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KIMBEROSE - Chapter One (2018)
Par LE KINGBEE le 7 Juillet 2018          Consultée 224 fois

Il a fallu que KIMBEROSE passe au journal télévisé un dimanche chez Delahousse pour que je découvre ce groupe. En fin d’émission, notre présentateur, véritable icône du gendre idéal, présentait à Eddy Mitchell la chanteuse Kim Kitson Mills épaulée par le guitariste Anthony Hadjadj, son compagnon à la ville comme à la scène. Sans ce bref passage, KIMBEROSE serait toujours inconnu chez moi, étant donné que je n’écoute plus la radio depuis des lustres.

En feuilletant rapidement le Net, j’appris que cette jeune chanteuse de 27 ans, élève infirmière, avait tenté sa chance à l’émission télé « Nouvelle Star ». Un échec qui n’a aucune signification du point de vu artistique. Kim, d’origine anglo-ghanéenne, allait persister jusqu’à ce que deux titres interpellent Nagui, un autre présentateur vedette, qui l’invita à l’émission « Taratata ». On sait que ce genre d’émission reste porteur, il arrive parfois que de rares artistes passés entre les mailles du filet des maisons de productions se fassent connaître par ce biais. Avouons tout de même qu’il faut avoir un pot d’enfer ou de cocu.

Certains de nos collègues sortent l’artillerie lourde comme tout bon gun fighter qui se respecte, n’hésitant pas à entendre ici des réminiscences de Billie HOLIDAY, Aretha FRANKLIN, Nina SIMONE et Amy WINEHOUSE, rien que ça ! Je suis peu fan de la première. La seconde n’a rien enregistré depuis bien longtemps, ses concerts annoncés en grande pompe sont généralement annulés. La troisième reste la propriétaire d’une discographie pléthorique principalement liée au piano et au Jazz vocal. Quant à la quatrième, elle fait partie du triste Club des 27 et n’a en fait graver que deux bons albums. Mais la mode étant aux comparatifs, laissons dire et délirer certains collègues, il n’y a là pas mort d’homme, la musique n’étant qu’une question de subjectivité.

Alors, commençons par la pochette plutôt ambiguë avec ce visage coupé à la coloration purple, des yeux en forme d’amande qui évoquent Amy WINEHOUSE, dans un premier temps. Mais quand on y regarde de plus près, le spleen et le désespoir que l’on retrouvait dans les pupilles de l’Anglaise ne sont pas présents ici, bien au contraire.
Donc KIMBEROSE est bel et bien un groupe dont le nom de scène provient du nom de la chanteuse Kim pour Kimberly et Ose pour Oser et non le patronyme de la chanteuse. Kimberose sort un premier single sur Six et Sept en septembre 2017, label fondé par l’ancien boss d’Universal Music France Pascal Nègre⃰ et passe donc à l’émission de Nagui « Taratata 100% Live ». La voix et l’accent parfaitement crédibles font mouche, le single fait office de thermomètre auprès des acheteurs potentiels.
Si deux des quatre titres du E.P. semblent avoir la préférence des programmateurs radio (« I’m Sorry » et « About Us »), les auditeurs et plus particulièrement les amateurs de Soul commencent à mettre un nom sur ces titres, à défaut d’un visage. Pour 6&7, il est temps de capitaliser avec la sortie d’un album. Tout est prévu, une série de concerts dans de bonnes salles, de rares passages à la télé, quelques shows cases. De toute façon pour 6&7, Kimberose est du pain béni, le groupe ne coûte pas grand-chose, le disque non plus : c’est ainsi que pour la pochette on a repris le concept du single, avec la même photo de ce visage coupé en deux, on a juste changé la couleur du fond et celle du visage.

« Chapter One », titre humble qui laisse néanmoins entendre qu’un second chapitre demeure du domaine du possible, propose 11 pistes qui nous immergent dans une Soul pas tout à fait contemporaine. Et c’est là la particularité et le charme de cet album. Hormis les deux titres du single, les neuf titres ont été enregistrés au Studio Head On, en plein cœur de Paris, à deux pas du New Morning.
En titre phare, on retrouve l’excellent « I’m Sorry » en seconde position, une ballade au tempo entêtant sur le thème d’une rupture amoureuse et de l’amour perdu. Pas d’esbroufe, la chanteuse ne pousse pas trop sur sa voix, mais on sent que le timbre peut exploser à tout moment. Au niveau des arrangements et de l’orchestration, on fait dans le soft avec une touche de vintage, les musiciens ne sont pas là pour se faire mousser ou pour nous délivrer des cascades de notes superflues qui finissent invariablement par se perdre en route. Ils tissent une ambiance sonore à l’ancienne. Second titre issu du single, « About Us » s’avère plus nuancé. Si le piano se montre plus présent, le chant dévoile une colère rentrée superbement maîtrisée.

En ouverture, « Needed You » nous renvoie vers une atmosphère évoquant Nicole Willis, tandis que « I’m Broke » titre au tempo légèrement plus marqué pourrait s’inscrire dans un album de Leela James. « Reason », une autre ballade, pourrait faire penser à Tracy CHAPMAN alors que « Waiting For You » une douce comptine au piano gorgée de trémolos reste évocatrice d’Ann PEEBLES ou de Roberta FLACK. La guitare acoustique sur « Strong Woman » fait référence à une habile combinaison de Nu Soul et d’Americana en droite ligne avec certains morceaux de BEYONCE. On apprécie la subtilité de la guitare sur « Mine », titre de fermeture, qui prend une connotation funky avec un tempo lent plein de moiteur.
Kim Kitson Mills dispose d’un autre atout dans sa manche, une facilité pour l’écriture et la composition, 10 des 11 titres venant de sa plume. Seule « Where Did You Sleep Last Night ? »⃰ lui échappe. Alors pour les Djeuns, le titre n’est pas de NIRVANA comme j’ai pu le lire sur le Net, mais un vieux bluegrass de Dock Walsh, banjoïste des Carolina Tar Heels, enregistré en avril 1926 pour la Columbia sous le titre de « In The Pines ». Le titre se transformera en « (Black Gal) Where Did You Sleep Last Night ? » dans une version Blues en 1944 par Leadbelly. Ce titre sera repris, quelle que soit son appellation, par une kyrielle de groupes « péquenots » mais aussi par de nombreux folkeux comme Joan BAEZ, Marianne FAITHFULL sans oublier Charlie Feathers ou Doc Watson.

Alors ce « Chapter One » ne révolutionne en rien la Soul mais apporte une bouffée de fraîcheur revigorante juste avant l’été. Kim Kitson Mills a la sagesse de ne jamais forcer sur sa voix. L’accompagnement parvient à bifurquer entre la sobriété et le vintage et l’émotion est garantie au profit de l’esbroufe et de la frime. Ce premier disque se situe dans la lignée de Leela James, Des’Ree, Tracy Chapman, Nicole Willis ou Joan Armatrading sans oublier quelques pointes de Beyonce.

Note réelle 3,5.

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   LE KINGBEE

 
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- Kimberly Kitson Mills (chant)
- Anthony Hadjadj (guitare)
- François Fuchs (contrebasse)
- Fred Drouillard (batterie)
- Alexandre Delange (claviers)


1. Needed You.
2. I'm Sorry.
3. I'm Broke.
4. Reason.
5. Waiting For You.
6. Where Did You Sleep Last Night?
7. Wolf.
8. About Us.
9. I'm A Fool.
10. Strong Woman.
11. Mine.



             



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