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POP PROGRESSIVE HEAVY  |  STUDIO

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HAUTEVILLE - Hauteville (1998)
Par BAKER le 4 Septembre 2018          Consultée 409 fois

La seconde moitié des années 90 est truffée de jeunes formations désireuses de s'engouffrer dans la brèche, certes ouverte spectaculairement mais tout aussi vite refermée (genre césarienne à l'envers), du heavy rock progressif (ou du metal). Et de toutes nationalités. La France aussi, bien sûr. Mais que ces groupes viennent d'Angoulême, d'Amsterdam, de Sao Paulo ou de Kaihoro, le souci est globalement le même : leur musique est bien fichue et techniquement superbe mais, franchement, à part deux ou trois lutins facétieux comme SPOCK'S BEARD ou AYREON, que le progressif new look des années 95/99 était lourd, sérieux, scolaire.

Voilà probablement pourquoi les premières secondes de "Willy" ont fait tellement de bien à leur sortie. Enfin un groupe capable de mélanger gros son, mélodies simples, arrangements millimétrés, technique haut de gamme (Denis Turmel et Laurent Ober sont des tueurs), mais surtout, surtout, une bonne humeur, une urgence, une vitalité hors du commun. Qu'il soit français est en réalité totalement anecdotique : Hauteville est un sextet qui a développé en l'espace d'un titre un univers fait de rythme rock et de bonne humeur. Le nouvel IT BITES ? Un peu de ça, avec ce petit grain de folie provenant du duo de chanteurs (dont les tons vocaux androgynes et similaires confèrent une identité singulière.

"Willy" est donc un titre énorme qui fait headbanguer sans forcer, avec ces synthés un peu surannés qui sur le papier ne devraient pas fonctionner mais l'ordre établi est rapidement fichu par terre devant l'enthousiasme et l'efficacité du groupe ! Et si on excepte "Lucy in the Dark" qui n'est "que" bonne, toute la face A (enfin si ce disque existait en vinyl, autrement dit si nous étions dans un monde meilleur) est tuante de punch, de peps, de mélodies épiques mais simples, de solos de fous, de claviers baveux bien 80s à la RUSH des grands jours.

"Winter" avec son "keep me off the limits" qui fait lever le poing de façon Pavlovesque (le poing, pas la main, faites gaffe !), "Soon" qui est, j'ai pô peur des mots, un chef d'oeuvre du rock synthétique urgent et sophistiqué, et puis le meilleur, "Tonight", une chanson fantastique, culte, parfaitement construite, très heavy, très pop, très prog, avec le petit détail qui change tout et fait passer un groupe de gentil projet à force vive : le "wouh !" avant le troisième refrain, c'est la preuve que tout le monde dans le studio était impliqué, à fond dans le truc, conscient du potentiel de dingue, et sans aucune retenue. Démodée, la musique de HAUTEVILLE en 1998 ? Oui, tout à fait ; et elle vous emmerde, rock critic de l'époque, avec tact et courtoisie.

La seconde partie est un peu moins forte, mais n'est-ce pas compréhensible ? Déjà, le disque est coupé en deux de façon franche par "Doctor News", un titre vraiment pas à la hauteur du reste, et de toutes façons plombé dès le départ par un effet vocal caprin mal négocié. Cette "face B" (si le monde dans lequel, bis repetita) est plus sérieuse, plus sombre, manque un peu du punch juvénile et presque iconoclaste du départ, mais n'est pas exempte de savoir-faire : déjà, le bassiste est insolent de maîtrise ; ensuite, il y a toujours de beaux plans, de belles idées (l'orgue très 70s roots de "Paradise"). Et l'instrumental de fin est adorable, mélangeant le prog, la world et l'electro et permettant d'atterrir en douceur. Une seconde partie d'album en-dessous, mais à ne pas totalement négliger : de jolies pépites s'y cachent.

Ce quintumvirat de début reste imbattable, à tous les niveaux : rarement groupe français nous a autant fait vibrer par son insolence, son punch inné, la bonne humeur qui ne "transparaît" pas par le CD, non, elle sue, elle dégouline par tous les bits du fichier ! Las, ce coup d'essai magistral, et que je vous recommande au plus haut niveau, est resté fils unique. Non seulement HAUTEVILLE n'a pas eu la carrière attendue, son second album se montrant sensiblement différent de ce jouissif geyser d'acné juvénile, mais il y a bien pire : aucun groupe, pendant des années, n'a osé prendre ce créneau du prog pop décomplexé. Alors certes, c'est regrettable. Mais voyons le verre à moitié plein : si vous trouvez ce disque, d'occasion évidemment, les NRJ Music Awards ayant refusé son intronisation de très très très peu, je vous assure, parole de Baker, que "Willy", "Tonight" et "Soon" vont passer dans l'autoradio à fond, plusieurs fois, trop de fois, et de façon routièrement irresponsable !

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   BAKER

 
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- Lydie Gosselin (chant)
- Cyril Grimaud (chant)
- Denis Turmel (guitare, choeurs)
- Didier Théry (claviers, choeurs)
- Vincent Turmel (batterie, percussions)
- Laurent Ober (basse)


1. Willy
2. Winter
3. Tonight
4. Lucy In The Dark
5. Soon
6. Doctor News
7. Paradise
8. The Street Lamp
9. Some People
10. No Time For Time
11. Vu Du Phare D'eddystone



             



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