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- Membre : Transatlantic, Asia Featuring John Payne
- Style + Membre : Neal Morse

SPOCKS BEARD - The Light (1995)
Par MARCO STIVELL le 17 Septembre 2018          Consultée 221 fois

Le style américain est un exemple particulier parmi les grandes branches du rock progressif, au moins à notre échelle française. C'est comme si on devait se contenter de ne citer qu'un seul nom à chaque fois : KANSAS pour le classique, SPOCK'S BEARD pour le nouveau – on parle de rock prog traditionnel, DREAM THEATER c'est du metal -. Toujours est-il que pour l'un comme l'autre, le succès n'est pas démérité.

Quatre garçons venus de Los Angeles, Californie, à la trentaine bien sonnée déjà, sont à l'origine de cette bande de joyeux drilles qui tentent de retourner à leur avantage l'essoufflement du courant grunge en ce milieu d'années 90. Ce sont surtout les frères Morse, Alan et Neal, qui figurent à la tête du projet, ayant joué ensemble régulièrement pendant les quinze années qui ont précédé. Neal a aussi travaillé avec leur frère aîné Richard, écrit des comédies musicales. Bref, la famille Morse est à un niveau professionnel déjà bien établi au moment où sort The Light, en 1995.

Nick D'Virgilio, batteur/chanteur, est engagé suite à une jam session. La basse est d'abord tenue par John Ballard, un ami de Neal Morse. Il est remplacé par Dave Meros juste avant la réalisation de The Light. Ce dernier propose deux types de pochettes selon la partie du monde où il est publié, dont une – la plus célèbre – qui reste celle d'une peinture étrange et difficile à comprendre, hommage sans doute aux vinyles des années 70 mais avec un caractère plus contemporain. Les suivantes s'éloigneront de cet esprit allègrement ! Le nom du groupe est pioché dans un épisode de Star Trek, et le groupe est signé par Giant Electric Pea, label destiné au groupe anglais IQ à l'origine pour son album Ever (1993).

Sur The Light, on trouve quatre morceaux, en tout et pour tout. Deux d'entre eux font entre 10 et 15 minutes, le troisième 23 minutes et le dernier "seulement" six. Pour sûr, il y a de l'identité, de l'affirmation. Et c'est encore plus vrai à l'écoute d'une musique qui part dans tous les sens, qui tend à réunir les différents fans de prog à tendance pop, ceux qui aiment la virtuosité non-feinte de YES et ceux qui préfèrent la finesse mélodique de GENESIS. D'un côté, on trouve des ballades folk et thèmes grandioses saupoudrés de Mellotron, de l'autre, des passages furieux portés par une rythmique mastodonte (le son de la basse Rickenbaker rappelle naturellement celui de Chris Squire) et des solos de synthés ou de guitare très énergiques, étourdissants de maîtrise instrumentale.

La formule est simple pour cela car on retrouve des enchaînements savants sur tous les titres, y compris le dernier, "On the Edge", single pop tout trouvé, qui comporte son lot, mesuré certes (et pas forcément indispensable, qualitativement), de cassures brutales. Que dire alors des trois morceaux précédents qui font bombance, se régalent à nous prouver le talent des musiciens dans leurs cordes - ou leurs baguettes - et la diversité dont ils peuvent faire preuve en termes de composition ? Sans oublier que leur chanteur est un sacré lascar qui révèle déjà une personnalité de taille, écrivant absolument tout (sauf une sous-section d'un des trois pavés où son frère participe), imposant un timbre rocailleux même dans les plus grandes douceurs, dynamité sur les passages les plus vigoureux. En plus ici, il tient tous les claviers !

Coincée entre deux thèmes au piano intimiste qui l'ouvrent et le ferment – il y a comme déjà une idée lointaine de "Neal Morse et les autres" -, on trouve sur le morceau-titre toute une foule d'idées passant de la rythmique prog la plus traditionnelle aux harmonies vocales/canons façon GENTLE GIANT que le groupe réussit fort bien, puis aux moments planants, aux danses baroques, à la rumba (solo de guitare classique compris), à la pop jazzy etc en un tournemain. "The Water" inclut davantage de passages soul à la manière de PINK FLOYD, choeurs féminins gospel à l'appui, pas du meilleur effet cela dit, aux côtés de débordements fusion et, en son milieu, d'une ballade folk crépusculaire totalement séduisante. "Go the Way You Go" est un presque-instrumental à la structure déjà un peu plus linéaire, hésitant entre le boléro prog et le couple piano-synthés rêveur.

Le souci, c'est que The Light, en plus d'un mixage encore léger et trop sec (pour la guitare d'Alan Morse surtout), surjoue trop facilement cette construction, ou cette déconstruction, comme on voudra, au prix d'une inspiration encore très fluctuante, car au final, on ne retient que peu d'idées marquantes sur le long terme à travers ce capharnaüm pourtant bien prometteur. The Light, c'est un peu le curriculum vitae de SPOCK'S BEARD avec présentation de tout ce qu'il peut faire, lancé à la face d'un public nostalgique, qu'il soit vieux ou jeune, sympathisant ou adorateur dans un cas ou l'autre. On apprécie même le côté Trespass (premier "vrai" album de GENESIS) pour certains arrangements, Alan Morse jouant un peu de violoncelle et Dave Meros du cor d'harmonie. Il ne reste au groupe qu'à faire ses preuves à travers des oeuvres mieux équilibrées.

Au moins, et même en étant placé sous le signe du direct, "dans ta face" bien américain en matière de rock costaud, on remarque la différence avec DREAM THEATER, la diversité étant un avantage pour ceux qui n'aiment guère la musique des anciens élèves de Berkeley. C'est pourtant Mike Portnoy qui fait une pub inespérée et aubaine pour le groupe en citant The Light comme son album favori de l'année !

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   MARCO STIVELL

 
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- Neal Morse (chant, guitares, claviers)
- Alan Morse (guitares, mellotron, violoncelle, choeurs)
- Dave Meros (basse, cor d'harmonie)
- Nick D'virgilio (batterie, percussions, choeurs)
- + Molly Pasutti, Wanda Houston (choeurs)


1. The Light
2. Go The Way You Go
3. The Water
4. On The Edge



             



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