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2017 1 直線移...

BOUCLE INFINIE - 直線移動 (2017)
Par RYUK le 1er Janvier 2018          Consultée 2030 fois

En programmation informatique, une boucle infinie désigne une boucle dont la condition de sortie n'a pas été définie. Cette boucle tourne indéfiniment et pour quitter cette dernière, il faut soit fermer le programme, soit éteindre l'ordinateur pour arrêter le processus. En musique, BOUCLE INFINIE est le nouveau projet du talentueux Rémi Gallego.

Pour ceux qui ne connaissent pas Rémi Gallego, il est à l'origine de THE ALGORITHM, un groupe mêlant à la fois Djent et musique électronique (qu'il définit comme de la Heavy Computer Music). Il réalise également des musiques de jeux-vidéo, et de jolis montages validés par le grand Gérard Depardieu (OUI). L'informatique prend une place importante dans l'univers de Rémi, on le remarque dans THE ALGORITHM (les chansons "Trojans", "Autorun" ou encore "Loading" peuvent en témoigner). BOUCLE INFINIE semble se rapprocher de cet univers ("Boucle infinie" est d'ailleurs une chanson de The ALGORITHM).

Fin novembre 2017, BOUCLE INFINIE dévoile enfin les morceaux de son E.P, intitulé 直線移動 (Ou "Mouvements Linéaires" pour ceux qui ne maîtrisent pas le Kanji). Cinq titres pour une durée de 35 minutes environ. Une moyenne de sept minutes par morceau. Ca commence bien! On a ici un mélange intelligent de sonorités que j'affectionne à savoir le Post-Rock, l'électro (I.D.M ou Industrial Dance Music), Synthwave et quelques rythmiques Trip-Hop. Un tel mélange des genres c'est comme en cuisine, un excès de tel ou tel ingrédient et c'est la fin (ou la faim, au choix) des haricots. Ici, pas d'excès.

Premier constat, on a ici un album quasi-instrumental. La seule exception est le deuxième morceau ("Inside"), où on retrouve en featuring un certain Philippe Charny (Chanteur de l'excellent groupe de Djent KADINJA). Pas de chant hurlé ici, mais un chant posé qui rappelle Dave Grahan de DEPECHE MODE.

Le premier morceau met dans le bain, et un nom me vient à l'esprit au moment où les synthés sortent de l'ombre: John Carpenter. Certes il y a bien un côté Carpenter dans le morceau, mais ce qui est intéressant c'est que "直線移動 " passe facilement de la Synthwave et ses sonorités caractéristiques à des passages bien plus Post-Rockiens. Tout est bien équilibré, et cela se voit notamment au niveau de la batterie. Le morceau jongle entre une batterie artificielle et une aux sonorités bien plus naturelles. Même chose entre les synthés qui laissent de la place à la basse et la guitare à différents moments. Le passage entre 4"48 et 6"16 est un de mes préférés de l'E.P; un passage qui progresse avant de redescendre, annonçant une fin bouillonnante et qui mériterait de se retrouver dans un film. Cette façon intelligente de jongler tout au long de l'E.P entre les sonorités et les genres -pour au final ne faire qu'un- marche très bien.

A noter que deux morceaux sont plus expérimentaux; "System" et "Meaning". "System" sonne très Trip-Hop à la MASSIVE ATTACK, avec un pattern de batterie caractéristique et une basse bien présente. L'ajout de sons électroniques permet de rester dans le thème de l'E.P tout en se démarquant. Même constat avec "Meaning", dans un registre plus minimaliste saupoudré de notes de piano pour un rendu mélancolique. On retrouve également du piano dans le dernier morceau, "雨" ("Pluie"). L'instrument s'insère progressivement dans la musique, apportant encore une fois un effet mélancolique à la composition en se mêlant au reste. Pour information le piano est sur ce morceau joué par la brillante Judith Hoorens (Qui joue dans le groupe de Post-Rock WE STOOD LIKE KINGS). On comprendra la tournure que peut prendre la fin de l'E.P.

La boucle est bouclée.

L'écoute de l'E.P donne l'impression d'être soit dans un film, soit en train de jouer aux jeux-vidéos. Si vous m'avez suivi jusque là, la référence au 7eme art est (pour moi) évidente. D'ailleurs, le synthé y est pour quelque chose...Ce son qui fait penser à tel ou tel film qu'on a vu des dizaines de fois...Un Moog Model D (de 1974) pour l'intro de The Shining, un Yamaha CS 80 qui embellit Blade Runner (VANGELIS aux commandes), ou encore un Prophet 600 de Sequential Circuits (Clin d'oeil à mon fidèle camarade de scène Mickael G. pour ses infos en matière de synthés, qu'il a pu exploiter dans son projet Cold-Gaze ISAWAHUNGRYANGRYGHOST). Certaines sonorités me font penser à du 8-bits, ces sons qu'on a tous connus une fois, d'où la référence aux jeux-vidéos. Attention, je parle de Rétro-Gaming hein. Rien d'étonnant encore une fois, quand on sait que Rémi crée des musiques de jeux-vidéo. Du coup, certains passages auraient largement leur place sur une borne d'arcade.

Finalement, BOUCLE INFINIE nous livre ici un premier E.P magistral brassant intelligemment les genres. Il n'y a rien à jeter. Même la magnifique pochette (réalisée par Adrien Bousson), avec ses nuances de violet et de bleu invitent l'auditeur au voyage nostalgique et rêveur de l'artiste. Après, il est évident que les puristes de la Synthwave ou du Post-Rock n'apprécieront pas forcément l'intégralité de l'E.P.

Un conseil: ce genre de musique n'est pas à écouter entre deux conversations Internet. Non, ce genre de musique nécessite une totale attention de la personne qui découvre l'univers de BOUCLE INFINIE. Une seule critique, ce chef-d'oeuvre aurait mérité de tourner sur une platine, histoire d'être davantage dans l'ambiance rétro.

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   (2 chroniques)



- Rémi G. (programmation, guitare, basse synthés)


1. 直線移動
2. Inside
3. System
4. Meanings
5. 雨



             



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