Recherche avancée       Liste groupes



      
HEAVY METAL  |  STUDIO

Commentaires (6)
L' auteur
Acheter Cet Album
 


 

1980 Iron Maiden
1981 Killers
1982 The Number Of The Bea...
  The Number Of The Beast
1983 Piece Of Mind
1984 Powerslave
1985 Live After Death
1986 Somewhere In Time
1988 Seventh Son Of A Seve...
1990 The First Ten Years #1
  The First Ten Years #2
  The First Ten Years #3
  The First Ten Years #4
  The First Ten Years #5
  The First Ten Years #6
  The First Ten Years #7
  The First Ten Years #8
  The First Ten Years #9
  The First Ten Years #10
  No Prayer For The Dyi...
1992 Fear Of The Dark
1993 A Real Live Dead One
  Live At Donington
1994 Raising Hell
1995 The X-factor
1996 Virus
  Best Of The Beast
1997 A Tribute To The Best Ba...
1998 Virtual Xi
1999 Ed Hunter
  Transilvania 666
2000 Brave New World
2002 Rock In Rio
  Rock In Rio
  A Tribute To The Beast
  Edward The Great
  Eddie's Archive
2003 Visions Of The Beast
  Slave To The Power (the ...
  Wildest Dreams
  Wildest Dreams - Dvd Sin...
  Dance Of Death
2004 No More Lies Dance Of De...
  The Early Days
2005 The Number Of The Beast
  The Trooper
  Death On The Road
  Death On The Road
  The Piano Tribute To Iro...
2006 The Reincarnation Of Ben...
  A Matter Of Life And ...
  The Hand Of Doom Orchest...
2008 Live After Death
  Maiden Heaven
  Somewhere Back In Time -...
2009 Flight 666 The Film
2010 El Dorado
  The Final Frontier
2011 From Fear To Eternity
2012 En Vivo!
  En Vivo!
2013 Maiden England '88
  Maiden England '88
2015 The Book Of Souls
2016 L'odyssée De La Bête
2017 The Book Of Souls - Live...
2020 Nights Of The Dead, Lega...
2021 L'héritage De La Bête
  Senjutsu
 

- Style : Saxon
- Membre : Ian Gillan , Trust, Smith/kotzen
 

 Site Officiel (596)

IRON MAIDEN - Brave New World (2000)
Par CHIPSTOUILLE le 23 Janvier 2022          Consultée 893 fois

Mai 2000. Devant l’enthousiasme général, je cours m’acheter Brave New World. Je l’écoute une bonne dizaine de fois d’affilée et, dans la foulée, me fais plaquer. Une sale rupture, je n’ai rien vu venir. Je me suis senti vide, comme si je n’étais fait que d’osier. Entre son divorce et un groupe qui n’était plus que l’ombre de lui-même, je présume que Steve Harris aussi. A 40 ans passés, maintenant que j’y suis, je sais. On fait le bilan de sa vie. Comme il n’était plus que le fantôme du navigateur qu’il avait été, il s’est ressaisi. Devant-lui, un nouveau monde restait à braver, celui de la deuxième partie de sa vie.

Brave New World est donc l’album du renouveau, des retrouvailles et de l’enthousiasme, fini les conneries. On a organisé un barbecue, réuni tous les vieux copains et fait un joli sourire pour la photo. Pour les 10 ans d’embrouilles, on a fait comme si de rien n’était. Oui, ça sent le compromis. Toutes ces années passées sur la scène, ça vous change, ça fait de vous des frères de sang. On a donc ressuscité IRON MAIDEN et mis tous les projets solos de côté, au moins pour le moment. Côté Adrian Smith, de toutes façons, ça a foiré. Côté Bruce Dickinson, bilan mitigé ?

Steve Harris n’avait pas le cœur à virer qui que ce soit, même histoire que chez bien d’autres groupes qui finissent par se stabiliser pour de bon. Avec l’âge, on met de l’eau dans son vin. Du coup, avec deux chanteurs, il s’est retrouvé comme un con et a dû virer ce mercenaire de Blaze Bailey. Depuis ce fâcheux incident, Blaze s’acharne sur la carcasse de deux piètres albums qui resteront à jamais, malgré lui, le sommet de sa carrière. Quant à Janick Gers, comme il n’y avait pas besoin de le virer, on a donc fait un compromis.

