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IRON MAIDEN - Fear Of The Dark (1992)
Par CHIPSTOUILLE le 14 Janvier 2022          Consultée 631 fois

Nous avons bien du mal, dans la langue de Barjavel, à trouver une traduction toujours appropriée au 'dark' anglo-saxon. A la fois nom commun et adjectif, rien ne semble réellement correspondre : Sombre ? Obscure/ité ? Pénombre ? On manque d’un mot monosyllabique (ou approchant) pour traduire ce que l’on ne considère en français que comme une nuance. 'Dark' a quelque chose d’incisif, de tranchant comme un poignard (dirk). Un tranchant que nos traductions usuelles faites de consonnes fricatives ne parviennent pas à retranscrire. Même 'noir', que l’on utilise parfois abusivement (matière noire pour dark matter) manque d’occlusives pour porter son coup déterminant.

La peur du 'dark', ce n’est donc pas tout à fait la peur du noir. Dans la pénombre, on distingue encore les ombres. On les interprète d’ailleurs, souvent mal. Il faut donc y associer la peur de se tromper, la peur de nos interprétations. La pénombre, c’est aussi ce qui précède le noir complet. Fear of the Dark est aussi la peur de disparaître. Est-ce bien Eddie, d’ailleurs, qui apparaît encore sur cette pochette qui n’est plus signée par Dereck Riggs ? IRON MAIDEN aurait-il peur des mauvaises interprétations et de disparaître comme sa mascotte ?

Triple salto (très) périlleux arrière pour IRON MAIDEN en effet, après le loupé de No Prayer For the Dying. Jusqu’au dernier morceau de ce 9ème album, on se demande d’ailleurs bien quel groupe nous sommes en train d’écouter. "Fear of the Dark", le titre, reprend l’excellente formule de "Hallowed Be Thy Name" avec un mid-tempo sombre, qui accélère en fin de parcours pour notre plus grand plaisir. L’album et le titre éponyme sont la preuve par trois qu’aucun départ au sein d’IRON MAIDEN n’explique vraiment la perte de vitesse qu’ils sont alors en train de traverser. Le titre est malheureusement le seul à se hisser véritablement au niveau des pépites qui ont fait briller le groupe durant la décennie précédente.

Ce qui ne signifie pas que Fear of the Dark manque par ailleurs d’excellence. "Afraid to Shoot Strangers" prend le contrepied des fondations du Rock en marchant sur trois temps. Steve Harris faisant le constat qu’il n’était plus capable de faire du rentre-dedans, a donc fait différent, et c’est magnifique. D’autant plus que le message porté est fort. L’adolescent a grandi ("Childhood’s End" est également une réussite), rien à voir avec la tambouille historico-série-télé-fantasy des débuts. Mais le morceau tend à roupiller. 2’44 pour sortir de l’arpège introductif, 3’44 pour entendre une guitare commencer à crachouiller : "Afraid to Shoot Strangers" prend copieusement son temps. Au sein d’un album toujours sans réelle direction, elle le sublime. Mais le titre, émouvant plus que tranchant, annonce clairement le problème qui va gangrener le reste de la carrière du groupe.

Une écoute distraite pourrait nous laisser croire que Fear of the Dark est l’album à se procurer une fois que l’on a exploré les 7 grands classiques. Mais le problème est ici diamétralement opposé à ce que l’on reproche au groupe depuis l’année 1998. A l’exception du titre éponyme, IRON MAIDEN est ici méconnaissable. Comme avec les guitares claviers en 1986 et la complexification de la fin des années 80, le groupe a souhaité se mettre à l’air du temps. Loin de l’influence du Grunge, nous sommes ici en pleine vague Hard-Rock. En 1992, les GUNS‘N ROSES et METALLICA règnent tous deux en maîtres du monde. Les premiers ont tiré leur épingle du jeu, on ne sait trop comment, mais avec brio. Les seconds sont en train de rafler la mise en virant de bord. METALLICA peaufine désormais un Heavy Metal parfois thrashisant, mais surtout mâtiné de Hard. AC/DC de même vient d’opérer un improbable retour en grâce. C’est bien le Hard-Rock des années 70 qui, face au Grunge et au Rock alternatif, retrouve la côte en ce début de décennie. Fear of the Dark est l’essai mi-fugue mi-raison d’IRON MAIDEN pour tenter de prendre la vague avant qu’elle ne s’estompe.

Pour compenser sa crise de mégalomanie, Steve Harris toujours crédité ici sur 7 morceaux, a donc laissé les autres s’exprimer davantage. Ce compromis foireux nous fait passer des 40 à 45 minutes habituelles à 58. Janick Gers, Dave Murray et Bruce Dickinson ont tous des aspirations Hard-Rock. Impossible d’écouter cet album correct sans avoir l’impression persistante d’écouter les GUNS'N ROSES ("From Here to Eternity", "The Fugitive") ou AC/DC ("The Apparition", "Weekend Warrior"). Ma piètre connaissance des classiques du genre m’empêche de pointer clairement du doigt d’autres "hommages" à AEROSMITH et aux autres. On a bien un peu de basse tagada par-ci par-là pour encore nous faire croire que c’est bien du IRON MAIDEN (et sur quelques accélérations bienvenues, c’en est, incontestablement). Mais plus personne n’a vraiment envie de jouer du Heavy Metal par ici. Reste de jolies choses, en particulier un "Be Quick or Be Dead" incisif. Mais l’album faute définitivement par excès de peu.

Quand la majorité copie sur les voisins, on ne sait donc pas plus où l’on va. Le monstre qui figure sur la (magnifique) pochette de cet album, qui ne ressemble plus tout à fait à ce qu’il a été, est en train de se faire absorber par son arbre généalogique. Comme si IRON MAIDEN était en train de devenir un groupe parmi les autres ? Ras le bol de faire du tagada tagada ? A l’évidence oui, et l’album suivant ne fera que confirmer la tendance. Pour le moment, tout le monde se cherche dans l’ombre du Black Album et les illusions des GUNS, et plus personne ne s’y retrouve. Pensaient-ils réellement concurrencer "Still Loving You", "Dream On", "Nothing Else Matters" ou "November Rain" avec la piètre "Wasting Love" ? Bruce Dickinson va même finir par quitter le navire, scellant l’ambiance moribonde au sein du groupe. Ya plus de gaz, ça traîne en longueur et en plus, on n’y voit plus rien. Sale temps pour la vierge de fer. Mais comme diraient les Bretons pour se consoler, il fait beau plusieurs fois par jour.

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Et à la fin, il meurt. Au début aussi, d'ailleurs.


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   CHIPSTOUILLE

 
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- Steve Harris (guitare basse)
- Bruce Dickinson (chant)
- Dave Murray (guitare électrique)
- Nicko Mcbrain (batterie)
- Janick Gers (guitare électrique)


1. Be Quick Or Be Dead
2. From Here To Eternity
3. Afraid To Shoot Strangers
4. Fear Is The Key
5. Childhood's End
6. Wasting Love
7. The Fugitive
8. Chains Of Misery
9. The Apparition
10. Judas Be My Guide
11. Weekend Warrior
12. Fear Of The Dark



             



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