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TOPOGRAPHIES - Ideal Form (2020)
Par RICHARD le 26 Décembre 2020          Consultée 137 fois

Est-ce que le talent musical est héréditaire ? Pour un Jeff BUCKLEY qui a marqué avec intensité son temps, combien de Lulu GAINSBOURG somme toute plus discret, pour rester diplomate. Cette question vient forcément à l'esprit lorsqu'on se penche sur Ideal Form, le tout premier album de TOPOGRAPHIES. En effet, ce trio qui a vu le jour en 2018 est emmené par Gray Tolhurst le fils de Laurence. Ce nom ne vous dira sans doute pas grand- chose, mais Laurence n'est ni plus ni moins que l'un des membres fondateurs des CURE. Il a croisé le chemin de Robert SMITH alors qu'ils avaient chacun à peine six ans et cette amitié a donné naissance à l'un des groupes les plus intéressants de la pop musique anglaise. Batteur, puis claviériste du combo culte, Laurence a vu cette entente quasi fraternelle se briser dans l'amertume et les vapeurs d'alcool en 1989 pour se reconstruire patiemment, le temps cicatrisant lentement mais sûrement les plaies.

Dans "Cured ", son intéressante autobiographie, Laurence évoque entre autres son exil américain, la naissance de Gray et tout l'amour qui lui est porté. Il sera bien difficile dès lors à l'écoute de ces huit titres de ne pas faire d'incessants allers et retours entre la sphère du fiston moustachu et celle du papa. Du label qui se nomme Funeral Party Records comme un titre des CURE de 1981 au style développé par ce tout jeune trio, l'ombre bienveillante de Laurence le paternel semble envelopper tout ce beau petit monde. TOPOGRAPHIES, c'est donc Gray, un Anglais qui vit à San Francisco, Jérémie Rüest un Français et Justin Oronos, un Américain qui se sont réunis pour exposer depuis trois ans une pop froide, celle qui dans l'underground sombre a le vent en poupe pour cause de faveurs prononcées des amoureux de cette scène.

Les choses pour ainsi dire s'étaient présentées sous les meilleurs auspices avec "Rose Of Sharon" le single éclaireur paru il y a deux-trois mois. Dès les initiales notes aériennes de guitare, l'auditeur se retrouvait à Manchester en 1985 comme si les CHAMELEONS étaient plantés devant lui. Les premières secondes sont parfois les bonnes et la cause d'un attrait instantané. Ce fut mon cas. La voix classiquement en retrait, les claviers aux sonorités mélancoliques et la basse ronde noyée sous des tonnes de reverb' complétaient judicieusement le tout. Ceci ne pouvait mettre qu'en appétit. L'impression première plutôt bonne est vite confirmée par quelques instants savoureux, oui mais seulement quelques. C'est tout le problème. Il en va ainsi encore du très froidement pop et réussi "See You as You Fall" qui sent bon la Touching Pop et plus particulièrement celle d'ASYLUM PARTY que Gray évoque comme influence. Il aurait bien du mal à la dissimuler d'ailleurs.

A ce stade, vous vous dites que deux titres sur huit, ceci n'est guère engageant. Allez, comme c'est quasiment la nouvelle année et comme dirait Jean-Marc, je suis généreux. Je rajoute donc le typé cold wave "This Evening Also" qui se démarque par ce jeu de guitare que ne renierait pas le petit Robert et un tempo impulsé par ces boîtes à rythmes frénétiques. Au final et après moult écoutes, le reste d'Ideal Form ne présente pas assurément cette même attractivité. La faute à une trop grande homogénéité qui génère à la longue une forme d'ennui. Lorsque je parlais tout à l'heure de la difficulté de dissocier les notes du père et du fils, c'est parce qu'à certains moments, on a la nette impression d'entendre les CURE. Ecoutez plutôt les brumeux claviers qui introduisent "False Desire", ils ressemblent à s'y méprendre à ceux de l'époque Faith (1981) de son papa. Dans l'absolu, on ne peut blâmer ces similitudes, tant de groupes s'inspirant des CURE, mais s'en écarter aurait été sans doute plus intéressant, encore plus pour Gray. Rebelote avec le plus énergique "Lonely Figure" et ses mornes claviers qui aurait pu être joué sur la piste de la Batcave londonienne en 1984. Ce n'est pas foncièrement mauvais ou désagréable en soi, mais il manque juste la petite étincelle qui ferait la différence pour que cet album ne soit pas un quasi produit de consommation en somme.

Ideal Form ne marquera donc sans doute pas l'histoire de la musique froide. Je soupçonne même une certaine indulgence concernant TOPOGRAPHIES pour cause de présence de qui vous savez et de premier album. On a au final une galette tout juste moyenne sauvée par quelques morceaux à l'identité plus affirmée. Le remède à la morosité ambiante sera sans doute pour la prochaine fois.

Note réelle: 2,5/5

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   RICHARD

 
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- Gray Tolhurst (chant,guitare)
- Jérémie Rüest (guitare,claviers)
- Justin Oronos (basse,claviers)


1. Mirror
2. False Desire
3. This Evening Also
4. Image
5. See You As You Fall
6. Lonely Figure
7. Rose Of Sharon
8. A Wine Dark Sea



             



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