Donc Brave New World, ça sent le compromis, sur présentation Powerpoint en plus. Regardez bien la pochette : vue hautaine d’un Londres futuriste, dominé par le logo d’IRON MAIDEN et sa mascotte. Ce point de vue, ce rêve d’immeuble aux fenêtres miroitantes, c’est celui d’un PDG. Qui a eu envie d’écouter IRON MAIDEN en voyant ça ? On est loin du combat Metal contre Punk qui se réglait à coup de hache par pochettes interposées. Sur Brave New World, on a fait ça dans des tons bleu indigo, histoire de rassurer le chaland. Faites-moi confiance, nous dit Eddie dans les cieux avec son sourire carnassier. Sauf que maintenant, c’est bien huilé, bien marketé. Au bout de 30 ans, on s’est habitué à sa trogne de méchant. C’est bien étudié. Désormais, Maman va pouvoir acheter l’album sans trop s’inquiéter. Eddie était increvable, ils ont fait disparaître le corps sur X-Factor. On en avait eu un avant-goût sur Virtual XI, mais désormais il est intouchable, car il n’est même plus incarné. Son sourire, c’est celui d’un requin de la finance. Attention, ça mord plus fort qu’un pitbull, et ça ne lâche jamais le morceau.

La première fois que j’ai 'vu' IRON MAIDEN, c’était en 1989, sur le T-Shirt de la petite frappe de mon école primaire. Une brute épaisse, genre triple redoublant, qui dépassait tous les CM2 d’une tête. Il m’a fallu 5 ans de plus pour mettre le son sur les images. Mais cette rencontre est restée gravée dans ma mémoire. Je me demande si des gamins, quelque part, ont découvert Eddie et le groupe avec la pochette de Brave New World. Est-ce qu’ils ont ressenti le même effroi mêlé de fascination que moi ? Pourtant, quand j’y réfléchis bien, c’est bien cet album qui a la pochette la plus terrifiante. Le titre ne vous rappelle-t-il pas quelque chose ? Brave New World… New World Order ? Brrr… J’en ai froid dans le dos.

Brave New World, c’est donc une machine à fric, et il y a intérêt que ça gagne. Il n’y a qu’à voir le nombre de produits dérivés, de singles, de compilations, de ressorties dans tous les formats possibles, et d’albums live vendus après cet album. Toutes les excuses ont été bonnes pour faire cracher les billets aux fans les plus téméraires. Dans le livret de Brave New World ? "Eddie Wants You Online", de la pub et une belle référence à l’oncle Sam donc. On en a profité pour repiquer quelques idées ailleurs au passage (1). Ça sent le compromis… mais on sait pourquoi.

Mais ça sent aussi la sueur, parce que les mecs ont bossé. Il fallait redresser la barre, parce que c’était une question de vie ou de mort. Il y a des idées là-dedans, des bonnes en plus, je ne vais pas vous les énumérer. Malgré tout, à chaque écoute, pour chaque titre, la même impression. L’idée que, quelque part, les 6 larrons se sont réunis dans une salle, avec toute une équipe autour d’eux pour 'définir' IRON MAIDEN, afin de trouver la formule qui marche, le bon compromis. On a donc mis tous les égos de côté, mais surtout les ambitions individuelles. Désormais, il y a donc un chef (Harris est crédité partout), un cahier des charges, des cases cochées, du contrôle qualité et un processus de fabrication qui doit répondre à la demande. Tout ça semble désespérément délimité. Alors, on répète les phrases dans les refrains, suffisamment pour que ça rentre dans le crâne facilement, mais pas trop. Mais quand même, on répète, ça a marché sur "Run to the Hills" et "Heaven Can Wait", on a déconné sur Virtual XI, mais ça ne veut pas dire qu’on va se priver.

On fait long, aussi, toujours. Mais pas trop, mais quand même un peu. Sur un plan purement musical, à quoi sert la première moitié de "Dream of Mirrors" ? Un titre lent et long, qui se répète, où Nicko McBrain recouvre tout de sa caisse claire trop mise en avant, pour enfin accélérer à la fin. Mais la décélération finale, c’est le pompon. On a le 'worst of' de The X Factor et Virtual XI en un seul titre. Mais quand on se penche sur le verbe, on y découvre un texte magnifique, qui explique tout : les paradoxes, les doutes, les rêves, le futur qui n’est que le passé. Il y a surtout une phrase qui, avant qu’elle ne soit légèrement modifiée pour être répétée ad nauseam, en dit plus que tout : Please save me from myself (sauvez-moi de moi-même, s’il vous plait). Oui, ça sent le compromis.

Facile de taper sur Brave New World, toutes les excuses sont bonnes. Mais cet album, j’ai autant envie de le détester que de l’aimer. Plus je creuse, plus je l’écoute, et plus mes sentiments divergent. A force, je ne sais même plus quoi en penser. IRON MAIDEN était un ange déchu, il fallait le redresser. Alors plutôt que de continuer à changer de direction comme un nomade, Steve Harris a enfin écouté les reproches, afin de sortir de sa traversée du désert. Sauf qu’il n’y avait que du brouhaha incohérent. Personne ne s’accorde sur ce qui cloche dans les 4 albums précédents (ce n’était pas la faute de Blaze !). Il devait bien y avoir une raison à cette baisse de popularité. Mais derrière le brouhaha, ne restait qu’une planète silencieuse, qui n'achètait plus les disques et ne venait plus aux concerts. Une planète dont ils proviennent et d'où ont émergé les démons de la création.

