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CITADEL - Pluies Acides (2006)
Par BARZ le 31 Janvier 2007          Consultée 2080 fois

Après une première galette toute en puissance et gavée de bonnes intentions - bien qu'un peu maladroite sur les bords - le trio yvelinois emmené par Fred Martin-Bouyer revient avec un album plus travaillé et plus intéressant, signé sur un label culte : Musea. Label de rock progressif qui depuis quelques décennies a permis à ce courant musical de s'épanouir en France, produisant des groupes comme Ange ou The Flower Kings et important de l'étranger des pointures comme King Crimson, Yes, Genesis, et j'en passe... Voici donc Citadel, petit nouveau de chez Musea. Parlons maintenant du disque.

Lors de la première écoute, je ne sais plus bien ce que je faisais mais je n'étais pas vraiment attentif et c'était comme si je n'avais rien entendu. Comme si la machine à laver fonctionnait. Ou comme si le camion-poubelle passait sous ma fenêtre. Le son du disque paraissait comme un son urbain, un bruit d'engin ménager ou je ne sais quoi. Je n'ai pas bien compris ce qu'il s'était passé, j'étais plutôt déçu, je me suis dit "Mince, j'ai rien entendu". Alors j'ai remis le disque au début et j'ai monté le son, bien plus fort. Et là, grosse claque, cheveux en bataille, yeux exorbités, sourire aux oreilles... je ne vous fais pas de dessin.

Alors que le premier album éponyme s'écoutait dans n'importe quelle condition, je découvris que celui-ci, Pluies Acides, ne s'écoutait que très fort. Ainsi soit-il, tant pis pour les voisins.
Ma seconde surprise, après la nécessité absolue de booster les décibels, fut la qualité de l'enregistrement. C'est une question que j'ai déjà soulevée dans une autre chronique, à savoir que bien souvent dans un groupe de rock on n'entend qu'une guitare et la batterie, et basta. Ici, tous les instruments font symbiose, nous pouvons réellement parler de guitare-basse-batterie. D'autant plus que le jeu de basse de Julien-Flash-Zordan n'a rien du simple accompagnement, mitraillant sur tous les fronts avec ses quatre cordes, il donne une dimension mélodique aux morceaux à en faire rougir un quatuor à cordes.
La guitare de son côté s'occupe de la rythmique (eh oui, les rôles s'inversent ma bonne dame) quasiment millimétrique des morceaux (notamment sur "Invaders") et la batterie orchestre le tout avec une précision de métronome.
Oui, j'avoue que musicalement, je me prends claque sur claque à chaque titre de Pluies Acides. Malheureusement pour ce disque et pour mes oreilles, ce n'est pas seulement instrumental, il y a aussi une voix et des paroles. Et c'est ici que le bas blesse.

S'ils pouvaient ne faire que des morceaux instrumentaux, je pense que les membres de Citadel le feraient, cela semble évident que leurs instruments passent en priorité (et tant mieux), malheureusement ils se sont sentis obligés d'écrire des paroles et de laisser chanter Fred. Paroles sombres, comme l'annonce le titre, rappelant bien sûr que leurs influences sont dans le rock psychédélique et progressif. La plupart des textes sont intéressants mais mal, très mal, mis en valeur.
Effectivement, le chant gâche l'écoute de la plupart des titres. Fred ne semble pas encore avoir trouvé sa voix (sans mauvais jeu de mot), il tente à chaque titre une nouvelle façon de chanter, allant de la voix fluette aux hurlements très loin d'un Bertrand Cantat, la voix ne trouve pas sa place et est assez désagréable à l'écoute. La voix additionnelle d'Astrid Karoual venant se poser sur deux morceaux ("Drop-dead gorgeous" et "watching you") apporte une composante intéressante à l'ensemble bien qu'un peu éloignée de tout le reste. Les deux morceaux précités ne semblent pas ici à leur place, ils semblent sortis de nul part, d'un autre groupe, d'une autre planète, d'une autre galaxie. Oui, parlons d'autres galaxies. Ce disque semble rempli de sons et d'espoirs extra-terrestres. Les trois mecs de Citadel se promènent tranquillement et un vaisseau s'écrase à côté d'eux, en sort Astrid qui vient chanter avec eux. Pourquoi pas.

Bref, toutes ces âneries pour dire que cette présence féminine, bien que belle, semble incohérente. La même incohérence que la présence bâclée d'une voix sur des instrumentaux aussi classes. La même incohérence qui fait qu'on puisse adorer un disque aussi bien qu'on le déteste. Voilà ce qu'est Pluies Acides, une incohérence qu'on aimerait se voir transformée en délice en travaillant là où ça ne va pas.

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- Frédéric Martin-bouyer (guitares, chant lead)
- Michael Galand (batterie)
- Julien 'flash' Zordan (basse)
- Astrid Karoual (chant lead)


1. Les Errants
2. Ether
3. Drop-dead Gorgeous
4. Dna
5. Watching You
6. Ancient Smiles
7. Les Hordes
8. B.lutins
9. Invaders
10. Doorway
11. Clouds



             



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