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2020 Y
 

- Style : Mumford & Sons, Of Monsters And Men

The YOKEL - Y (2020)
Par GEGERS le 12 Octobre 2020          Consultée 576 fois

La France était passée à côté du phénomène MUMFORD & SONS qui, au crépuscule des années 2000, avait redonné du rouge aux joues d’une scène folk en quête de renouveau. Couronné par un succès considérable, le groupe britannique avait vu tout un tas de jeunes pousses tenter leur chance dans son sillage, les greffes les plus prometteuses portant le nom THE LUMINEERS ou OF MONSTERS AND MEN, dont les réalisations successives ont rencontré cette fois un accueil plus enthousiaste de la part d’un pays qui peine à célébrer le folk.

THE YOKEL, qui a déjà quelques années d’existence dans sa besace et un album sous le bras, fait partie de ces groupes dont la filiation avec les MUMFORD & SONS est évidente, même si elle n’est pas revendiquée. Nous pourrions parler de folk "roots", terme à la mode dans cette époque où, musicalement, tout ce qui renvoie au passé et au "revival" de quelque mouvement un tant soit peu intéressant est élevé au rang de vertu. Nous préfèrerons utiliser le terme de folk "épidermique", car la musique telle que pratiquée par THE YOKEL provoque d’intéressants effets sur le corps humain : fourmis dans les jambes, frissons sur les bras et arythmie cardiaque. Le curseur frénétique, basculant perpétuellement entre la joie et la tristesse, entre intimisme et grandiloquence, Y (prononcez Why), est un album qui marque, qui séduit et qui chamboule nos quotidiens étriqués.

Il y a de la chaleur, beaucoup, sur ce deuxième album qui dégage d’emblée une impression de bien-être et d’accomplissement. "Sublime", qui ouvre Y, met le cadre en place. Ce banjo sautillant, ces cuivres imposants, et ses harmonies vocales qui permettent une mise en valeur collective des talents. Lorsqu’on est 8 comme THE YOKEL, la notion d’ensemble devient prédominante, et les individualités s’effacent derrière des morceaux foisonnants d’idées.

Quelques envolées de chant en solo, rares, donnent un sentiment de mélancolie. Il en va ainsi pour "The Devil’s Choice", ballade folk qui, tant au niveau de la voix lead que de l’utilisation de chœurs éthérés, rappellent l’univers de Ryan BINGHAM. Une chanson d’une beauté insondable, un qualificatif qui sied tout autant à "Dead Ends", une autre ballade tout autant mélancolique, mais dont les atours se font différents (chant lead féminin, ajout d’une section à cordes frottées). "Vittorio" pousse encore plus loin le dénuement, se contenant d’une voix, d’un banjo et d’un violon pour provoquer une émotion bluffante et s’imposer paradoxalement comme un des morceaux les plus puissants de l’album. Voici qui, après le plus enjoué "Morgon Peak", ode au voyage et aux rencontres, apologies d’une vie construite autour de bonheurs simples, a le mérite de montrer, sans faux-semblants, toutes les facettes de l’identité musicale de THE YOKEL.

Un petit côté MOUNTAIN MEN sur certains morceaux aux influences plus blues / bluegrass ("The grave can wait", "Headbang and Shake"), voire un petit côté country (le sautillant "Departure") viennent compléter le tableau et cet album bariolé et envoûtant, qui s’achève sur "Y", dont la douceur et l’harmonie se font apaisantes. La somme des talents qui composent THE YOKEL est à l’image de cet album : plusieurs identités fortes savent se fondre au service d’une musique qui voit plus loin que cette simple référence à MUMFORD & SONS qu’il serait facile de lui étiqueter. Il y a du DYLAN et du punk-folk sur cette galette d’une richesse éblouissante. Décidément, le folk made in France a trouvé une bien belle vitrine !

4,5/5

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   GEGERS

 
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- Lucile Hentz (chant, mandoline)
- Thibaut Sibella (chant, guitare)
- Geoffrey Duthilleul (contrebasse, choeur)
- Damien Golini (banjo)
- Brice Jacquin (batterie)
- Aziliz Massot (violon)
- Axeiie Colombo (violon)
- Denis Zielinski (trompette)
- Eléonore Zielinski (trompette, violoncelle)


1. Sublime
2. No & Me
3. Morgon Peak
4. The Devil's Choice
5. Dead Ends
6. Deep Down
7. Departure
8. The Grave Can Wait
9. Vittorio
10. Come On Y'all !
11. Headbang And Shake
12. Y



             



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