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The CURE - Join The Dots (2004)
Par RICHARD le 2 Novembre 2021          Consultée 784 fois

Join The Dots ou comment relier les points d'une carrière qui s'est avérée le plus souvent passionnante. Ceci aurait pu bêtement s'apparenter au jeu logique apprécié des enfants mais avec les CURE, cette évidence frôlerait assurément l'indécence. Les lignes droites et faciles seront donc pour la fin de l'histoire, celle qui sera indubitablement moins excitante. Sinon, avant, aux premiers souffles, les courbes étaient surprenantes, stimulantes, révélatrices d'une créativité, en ces temps ancestraux, superbement foisonnante.
Lorsque cette compilation est sortie au début de l'année 2004, Robert Smith et ses compères étaient plus ou moins en pré-retraite. Le dernier album Bloodflowers remontait à 2000 et les seuls signes de vie furent ensuite des compilations tiroir-caisse. Autant dire que la surprise fut agréable, encore plus lorsqu'on connaissait le goût du sosie officiel d'Elisabeth TAYLOR de proposer des faces B souvent plus intéressantes que les faces A des singles en question.

Cette généreuse compilation se présente donc sous la forme d'un sobre coffret de quatre disques avec la photo iconique de 1986. Il est agrémenté d'un livret, avec diverses photographies du groupe, dans lequel le leader en quelques mots expose pour chaque morceau anecdote et processus créatif. De création artistique, il en est question avec Join The Dots. Enfin surtout avec le premier disque couvrant la période 1978-1987. Par la suite, ne subsistent ici et là, malheureusement, que de beaux soubresauts. Ce n'est pas que le fan qui vous parle mais les dix premières années sont objectivement renversantes. A travers ces 22 titres, c'est toute l'originalité des Anglais qui transpire. Celle qui fait que CURE ne ressemblera jamais à personne d'autre. Si l'évocation d'un disque par l'ordre d'apparition des titres n'est pas toujours pertinente, elle s'avère toutefois idéale cette fois-ci, appliquée à cette compilation. Elle entrouvre ainsi, sans doute un peu, la porte d’accès à la pensée de Fat Bob.

Les CURE ne craignent pas le grand écart stylistique et c'est ce qui les rend si précieux. Sinon, comment justifier l'éventail de couleurs et d'émotions proposées ? Smith dès le début de son histoire a insufflé à son post-punk chaud une qualité mélodique qui doit pas mal aux BUZZCOCKS ("Plastic Passion"). Rapide compagnon de route de la sensuelle SIOUXSIE qu'on retrouve dans les chœurs de l'étrange "I'm Cold", le jeune banlieusard opte dès 1980 pour des ambiances plus contemplatives. A l'image de l'instrumental "Another Journey By Train", il tisse un délicat cocon protecteur qui s’avère efficace contre les assauts répétés du monde. Ces derniers deviennent incontestablement la source d'inspiration de ces temps chaotiques comme le soulignent les superbes et anxiogènes "Splintered In Her Head" et "Lament". Ils ont tout d'une descente vertigineuse dans le mal-être et la souffrance de Smith. On suffoque avec lui, on perd pied avec lui. La rythmique est intraitable et ces guitares qui vous percent les tympans. C'en est sans doute trop pour sa santé mentale. Pour essayer de se sauver et nous avec, l'Anglais prend alors la tangente et accoste sur des plages qui érigent le synthétique festif comme nouveau son.

Si cette nouvelle direction fait perdre aux CURE leurs légions de corbeaux taciturnes, ils y gagnent des fans plus ouverts à l'explosion de couleurs acides. La période 1983-1984, particulièrement friande de produits illicites, permet la création d'ambiances totalement perchées. Smith, musicalement et vocalement à l'aise, expose alors des pop songs sucrées sans queue ni tête à l'instar du jazzy et bancal "Speak My Language" ou de l'excellent sous LSD "Happy The Man". Ces titres prouvent encore une fois avec talent que les Anglais ne touchent plus du tout le sol. En moins de 24 mois, les CURE passent sans effort d'ode à la souffrance à un hédonisme contagieux. Laissant de côté un minimalisme sonore à l’ascétisme gris et avoué ("Descent"), le groupe opte dès lors aussi bien pour un énorme son bubble-gum boursouflé ("A Man Inside My Mouth") que pour une pop sombre quatre étoiles comme nous l'expose avec fougue le classique "The Exploding Boy". Le grand écart effectué durant cette décennie est tout simplement fantastique et le pantalon des Anglais pour l'instant ne craque même pas !

