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ROCK PATAPHYSIQUE  |  STUDIO

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GONG - Camembert électrique (1971)
Par NOSFERATU le 14 Mai 2018          Consultée 362 fois

"Tu veux un camembert ?"
Quand j’explorais la scène proto punk au milieu des années 80, j’écoutais tout ce qui relevait du psychédélisme et du rock cosmique. Evidemment, je suis passé par les ténors du genre, PINK FLOYD de BARRET, HAWKWIND et le kraut rock allemand.
Mais dans mes recherches (je parle d’un temps où Internet n’existait pas), il y a un OVNI made in France qui m’a vite interpellé, c’était le fameux "camembert électrique". Déjà, le titre de l’album m’avait bien fait rire, j’imaginais un voyage dadaïste et je n’allais effectivement pas être déçu de ce trip. Comment l’ai je découvert ?

Je crois savoir que c’était par l’intermédiaire de fans de MAGMA (il y en avait un paquet dans la région d’Avignon, haut lieu de rassemblements babas pendant le fameux festival de théâtre), des vieux hippies un peu flippés, plus âgés que nous autres les "headbangers punks" alors friands de trucs speeds, des types qui se croyaient un peu dans une secte, du genre quand tu fumais un pétard avec eux, il ne fallait surtout pas parler en écoutant le groupe "kobaien" de Christian Vander. C’était tout un rituel, on devait rentrer obligatoirement dans leurs cérémonies. Pour eux, il y avait MAGMA et le reste du monde…
Peut être aussi ce GONG qui nous paraissait plus accessible musicalement parlant, moins "abscons" que les délires cosmico-jazzys ampoulés par moments il faut bien l’avouer de MAGMA…

GONG, c’est avant tout le projet pataphysique dingue d’un certain Daevid Allen, pote dans les sixties d’un Burroughs, qui voyait des intelligences supérieures dans le ciel . Des paravents ? Des anges ? Des aliens ? Des reptiliens ? On ne sait pas…En tout cas, l’australien qui plane un peu trop se lance dans l’aventure prog/psyché SOFT MACHINE puis se retrouve exilé (exil forcé paraîtrait-il à cause d’une sombre histoire de visa) à Paris, la ville de toutes les aventures avant-gardistes du siècle il y a plus de cinquante ans. Il monte GONG avec d’autres huluberlus friands de jazz libertaire et de folk déviant. Des concerts dans les MJC suivent surprenant les “babas gauchistes” et les disques frappadingues viennent ensuite…
Quand le groupe réalise son camembert, Daevid Allen et ses disciples habitent alors une communauté (c’est la grande mode durant cette période contestataire) dans la Drome, à l’instar de d’autre combos anars comme les “kraut rockers” AMON DUUL. Mais ne vous attendez pas à une formule hippie puant le fromage de caprin, on en est loin et c’est tant mieux…

Deuxième forfait barré de la bande à Allen, le disque est publié en 71 d’abord sur l’aventureux label BYG Actuel, nourri de free jazz. Enregistré au mythique château d’Hérouville, le combo space en profite en même temps pour jouer les musiciens pour l’étrange Dashiell Hedayat et son délirant « obsolete » autre chef d’oeuvre des ces années post soixante-huitarde.
Ce second L.P. est un vaste capharnaüm sonore, une illustration musicale presque Lovecraftienne de la planète GONG. On sent des influences venant du rock progressif mais sans l’emphase démonstrative caractérisant trop les productions de l’époque (YES et toutes ses horreurs). Car ici ce prog est revisité par l’Ecole anglaise de Canterbury (KEVIN AYERS et tutti quanti). L’influence maîtresse reste surtout le psychédélisme version "british" et l’approche du jazz y est totalement décalée, du surtout au jeune Didier Malherbe issu de cette école.

Tout un travail s’effectue entre le dialogue quasi harmonique de la guitare, de la batterie et d’un saxophone. Un trio infernal qui vous emmène dans des planètes inexplorées. On n’est pas trop loin des univers d’HAWKWIND par moments mais sans le coté hard rock et ceux tout aussi frappés de SYD BARRET.
Ici et là, on entend sidéré par tant d’expérimentation avant-gardiste pour l’époque, des collages sonores faisant ressortir le coté surréaliste des morceaux, les soupirs spatiaux de la sorcière païenne Gilli Smith tout droit sorti d’un film à la « Wicker man », une rythmique frénétique bien space, de longues envolées répétitives partant souvent dans tous les sens, des claviers d’inspiration orientale, des solos précis de flute, de saxo et de guitare (sans le coté pompeux de la chose), des chants et des chœurs qui s’entremêlent harmonieusement…
Un titre comme "Fohat Digs Holes in Space" montre cette facette aussi très improvisée autour d’un jeu de basse impressionnant. Il s’enchaîne avec "Tried So Hard" et "Tropical Fish: Selene" dégageant une atmosphère onirique qui plait tant à l’Aigle Blanc... En haut du panier, on citera bien sur la rythmique grandiose de la première chanson bigarrée ("You can’t kill me").

"Camembert électrique" est un jalon dans l’histoire du rock underground français. Car oui, oubliez TELEPHONE et consort, les années 70 en France ont été marquées par une effervescence créatrice. Avant la tornade punk, outre cette oeuvre bigarrée, on pourrait citer aussi le free rock déjanté de RED NOISE de l’iconoclaste Patrick Vian, (le fils de qui vous savez… ), MAGMA donc, l'électronica spatial de HELDON, et j’en oublie…
Qui veut de ce camembert ?

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KRAAN
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   NOSFERATU

 
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- Daevid Allen (chant, guitare, basse)
- Gilli Smyth (soupirs spatiaux !)
- Didier Malherbe (saxophones, flûte)
- Christian Tritsch (basse, guitare, chant)
- Pip Pyle (batterie)


- radio Gnome Prediction
- you Can't Kill Me
- i've Bin Stone Before
- mister Long Shanks : O Mother I Am Your Fantasy
- dynamite : I Am Your Animal
- wet Cheese Delirium
- squeezing Sponges Over Policemen's Heads
- fohat Digs Holes In Space
- tried So Hard
- tropical Fish / Selene
- gnome The Second



             



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