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- Membre : The Hotrats

SUPERGRASS - In It For The Money (1997)
Par A.T.N. le 8 Mai 2007          Consultée 3671 fois

Elève SUPERGRASS, approchez. Et arrêtez avec ces airs désinvoltes de joyeux surdoués, aujourd'hui ça n'impressionnera personne. OK, votre premier album, I Should Coco, a fait un joli boucan. Cette énergie qui rigole, ce power trio qui déménage tout en gardant une nonchalance insolente, cette maîtrise du break, ça nous a mis par terre. Mais vous le savez, l'épreuve du deuxième album est la plus difficile, il s'agit de confirmer, de passer au niveau supérieur, d'en rajouter une couche sans perdre la foi originelle. Combien de groupes se sont mangés les dents sur cet écueil ? Combien se sont dégonflés comme des baudruches, ramollis par le fric, la gloire soudaine, les concerts qui tournent tous seuls ?

Donc cessez de faire les malins, on va l'écouter, votre deuxième album.

Bon, déjà, la pochette. In It for the Money avec les membres du groupe grimés en clochards, ha ha, ouais, cynisme gentillet. Sympa. Pour votre info, ZAPPA l'avait déjà fait avec les MOTHERS en 1968. Enfin, on passera l'éponge, car comme référence, on peut faire bien pire, ça dénote une petite culture musicale.

Play.

"In It for the Money", vous attaquez par le morceau-titre. Aaaah, gros orgue Hammond des familles, j'adore ce son ! Et cette guitare inquiétante qui place des arpèges mineurs, la batterie qui fait monter la sauce, une voix de révolte, vite accompagnée d'une deuxième... J'avoue, ça frappe fort. Les choeurs qui annoncent qu'ils y sont for the money et l'ensemble passe la surmultipliée, c'est de la bombe. Ah, et ces cuivres à la "Magical Mystery Tour", vous seriez pas d'Oxford, les gars, par hasard ? Il n'y a qu'outre-manche qu'on fait sonner les cuivres dans le rock comme ça. Je ne sais pas ce que réserve la suite de la galette, mais vous m'en carrez une surface avec cette entame. L’esprit du premier album est toujours là, une pincée de complexité et de maturité (le mot est lâché… je m’étais promis de l’éviter) en plus.

"Richard III", c'est ma mort que vous voulez ! Un riff pareil, aussi lourd, gras, avec ce roulement de toms dans le fond, puis cette attaque de basse comme des coups dans le bide, c'est une histoire à se jeter contre les murs, et à mon âge c'est dangereux. Quelle pêche ! Je n'avais pas entendu un single aussi fort depuis des lustres. Ce clavier à la Ondes Martenot pendant que la basse continue son harcèlement auditif, suivies par ce solo à la wah-wah bien concis, sans fioritures, c'est du grand rock. Le tout en 3 minutes, chapeau.

"Tonight", on retrouve les ingrédients du premier album, du Supergrass classique, réussi - mais forcément après les deux premiers titres on redescend un peu.

"Late in the Day", et voilà, une flèche de plus à votre carquois, la bonne ballade pop bien rythmée, un peu triste mais avec ce fond de rébellion, et Danny qui continue de construire sa légende à la batterie en jeune Keith MOON, ceux qui tapent beaucoup et souvent et fort et bien, mais sans surcharger. Impec.

"G-Song" est un peu moins bien que la précédente, forcément, mais on y trouve un piano bastringue, une orchestration qui continue de montrer votre ambition de ne pas être un groupe de british rock de plus, que derrières les bonnes bouilles juvéniles, il y a des musiciens qui en ont dans la caisse de résonnance.

"Sun Hits The Sky" démarre à la classique, c'est bien ficelé, on dodeline de la cafetière, on percute du pied, on est dedans. Mais ce refrain, tudieu ! La ligne de basse qui ne bouge pas pendant que les accords s'étendent en réverbération, les deux voix en contrepoint, harmoniquement c'est génial. Sentiment d'apocalypse mélangé au bonheur procuré par la rythmique bien lourde, et ce final au galop parcouru par une basse hypnotisante... et dire que vous trouvez le moyen de caser un solo de clavier de dessin animé au milieu. Excellent.

"Going Out" apporte la légèreté dont on a besoin après un ouragan pareil, belle présence de l'orgue encore une fois, et bingo pour les voix derechef - qui, elles, ne sont pas si légères que ça. Fallait le faire.

"It's Not Me", toute en guitares, est une belle aire de repos au milieu de l'album. Il était nécessaire, ce titre sans section rythmique. Je soupçonne fortement de l'open tuning sur la guitare car ces accords sonnent particulièrement bien. Oui, vous pouvez sourire, il s'annonce comme une réussite ce rejeton.

"Cheapskate", aussi dans la veine du premier album, est nickel. Riff archi simple, mais avec la supergrass touch : ça balance, ça rayonne, et mélodiquement c'est made in Britain - le pied.

"You can see me" fait partie des (rares) titres un peu faibles de ce cocktail vitaminé. Comme j’aime votre habillage sonore, vous avez de la chance (choeurs et claviers bien couillus, on évite l'écueil pop molle FM), mais dans ce rayon vous avez fait bien mieux ailleurs.

"Hollow Little Reign" étale encore un peu de classe sur le disque, un piano-bar accompagné à la wah-wah (solo sympa au passage), loin d'être inoubliable mais elle finit bien l'album... enfin, presque car il reste...

"Sometimes I make you sad", et son gros rythme lourd qui imite un gros "houmph" viril. Une curiosité. J'hésite à trouver ce morceau génial, je pense que la première écoute passée ce n'est pas le titre qu'on a envie de se coller dans les oreilles régulièrement. Un bémol, donc, sur ce final.

Allez, vous saviez qu'avec les 6 premiers titres rien ne pouvait vous arriver à cet examen - passé haut la main bien entendu. In It for the Money' est supérieur à votre premier boulot, sans aucun doute. Plus court, plus mûr, plus élaboré. Mais je préfère vous donner 4 étoiles afin de ne pas vous donner la grosse tête (même si vous l'avez forcément un peu depuis que SPIELBERG vous a encensés, ce qui n'est pas si étonnant quand on connaît le grand enfant qu'il est resté). Vous êtes conscients que la deuxième partie de l'opus comporte des faiblesses et des facilités. Vous pouvez encore mieux que ça. Merci pour la grosse patate que vous me donnez à chaque découverte et bon courage pour le troisième !

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   A.T.N.

 
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- Gaz Coombes - Chant, Guitares
- Mick Quinn - Basses
- Danny Goffey - Batterie
- + Rob Coombes - Claviers


1. In It For The Money
2. Richard Iii
3. Tonight
4. Late In The Day
5. G-song
6. Sun Hits The Sky
7. Going Out
8. It's Not Me
9. Cheapskate
10. You Can See Me
11. Hollow Little Reign
12. Sometimes I Make You Sad



             



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