C'est ensuite que les choses se gâtent un peu. Non pas que les faces B suivantes soient nécessairement mauvaises mais elles ne contiennent plus à l'évidence la même folie créatrice. Le deuxième disque 1987-1992 se révèle bien plus monochrome. L'excitation s'estompe et laisse peu de place aux surprises. La part belle est faite aux claviers qui sonnent vraiment cheap. Le malaise est parfois palpable comme avec l'indigeste "A Japanese Dream". Et Robert, que se passe-t-il ? On se retrouve donc ici nez à nez avec la quintessence de la new-wave dans ce qu'elle a de plus désagréable. D'autres titres guimauves qui collent aux gencives comme "Breath" ou "To The Sky" sont heureusement sauvés par la voix de Smith qui, bien que toujours adolescente, n'en demeure pas moins bien émouvante. Pourtant, lorsque le combo de Crawley les utilise avec subtilité, ils soulignent avec délicatesse son esprit pop et attachant que ce soit à travers la douceur de l'émouvant "2 Late" ou la complexité sombre de "Fear of Ghosts". Le quintet perdant quelque peu en ces années son mojo, il ne faut pas dès lors s'étonner de retrouver une reprise ratée de "Hello, I Love You" des DOORS ou des remixes de leurs classiques sans l'once d'un quelconque intérêt.

Le troisième disque 1992-1996 offre heureusement un salvateur rebond artistique. Les faces B des singles extraits de l'album Wish sont parmi les meilleures. Les CURE avec le superbe "This Twilight Garden" ou le joliment maussade "The Big Hand" rappellent à ceux qui l'auraient encore oublié (honte à eux) que les guitares aux arpèges rêveurs constituent une partie de leur âme. Smith déroule son fil d'Ariane émotionnel avec élégance. S'il ne craint pas parfois le glucose, à l'exemple de la sérénade pop "Halo" passée souvent avec la bague au doigt aux mariages aux États-Unis, il revient le plus souvent à ses premières amours, et elles sont noires. Comme les ailes du corbeau de "Burn" qui apparaît dans The Crow, le film. Les Anglais sans caricature atteignent ici un sommet envoûtant de noirceur gothique. Smith et sa bande sont dorénavant dans cette posture. A la fois capables du meilleur comme du pire. Dans cette dernière catégorie, je demande la pénible (encore une fois) reprise de "Young Americans" de BOWIE ou l'immonde tentative atmosphérique "Dredd Song" que l'on retrouve en B.O cette fois-ci de Judge Dredd. Dans celle des titres ayant encore de la consistance et de la moelle, la pop léchée d'"Ocean" et "Adonais" fait espérer de belles choses pour l'avenir. Malheureusement, ces dernières n'arrivent pas puisque rien ne peut être dignement sauvé du quatrième et dernier disque.

Voilà, les points sont enfin reliés. Join The Dots est donc une compilation à l'intérêt fluctuant avec un départ tonitruant, un léger essoufflement à mi-parcours et une envie de reprendre un rythme plus soutenu qui n'empêche pas pour autant la chute. Ce coffret n'en demeure pas moins une belle introduction, certes inégale, à l'un des univers les plus singuliers de la pop.

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   RICHARD

 
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1. 10:15 Saturday Night
2. Plastic Passion
3. Pillbox Tales
4. Do The Hansa
5. I'm Cold
6. Another Journey By Train
7. Descent
8. Splintered In Her Head
9. Lament (flexipop Version)
10. Just One Kiss
11. The Dream
12. The Upstairs Room
13. Lament
14. Speak My Language
15. Mr. Pink Eyes
16. Happy The Man
17. Throw Your Foot
18. New Day
19. The Exploding Boy
20. A Few Hours After This…
21. A Man Inside My Mouth
22. Stop Dead

1. A Japanese Dream
2. Breathe
3. A Chain Of Flowers
4. Snow In Summer
5. Sugar Girl
6. Icing Sugar
7. Hey You!!! (12' Extended Remix)
8. How Beautiful You Are
9. To The Sky
10. Babble
11. Out Of Mind
12. 2 Late
13. Fear Of Ghosts
14. Hello I Love You (psychedelic Mix)
15. Hello I Love You
16. Hello I Love You (slight Return Mix)
17. Harold And Joe
18. Just Like Heaven (dizzy Mix)

1. This Twilight Garden
2. Play
3. Halo
4. Scared As You
5. The Big Hand
6. A Foolish Arrangement
7. Doing The Unstuck (12' Version)
8. Purple Haze (virgin Radio Version)
9. Purple Haze
10. Burn
11. Young Americans
12. Dredd Song
13. It Used To Be Me
14. Ocean
15. Adonais

1. Home
2. Waiting
3. A Pink Dream
4. This Is A Lie (ambient Mix)
5. Wrong Number (p2p Mix)
6. More Than This
7. World In My Eyes
8. Possession
9. Out Of This World (oakenfold Mix)
10. Maybe Someday (acoustic Mix)
11. Coming Up
12. Signal To Noise (acoustic Mix)
13. Signal To Noise
14. Just Say Yes (curve Mix)
15. A Forest (mark Plati Mix)



             



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