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Billy CORGAN - Thefutureembrace (2005)
Par RICHARD le 2 Février 2019          Consultée 202 fois

William Patrick CORGAN est désagréable au possible, possède un ego surdimensionné et ferait volontiers passer Lou REED pour un petit angelot affable. Mais, voilà, il a du talent. Oh, bien sûr ceci n'excuse pas tout, loin de là, mais on en deviendrait presque conciliant, à tord ou à raison d'ailleurs, pour juger de la diversité de sa carrière. Objectivement, c'est vrai qu'avec son groupe de Chicago, les SMASHING PUMPKINS, la décennie musicale des années 90 fut grandement la sienne. Décennie glorieuse, oui, qui du double et légendaire album Mellon Collie And The Infinite Sadness (1995) au splendidement crépusculaire Adore (1998) a vu s'étendre la sphère d'influence de nos géniales citrouilles. Elles ont le plus souvent brassé large dans leurs influences, c'est le moins que l'on puisse dire, puisque selon les galettes on y retrouvait des sonorités grunge, heavy metal, new wave ou pop, mais toujours avec cette constance de recherche mélodique. Les PUMPKINS avec son despotique leader ayant même de plus réussi à allier une fragile intégrité artistique avec le succès grand public. Le quatuor devenant rapidement tout simplement culte.

A la fin 2000, usé par les tensions, le départ de D'arcy la bassiste, les tournées et le relatif échec de l'album concept Machina/The Machines of God, le groupe dans l'amertume se sépare. C'est symboliquement tout une époque qui semble se clore avec. Celle d'une certaine musique alternative américaine, et dans notre imaginaire, ce qui s'en rattache : ses clips aux couleurs criardes so nineties, ses college radios et ses bandes sons de films et séries d'épouvantes pour ados façon Buffy contre les Vampires. Qu'allait devenir le prolixe Corgan ? Difficile de l'imaginer en ermite hirsute dans la région des Great Lakes quand même. Pour celles et ceux qui comme moi attendions toujours de ses nouvelles, c'est peu de dire que son fumeux et non fameux projet Zwan avec son unique et pathétique album de 2003 avait refroidi grandement les attentes et envolé les espoirs de jour meilleur. L'époque bénie semblait bien révolue, je vous dis.

Puis au début de l'été 2005, voilà le Chicagoan qui réapparaît. A l'image de sa pochette, CORGAN semblait vouloir avec ce premier album solo se mettre encore plus à nu. Un nouveau départ dépouillé du passé, de ses succès et excès. TheFutureEmbrace fut pour le moins une surprise. Billy répétait à qui voulait l'entendre que le temps des guitares pour lui était dépassé. Il ne nous avait pas menti. Cet album est une véritable déclaration d'amour aux climats froids de l'electro que viennent discrètement réchauffer des petits flammes new wave. En soi, ce n'est guère surprenant. Le cœur de CORGAN a toujours été partagé entre riffs lourds à la LED ZEP et mélancolie subtile à la CURE. Cet album est comme un prolongement du superbe Adore. Il paye sa dette de façon définitive à ses premières amours. On peut simplement se souvenir d'un titre comme «There It Goes» de 1988 pour constater que l'Angleterre brumeuse ne l'a jamais laissé également insensible.

Faut-il dès lors s'étonner de le retrouver avec son idole de toujours, Robert Smith reprenant «To Love Somebody» des BEE GEES ? A vrai dire, pas vraiment même si le choix de la reprise a pu laisser dubitatif. J'ai toujours trouvé que CORGAN a été l'une des personnes les plus influencées musicalement par le leader des CURE. Pas de manière aussi évidente et frontale que PLACEBO ou BLOC PARTY mais par un jeu plus subtile de discrets hommages. La cover surprend mais le son typique et discret de guitare de Fat Bob et sa voix triste sur le refrain nous rassurent et nous insufflent rapidement ce spleen habituel. TheFutureEmbrace développera bien durant ces 45 minutes cette dualité. Un côté lent mais pas toujours monotone, et un autre plus enlevé mais avec toujours cette belle persistance de teintes douces et grises.
Ce tempo si peu courant dans la discographie du chanteur épouse parfaitement les textes. «Now And Then I Could Be A Friend» répète t-il à l'envie sur le délicat «Now (And Then)». Cette boucle répétitive (l'écoute au casque est vivement conseillée pour en savourer tous les petits bruissements) vous ballote avec les états d'âme qui vont avec. Superbe. Cette galette et c'est assurément l'un de ses points forts fourmille de multiples trouvailles electro, véritable hamburger métallique sonore où les nombreuses couches ne rendent pas la chose indigeste, loin de là.

Alors, c'est vrai, parfois, ça rate quand même un tout petit peu. Un petit coup de Bud et normalement la digestion est plus fluide. De fait, l'essai n'est pas toujours concluant. «Pretty, Pretty Star» où CORGAN avec sa voix d'Alvin et les Chipmunks irrite et «Strayz» par exemple bien que doux amère possède un effet identique au somnifère, l'accoutumance en moins. Mais il faut assurément saluer cette envie de proposer autre chose. En fait,à bien y réfléchir, rien ne change fondamentalement. Il n'en fait définitivement qu'à sa tête chauve et dans ce monde aseptisé qu'est l'industrie musicale, c'est grandement salvateur.

En parlant d'horizons sonores renouvelés, les titres plus vifs en regorgent. C'est un peu paradoxal car Billy puise loin dans le passé, de DEPECHE MODE aux guitares brumeuses typées shoegaze. Pas vraiment le top de la nouveauté en 2005, mais bon...pour lui, c'est surprenant car c'est sur la longueur d'un album et non en filigrane comme à son habitude. «All Things Change» le bien nommé titre d'ouverture comme le sur puissant «Mina Loy (M.O.H)» sont donc une explosion de reverbs et de boîtes à rythme. Martin GORE, sors de ce corps ! Corgan avec sa voix de canard cette fois-ci réussit même à émouvoir à l'image de l'electro spleenesque «A 100». Fragile prouesse qui rendrait avec lui l’électronique comme chaleureuse et presque humaine.

Il est rétrospectivement facile en 2019 de constater que les grandes heures créatrices de Corgan à la sortie de TheFutureEmbrace étaient irrémédiablement derrière lui. Cet album bancal vaut pour les nouvelles contrées sonores explorées. Loin d'égaler les productions des années 90 et de son groupe,il n'en demeure pas moins un essai relativement intéressant pour celles et ceux qui ne désirent pas cantonner à vie le natif de Chicago dans sa gloire passée.

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   RICHARD

 
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1. All Things Change
2. Mina Loy (m.o.h.)
3. The Camera Eye
4. To Love Somebody (avec Robert Smith)
5. A100
6. Dia
7. Now (and Then)
8. I'm Ready
9. Walking Shade
10. Sorrows (in Blue)
11. Pretty, Pretty Star
12. Strayz



             



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