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METAL PROGRESSIF  |  STUDIO

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2017 Psychotic Symphony

SONS OF APOLLO - Psychotic Symphony (2017)
Par BAKER le 14 Mars 2018          Consultée 701 fois

Vous savez, on a tous un humour qui découle de ce qu'on a pu digérer dans son enfance et adolescence. Ce sont généralement les mélanges de différents humours, de différentes visions du monde, qui construisent le style et la façon de plaisanter de nous autres petits Terriens. Pour ma part, il ne faut pas se le cacher, mes trois piliers sont Sire Desproges (et ce bien que je ne l'aie su qu'une fois passé à l'âge adulte, mais c'est une autre histoire), Jean Amadou qui avec son Bébête Show savait décrypter les magouilles politiques bien mieux que quiconque ne l'a jamais fait (et qu'il nous manque en ce moment !), et Olivier de Kersauzon. Navigateur, mais aussi poète, parolier, improvisateur, capable d'inventer des conneries plus grosses que Bigard (comme le coup des bateaux modernes qui navigueraient sur roues avec des GPS sur des mers en béton) mais aussi d'improviser pendant des heures des quatrains d'une grande sensibilité et aux rimes parfois surprenamment riches, surtout quand il joutait avec un maître en la matière, le regretté Jacques Martin.

Mais, vous entends-je dire d'ici (ouais, vous êtes pas très discrets les mecs), cet olibrius est en train de nous parler des Grosses Têtes ?!? Eh bien oui. Et c'est très exactement ce que vous allez retrouver dans ce disque. Des Grosses Têtes. Des melons. Des maxipastèques. Lâchées en pleine nature sans filet et sous stéroïdes anabolisants. 5 virtuoses dont deux qui ne sont pas particulièrement réputés pour leur humilité : Mike "Patator" PORTNOY à la batterie et Derek "Bôgossitude" SHERINIAN. Deux vantards particulièrement mis en valeur dans le mix (SHERINIAN écrase tout), et qui ont vanté cet album tant et plus, jusqu'à fermer le forum mythique dudit PORTNOY lorsque quelques personnes ont osé commettre le sacrilège ultime : avancer que peut-être, oui, peut-être, cette collaboration avec le bassiste virtuose Billy SHEEHAN, le guitariste virtuose Ron THAL et le chanteur virtuose Jeff Scott SOTO ne donnerait au final qu'un résultat moyen...

Car oui, toutes couilles poilues dehors et bardée de superlatifs à n'en plus finir, cette "Symphonie Psychotique" est pompeuse mais aussi parfois pompière. Et sans arrêt, de la première à la dernière piste, le disque va osciller entre trois axes : les parties prog techniques horripilantes de suffisance et de gratuité, les parties hard rock "vintage" particulièrement fades, bien faites mais sans réelle passion (malgré le timbre magnifique de Soto), et les parties purement mélodiques qui, elles, sont très réussies. Autrement dit, PORTNOY et sa bande proclament vouloir faire toujours plus vite, toujours plus haut, toujours plus fort ; mais c'est quand ils calment dramatiquement le jeu, et leurs jeux, qu'ils touchent la cible. Le titre d'introduction est un excellent résumé (pas le meilleur) de tout l'album : intro on ne peut plus clichée, "statement" clair et définitif (à savoir : "Derek et moi on est de retour en 1997"), sons clichés, couplet cliché, ruptures prog clichées et pataudes, et puis au milieu, un refrain excellent et un pont ma-gni-fique. Avec un solide edit, on retire trois ou quatre minutes à cette chanson et c'est un des meilleurs titres de l'année.

Et tous les titres vont ainsi faire le grand écart : une minute on est saoûlés par la technicité ennuyeuse et qui n'apporte rien au genre (Ron 'Bumblefoot' THAL est excellent mais manque de personnalité au sein de ce disque), on se dit qu'on a déjà entendu ça autrement, et mieux, ailleurs, notamment chez SYMPHONY X qui est, plus encore que DREAM THEATER, le groupe auquel ces fils d'Apollon font le plus penser. Et puis la minute d'après, on se dit "ah tiens, c'est pas mal ça ! C'est bien fichu, comme dans un bon... euh, ben SYMPHONY X !". Il y a des titres courts qui font des singles honnêtes sans plus, une horreur gratuite et à oublier d'urgence ("Figaro's Whore"... c'est bien gentil Derek mais j'en fais autant, et la moitié de nos lecteurs aussi...), et quelques vrais bons passages, notamment dans un soigné "Labyrinth". Un des meilleurs titres de la galette mais qui, même lui, n'arrive pas à paraître innocent : dites m'sieur PORTNOY, l'hommage à Vince DiCOLA, en 2017, vous croyez que c'est réellement pertinent vu que HAKEN, CIRCUS MAXIMUS et même Robbie WILLIAMS l'ont fait en 2016 ?

Ce balancier entre irritation et plaisir coupable se poursuit jusque dans l'instrumental final, un "Opus maximus" qui est lui LE résumé : des mélodies superbes, de la masturbation inutile, et une pompe éhontée, limite malsaine, du "Tarkus" d'EMERSON LAKE & PALMER. Vain mais chouette. Ou chouette mais vain. Si vous adorez le genre metal prog costaud et peu original, c'est une solide référence ; si vous aimez votre prog plus raffiné et moins prétentieux, vous allez être écoeurés. Et si vous êtes du genre aventurier (NDLR : Ou bien pire encore, chroniqueur !), vous trouverez quelques pépites, car quand il ne passe pas son temps à refaire son brushing dans un miroir doré à la feuille fine 24 carats, SHERINIAN sait écrire de bien belles choses. Mais gaffe, y'a des orties.

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- Jeff Scott Soto (chant)
- Mike Portnoy (batterie, percussions, choeurs)
- Derek Sherinian (claviers)
- Ron Thal (guitare, choeurs)
- Billy Sheehan (basse)
- Keshav Batish (percussions)
- Ashwin Batish (cithare, chant)
- Artyom Manukyan (violoncelle)
- Kiara Perico (violon)
- Armand Melnbardis (violon)
- Enrico Cacace (arrangements)


1. God Of The Sun
2. Coming Home
3. Signs Of The Time
4. Labyrinth
5. Alive
6. Lost In Oblivion
7. Figaro's Whore
8. Divine Addiction
9. Opus Maximus



             



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