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Eric CLAPTON - Derek & The Dominos: Live At The Fillmore (1970)
Par LONER le 2 Décembre 2006          Consultée 6493 fois

On discutera longtemps du cas Clapton. Atteignant des sommets artistiques ou s’enfonçant dans de sombres impasses, il n’en restera pas moins un véritable génie de la six-cordes. Et là-dessus, beaucoup de gens s’accordent à dire que l’album le plus représentatif de son génie restera « Layla… ». On peut le penser, c’est permis. Tout comme on pouvait penser, un an auparavant, que l’éphémère période Blind Faith avait le droit de prétendre à cette place. Mais qui a été au Fillmore East à la fin du mois d’octobre 1970 ne peut que considérer ce débat comme absolument sans intérêt. Et qui a un jour mis la main sur l’unique témoignage vinylique (ou numérique, ce dont il est d’ailleurs question ici) de cette tournée américaine sait à présent quels prodiges peuvent accomplir les doigts de Dieu…

Au commencement était « In Concert ». Double LP sortie en 1973. Quatre faces, neuf morceaux, on était en droit d’attendre mieux. Et puis, en 1994, voilà qu’une réédition CD digne de ce nom apparaît dans les bacs, puisqu’elle contient pas moins de quatre nouveaux morceaux, ainsi que des versions alternatives de morceaux déjà présents sur l’édition originale (notamment « Why Does Love Got To Be So Sad ? » qui passe de neuf minutes trente à près de quinze minutes !).
Dés le départ, « Got To Get Better In A Little While » annonce la couleur. Eric fait miauler sa Stratocaster, Jim impose une rythmique concise et martèle ses fûts avec une précision redoutable, la basse de Carl vrombit, Bobby commence une entrée discrète aux claviers avant de littéralement faire couler des rivières de notes. Le monstre est lâché, la soirée s’annonce longue et inoubliable…

Et il en sera ainsi pendant treize minutes, treize incroyables minutes de folie pure, entre piano dingo, batterie survoltée et guitare ondulante, se fendant par moment d’un solo stratosphérique. Un monument.
A peine le temps de respirer que déjà commence « Why Does Love… ». Après une introduction qui s’inscrit dans la lignée du morceau précédent, Slowhand lâche un riff terrifiant avant de déclamer des « Yeah, Yeah, Yeah » qui marquent le début du thème principal. Whitlock a échangé ses claviers contre un orgue et s’empresse d’en napper le morceau tandis qu’Eric décoche des myriades de soli. En milieu de chemin, l’attelage se calme un peu, laissant à Carl tout le loisir de montrer l’étendue de son talent. Euh, on passe à la suite ?

« Key To The Highway », premier vrai blues et troisième grand moment d’un live qui ne contient (était-il nécessaire de le préciser ?) quasiment que ça. Moins long que la version studio, moins virtuose aussi (n’oublions pas qu’il y avait Duane Allman dans les parages à ce moment…), mais tellement plus… blues. Une version plus épurée en somme qui vaut largement l’originale, sans forcément la surpasser, à vous de voir ce que vous préférez.
Arrive « Blues Power », deuxième blues, petite perle qui contient là encore son lot de solos ciselés et de performances de la part de la section rythmique, Gordon en tête.
« Have You Ever Loved A Woman » apaise le jeu et laisse le champ libre aux ivoires de Whitlock et aux attaques - éclairs de God, décidément imbattable. « Bottle Of Red Wine » clôt l’affaire de manière efficace.
Voilà pour le premier CD.

Le deuxième ne décevra personne, bien au contraire. « Tell The Truth » amorce les choses et s’inscrit dans la lignée du triptyque bluesy que constituait « Key To.. », « Blues Power » et « Have You Ever… ». On en redemande ! « Nobody Knows You When You’re Down And Out » répond à nos prières. Piano et guitare y valsent doucement, imposant pendant cinq minutes un climat serein.
Le rythme était bien amorcé, les choses auraient pu continuer ainsi longtemps. Mais aller savoir pourquoi, Eric et sa bande décident d’élever encore le niveau d’un cran. Car, non contents d’avoir pulvérisé les standards en début de disque, ils en remettent une couche avec une suite de cinq morceaux tout simplement ahurissants ! En effet, la seconde partie du deuxième CD que constituent « Roll It Over », « Presence Of The Lord », « Little Wing », « Let It Rain » et « Crossroads » dépasse l’entendement. Chaque morceau est joué avec une classe et une dextérité sans pareil, à commencer par « Let It Rain » qui s’étire sur dix-neuf minutes et permet à Gordon de placer un solo de batterie. Quant à « Crossroads », c’est bien simple, il s’agit du pinacle de toute la discographie d’Eric Clapton…
Que dire au final ? « Live At The Fillmore » est un véritable marathon guitaristique, l’évangile du blues selon Dieu en personne. Et si vous trouvez que cela tire par trop en longueur, je ne peux malheureusement rien faire pour le salut de votre âme.

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   LONER

 
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- Eric Clapton (chant, guitare)
- Carl Radle (basse)
- Bobby Whitlock (claviers)
- Jim Gordon (batterie)


1. Got To Get Better In A Little While
2. Why Does Love Got To Be So Sad ?
3. Key To The Highway
4. Blues Power
5. Have You Ever Loved A Woman
6. Bottle Of Red Wine

1. Tell The Truth
2. Nobody Knows You When You're Down And Out
3. Roll It Over
4. Presence Of The Lord
5. Little Wing
6. Let It Rain
7. Crossroads



             



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