Avec cette histoire de rupture pas du tout à l’amiable, vous comprendrez que "The Thin Line Between Love & Hate", et surtout son final d’anthologie, a pour moi une saveur bien particulière. Surtout que sa conclusion poignante (quel solo !) est également celle de l’album. A chaque fois que Bruce Dickinson m’avertissait qu’il y avait une ligne ténue entre l’amour et la haine, je redevenais vide, comme un homme d’osier. Dès que le disque s’arrêtait, il ne me restait que le silence éternel des espaces infinis qui m’effraie tout autant que Blaze, Pascal et Steve Harris. Donc je me suis repassé l'album en boucle, histoire de penser à autre chose, histoire de combler le silence. Ce n’était pas très efficace. J’ai quand même insisté. J'ai fini par oublier mon ex, après l'avoir détestée autant que je l'ai aimée. L'album, du coup, pendant longtemps, il m'a été difficile de le réécouter, malgré toutes ses qualités.

Maintenant que tout ceci est bien loin, je me dis que cette rupture n’a été que la résultante d’une absence de compromis. Il y en a de toutes sortes. Ceux que l’on est prêt à faire, et ceux que l’on ne pourra jamais concéder. Elle savait que sur un sujet bien précis, aucun de nous deux ne changerait d’avis. En toute logique, elle a fait le compromis ultime, celui de la rupture, le seul qui nous permettait à tous les deux d’avancer. Dans la vie, pas le choix, il faut se résoudre aux compromis. Vivre dans un monde libéral où les groupes que l’on aime finissent par devenir des entreprises, c’en est un aussi. Steve Harris aussi a dû faire un compromis, un gros. C’était ça ou disparaître. Ça fait quand même un chouette album à la sortie, j’ai l’impression. Brave New World est une œuvre qui parle de compromis, entachée par ceux qu’elle a dû faire. Est-ce que ça n’en fait pas l’album parfait, d’une certaine façon ?

IRON MAIDEN est désormais devenu un groupe, que dis-je, une entreprise, qui s’adresse autant aux petites frappes dans les cours de récré qu’aux PDG. En brassant aussi large, ils ne pouvaient que reprendre leur place au sommet, celle qui leur était réservée. Regardez bien le dos de l’album. Le mot d’ordre au barbecue était clair, on peut entendre Steve Harris dire aux autres : notre place les gars, elle est là-haut, et on va la reprendre. Ils la méritaient, ça ne fait aucun doute. Alors comment je note cet album, que j’aime autant que je déteste, que j’ai à la fois envie et pas envie de réécouter, pour toutes ces raisons, personnelles et objectives, que je vous ai exposées ? Brave New World mérite 1/5 autant que 5/5, donc je crois qu’on va devoir faire un compromis. Mais quel que soit votre sentiment à son propos, dites-vous bien que vous avez raison. Ne vous laissez pas compromettre, il n’y a qu’une ligne ténue entre l’amour et la haine, et vos émotions n’appartiennent qu’à vous.

Parce que l’ennui, avec les compromis, c’est qu’une fois qu’on en a accepté les règles, on oublie de se remettre en question.

(1) La fin du titre "Life’s Shadow" de BECKET se retrouve telle quelle sur "The Nomad". Le plus hallucinant, c’est que les paroles du même titre avaient déjà été recopiées à l’époque sur "Hallowed Be Thy Name" ! Ce qui a logiquement donné lieu à une poursuite en justice depuis :
https://olddisgruntledbastard.com/2017/05/08/iron-maiden-and-plagiarism/
Une fois ça va, deux fois, bonjour les dégâts…

A lire aussi en METAL par CHIPSTOUILLE :


MEGADETH
Youthanasia (1994)
20th Century Fox ne présente pas du tout...




OPETH
Pale Communion (2014)
Adulescence


Marquez et partagez





 
   CHIPSTOUILLE

 
   ELK

 
   (2 chroniques)



- Bruce Dickinson (chant)
- Steve Harris (guitares basse)
- Adrian Smith (guitare électrique)
- Janick Gers (guitare électrique)
- Dave Murray (guitare électrique)
- Nicko Mcbrain (batterie)


1. The Wicker Man
2. The Ghost Of Navigator
3. Brave New World
4. Blood Brothers
5. The Mercenary
6. Dream Of Mirrors
7. The Fallen Angel
8. The Nomad
9. Out Of The Silent Planet
10. The Thin Line Between Love & Hate



             



1999 - 2022 © Nightfall.fr V5.0_Slider - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod