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KILLING FLOOR - Killing Floor (1969)
Par LE KINGBEE le 10 Mai 2018          Consultée 249 fois

A l’aube des sixties, un nouveau mouvement se développe en Grande Bretagne, le British Boom Blues. Via des disques rapportés par les soldats américains et les concerts de l’AFBF, de nombreux petits groupes de Blues vont émerger à travers tout le territoire. Si Alexis Korner’s Blues Incorporated, John MAYALL & The Bluesbreakers, The ROLLING STONES, The YARDBIRDS, THEM, The ANIMALS ou CREAM font figure de pionniers, leurs répertoires étant toujours bien implantés dans l’inconscient collectif, une cohorte de petits combos va émerger lors d’une seconde vague vers 1968.

KILLING FLOOR se forme en 1968 à Londres à l’instigation du guitariste Mick Clarke et de l’harmoniciste chanteur Bill Thorndycraft tous deux en provenance de The Loop. Les deux larrons passent une annonce dans la revue Melody Maker afin de recruter une section rythmique. Le bassiste Stuart McDonald, le batteur Bazz Smith pointent le bout de leur nez bientôt rejoints par le pianiste Lou Martin. Le nom du groupe provient d’un titre gravé par Howlin’ WOLF pour le label Chess, une sombre histoire sur les abattoirs américains. L’idée n’est pas mauvaise, les STONES avaient procédé de la même façon avec une chanson de Muddy WATERS. Le quintet fait alors ses gammes dans les tavernes et les clubs du Sud et se fait repérer par John Edwards, célèbre producteur et disc-jockey de Radio Caroline. Les concerts vont se multiplier d’un coup, le groupe ouvrant pour CAPTAIN BEEFHEART, YES, TEN YEARS AFTER, The NICE, Chicken Shack et JETHRO TULL. L’année suivante la formation sert de backing band à Freddie KING et Arthur « Big Boy » CRUDUP. La bonne réputation du groupe sur scène incite Edward à les envoyer enregistré dans les studios londoniens de la PYE un premier album.

« Killing Floor » apparaît dans les bacs six mois après le premier disque de Led Zeppelin édité par Spark Records, une petite maison de disque qui n’a jamais révolutionner l’industrie du disque. Si le groupe ne reprend qu’un seul standard placé en tête de gondole avec « Woman You Need Love », une compo de Willie DIXON gravée par Muddy Waters sous le titre de « You Need Love » future adaptation de Led Zep, les autres titres tous accrédités au groupe sont issus de standards ou d’inusités du Blues, le chanteur Bill Thorndycraft ayant modifié les titres et les textes à l’arrache dans les toilettes des studios PYE, une pratique commune à l’époque (sauf pour le lieu choisi).
Ce premier titre nous renvoie vers le « Whole Lotta Love » de LED ZEP, le titre se différencie de son illustre aîné par le piano et un gros break. Avec son intro d’harmonica geignard entre Billy Boy Arnold et CANNED HEAT, « Nobody By My Side » s’inscrit à mi chemin entre Psyché et Heavy Blues. La formation peut se montrer à son avantage entre Boogie et Blues Shuffle comme en atteste « Come Home Baby », malgré un jeu de piano trop rigide et surtout influencé par le Ragtime.
« Bedtime Blues », un slow blues, vient à point pour adoucir la sauce vers une sonorité orientée sur du Chicago Blues plus classique. Mais encore une fois, on pourra regretter que le piano en fasse des tonnes. L’instrumental « Sunday Morning » joué au clavecin aurait pu constituer un bon interlude mais le titre sort complètement du contexte et apparaît comme incongru, heureusement il ne dure qu’une minute. « Try To Understand » s’annonce trop scolaire, l’harmonica tente de percer en vain, le chant semble en bout de course, le piano se montre intempestif, seule la section rythmique parvient à garder le cap. Le groupe opère un virage à 90° avec « My Mind Can Ride Easy » qui tient plus du Rock Jazzy que du Blues. Second intermède instrumental avec « Wet » porté par un harmonica agressif et une guitare enragée. Aussi peu convaincant mais d’une durée d’à peine 40 secondes. La section rythmique et la Gibson de Mike Clarke tirent les marrons du feu sur « Keep On Walking », titre oscillant entre Chicago et Heavy Blues à l’anglaise. « Forget It » avec une basse bien ronde et une guitare flamboyante s’avère un pompage entre deux titres de Billy Boy Arnold. « Lou’s Blues », un instrumental piano de Lou Martin pouvant être apprécié sur scène, fait plus penser à une démo, les échanges entre les différents membres venant torpiller la pseudo démonstration du pianiste. Cette face B se conclut avec « People Change Your Mind », un long titre de plus de huit minutes, proposant plusieurs nuances avec des riffs de guitare inspirés à la fois de John Lee Hooker, Jeff Beck et Stan Webb. Ce long morceau vaut essentiellement par deux solos de batterie plus ou moins improvisés.

Si le disque connaîtra un petit succès aux Etats Unis en 1970 via une publication du label Sire avec une pochette différente, la qualité du chant et un pianiste qui a souvent tendance à en rajouter paraissent aujourd'hui dommageables. Tout n’est cependant pas à jeter dans ce disque qui témoigne de la richesse et de créativité de la scène anglaise en cette fin sixties. Le répertoire s’inscrit résolument dans une tonalité entre Blues Psyché évoquant BLUE CHEER et Blues Rock à la LED ZEP ou YARDBIRDS. Le pianiste Lou Martin quittera le groupe dès le premier disque pour rejoindre Rory GALLAGHER, pendant sept ans. En 1970, Killing Floor enregistrera un second disque pour le label Penny Farthing de Larry Page, ancien producteur des Kinks et des Troggs avant de splitter. En 2004, le groupe renaissait de ses cendres avec un troisième opus enregistré avec sa line-up d’origine. En 2012 les anglais mettront en boite un 4ème disque sans Lou Martin décédé durant l’été. Un disque qui aujourd'hui ne mérite pas plus de 2.

Ce disque éponyme réédité à plusieurs reprises en vinyle a fait l’objet de diverses publications sous formes de CD par le biais des labels Akarma et Repertoire Records. Cette chronique provient de l’écoute du LP Sire (SES97019).

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   LE KINGBEE

 
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- Mike Clarke (guitare)
- Bill Thorndycraft (chant, harmonica)
- Stuart Mcdonald (basse, choeurs)
- Bazz Smith (batterie)
- Lou Martin (piano, claviers)


1. Woman You Need Love.
2. Nobody By My Side.
3. Come Home Baby.
4. Bedtime Blues.
5. Sunday Morning.
6. Try To Understand.
7. My Mind Can Ride Easy.
8. Wet.
9. Keep On Walking.
10. Forget It!
11. Lou's Blues.
12. People Change Your Mind.



             



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