viscéral. Science Fiction a beaucoup été décrit comme la synthèse de toute la carrière des New Yorkais, et je n'adhère pas tellement à cette analyse : il est pour moi le petit frère sage de The Devil And God Are Raging Inside Me, tant il s'en rapproche au niveau du songwritting/style. Au diamant brut a succédé une nouvelle perle. Un bien beau testament.

A lire aussi en ROCK par KID66 :


The RASMUS
Hide From The Sun (2005)
Aussi bon que le précédent ? Meilleur




LOSTPROPHETS
Liberation Transmission (2006)
Une galette rock intense et fraiche, coup de coeur

(+ 1 kro-express)

Marquez et partagez





 
   KID66

 
  N/A



- Jesse Lacey (chant, guitare)
- Garrett Tierney (basse)
- Brian Lane (batterie)
- Vincent Acardi (guitare, piano)


1. Lit Me Up
2. Can't Get It Out
3. Waste
4. Could Never Be Heaven
5. Same Logic / Teeth
6. 137
7. Out Of Mana
8. In The Water
9. Desert
10. No Control
11. 451
12. Batter Up



             



1999 - 2018 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod