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TÉRÉBENTHINE - Matière Noire (2017)
Par LONG JOHN SILVER le 12 Mars 2018          Consultée 1198 fois

Qui a dit qu’il ne se passait rien chez nous, en France ? Parce qu’en vrai, nos régions regorgent de talents. Et non, cette dernière assertion n’est pas posée ici pour promouvoir des produits dits « du terroir » dans les rayons de magasins de la grande distribution. Car en réalité, il y a peu de chance que l’article dont il est ici question soit disponible en grandes surfaces, tant celles-ci sont le plus souvent limitées aux pires artefacts destinés à la consommation de masse. Mais revenons à nos musiciens, lesquels sont tout sauf des moutons destinés à la tonte, et mettons – à nouveau – un coup de projo sur une formation issue de la région Auvergne-Rhône Alpes. Un endroit où le niveau n’a rien à envier à celui de l’Île de France, voire même le surpasse fréquemment. Gegers a eu l’occasion d’évoquer les CITY WOODPECKERS, Marco Stivell nous a pondu une excellente Kro à propos de HEGOA, j’ai moi-même écrit sur les SUNSHADOWS ou Pierre MUSSI, autant d’artistes que de styles différents. Est venu le temps de mettre en avant TÉRÉBENTHINE, formation de Clermont-Ferrand qui donne dans l’instrumental, un choix tout sauf évident, pas vraiment mainstream donc.

Le groupe, qui a publié un premier essai en 2012, est composé de cinq musiciens qui ont œuvré et/ou oeuvrent toujours dans différentes formations locales, toutes dignes d’intérêt. Avec pour particularité de posséder trois guitaristes qui s’appuient sur une rythmique basse/batterie suffisamment volubile et solide pour soutenir l’enchevêtrement des couches créées par ce qu’Erwin désignerait comme étant une « Guitar Army ». Pas de chant donc, on pourrait craindre le pire et davantage l’ennui, pourtant la musique de TÉRÉBENTHINE est passionnante et jamais l’absence de voix ne fait défaut. On est capté dans un univers souvent rugissant, parfois planant, alambiqué sans paraître inutilement savant, d’où s’échappent d’authentiques mélodies. Le groupe évoque KING CRIMSON ou encore Ennio MORRICONE dans sa courte Bio, néanmoins c’est John BARRY qui est mis à l’honneur au travers du titre « Agent 00 », dont le thème pastiche celui de James Bond sans pour autant qu’on crie au plagiat tant sa transposition pleine d’humour est habile.

D’ailleurs, tout est fait avec soin sur ce disque, à commencer par le son parfaitement produit, organique, presque vintage, néanmoins totalement contemporain. Les riffs sur « Frappe Au Hazard » sont purement rock, comme dans les 70’s et puis vient la cassure rythmique qui évoque effectivement KING CRIMSON, cela avec la puissance de feu d’un combo Metal/Grunge au groove Stoner. Cependant, si on dissèque le son, on est surtout proche du Hard Rock des origines. C’est l’empilement des strates de guitares qui nous happe vers le futur. Usant du tandem basse/batterie comme un moteur à explosion(s). Oui mais, voilà que la batterie est aussi utilisée ça et là comme un élément à part entière de la narration, plus simplement pour un usage purement rythmique comme c’est le cas sur « Fais Tourner ».

Cette particularité, on la retrouve déclinée sur l’entièreté de cet album composé par Miguel Miranda, un des trois six-cordiste, depuis « Folie Cynique » jusqu’à « Scène Finale », avec assez d’ingrédients pour qu’on ne voie l’espace/temps défiler car le disque est également concis, juste ce qu’il faut pour être frustrant et qu’on se dise qu’on y replongerait bien aussitôt. Mais voilà qu’en titre bonus point « Matière Noire (Version Classique) », arrangé par Rémi Subjobert (batterie), soit une magnifique relecture du titre éponyme jouée par une formation classique, instant décalé qui forme une entité à part entière car quasiment autonome par rapport à son modèle électrifié. Encore une surprise.

A priori, TÉRÉBENTHINE choisit de n’éviter aucun écueil - pas de chant, des ruptures de rythmes fréquentes, trois guitares, une approche savante de la musique, du gros son – pourtant leur disque est d’une étonnante accessibilité, lisible par et pour tous. Un univers fascinant s’offre à vos oreilles, celui où l’imagination devient reine et où les rêves les plus insensés deviennent réalité, c’est le moment d’allumer les warnings : Big Bang Attack !

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   LONG JOHN SILVER

 
  N/A



- Rémi Subjobert (batterie)
- Yoann Chillault (basse)
- Alexandre Boutin (guitare)
- Benoît Foucault (guitare)
- Miguel Miranda (guitare)
- +
- Garance Alves (clarinette sur 9)
- Aurore Joubert Des Ouches (violon sur 9)
- Laurence Loyez (alto sur 9)
- Alexandre Peronny (violoncelle sur 9)
- Juliette Watine (vibraphone sur 9)


1. Folie Cynique
2. 120 Db
3. Agent 00
4. Fais Tourner
5. Matière Noire
6. Big Bang Attack
7. Frappe Au Hazard
8. Scène Finale
9. Matière Noire (version Classique)



             



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