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VARIÉTÉ INTERNATIONALE  |  B.O FILM/SERIE

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1970 Le Spécialiste
 

- Membre : Bande Originale De Film

Angelo Francesco LAVAGNINO - Le Spécialiste (1970)
Par MARCO STIVELL le 29 Avril 2023          Consultée 373 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

Sergio Corbucci est désormais bien ancré dans le western à l'italienne, lorsqu'il se penche sur son quatrième effort du genre en cette fin d'années 60. Gli Specialisti/Le Spécialiste (on remarque que le titre, en passant les Alpes, a été simplement mis au singulier), sans être forcément son meilleur, a marqué particulièrement les esprits pour mettre en scène Johnny HALLYDAY en rôle principal, Hud, genre de compromis entre Clint Eastwood et Terrence Hill. Il y a d'autres éléments attractifs bien sûr, ne serait-ce qu'au rang des acteurs, avec Gastone Moschin en shérif un peu trop zélé (même si on le connaîtra mieux dans Le Parrain 2), et pas moins de quatre rôles féminins marquants : le garçon manqué au sein d'une bande de voyous, la rousse prostituée de caractère dans le saloon, la fille solitaire et ingénue amoureuse de Hud, enfin la quarantenaire frustrée, aguicheuse et sournoise. Et aussi, le fait que ce western-là soit montagnard, avec (à la place du sable) des rochers, des bandes vertes subsistantes entre les sommets, des forêts, des coulées de neiges éternelles... Sans que cela gène le moins du monde : l'un des plus beaux westerns américain, L'Homme de la Plaine d'Anthony Mann, avait bien été tourné dans les Rocheuses du nord-ouest des U.S.A.

Dès le départ, si l'on ne regarde pas le générique, on croit que la bande originale est de Ennio MORRICONE, tant cela lui ressemble, et ce n'est pas terminé ! Cependant, il s'agit bel et bien d'Angelo Francesco LAVAGNINO qui entre autres, était le favori de Sergio Leone quand celui-ci faisait du péplum, fin des années 50-début 60. Si, en termes de succès, ce n'est guère avec Le Spécialiste que LAVAGNINO jouit d'une possible revanche (et au nom des autres confrères noyés par le génie du grand Ennio), nul besoin de se forcer à reconnaître l'excellence distillée au cours de l'heure quarante proposée. Néanmoins, la BO ne fait pas l'objet d'une sortie en vinyle, mis à part vingt ans après, en 1988, lorsque le label EVB décide de la réunir avec d'autres travaux du monsieur pour des westerns qui feront moins date.

La touche LAVAGNINO pour Le Spécialiste est remarquable en raison de sa sombriété, à l'image du film lui-même qui semble nous mettre sur des fausses pistes, avec une histoire de vengeance (le frère défunt du héros), de dollars (encore une chasse au trésor), de l'humour, de la légèreté y compris dans le jeu d'un Johnny qui ne souhaite pas trop se renfermer. Pas le plus grand acteur français, on s'en doute, mais qui campe bien son personnage avec un look de lion (celui de ses années 69-71). Et puis après ses jeunes années fort bien représentées au cinéma avec D'où Viens-Tu Johnny ? (1963), il livre en 1970 ses meilleurs efforts ici-même ainsi que dans Point de Chute (plutôt dans le genre thriller). La scène où il se fait tirer dessus (et manquer) par le shérif ulcéré de sa présence, et que lui prend comme un jeu de gamin, tout comme son ton séducteur au saloon, vient contraster un peu avec le registre taciturne instauré par ce cher Clint.

Pourtant, Johnny/Hud n'a pas de thème à lui, même si on retient bien, aussitôt après le générique, la promenade en sa compagnie illustrée par des cordes et flûte un rien tendues, jusqu'à l'arrivée lumineuse d'un accordéon tout doucereux et touchant. Thème nostalgique comme il y en a d'autres ici, notamment là où Sheba, la jeune ingénue, tente d'instaurer le dialogue avec lui. Ennio n'est pas très loin dans ce niveau d'émotion, bien que rarement à des éléments plus simples, un film moins marquant. LAVAGNINO, en bon routier désormais, sait tirer la corde sensible quand il le faut. Et puis il y a le thème principal sous forme de deux véritables pop-songs folk et instrumentales conservées pour les deux génériques, conduit par une flûte à bec (ou flûte traversière jazz) et un duo clavecin-piano, mignonnes et de toute beauté. Pour la légèreté, on peut aussi rajouter la séquence au camp d'El Diablo, chef bandido manchot et brute épaisse qui de manière cocasse, s'entoure d'un jeune garçon écrivant coup sur coup ses mémoires. On y entend une guitare classique très chantante pour un ensemble qui reprend les éléments de la bamba, danse mexicaine traditionnelle.

Les éléments sombres et tendus sont toutefois légion durant les bagarres ou provocations, avec de beaux effets de cymbale ride à la batterie, de timbales avec grands accords de guitares électriques saturées, et d'un couple marimba/vibraphone passés aux échos que l'on peut difficilement ignorer. La dernière partie du film, en ville et avec du sable tout de même (malgré un regrettable avant-dernier plan qui dézoome depuis des bâtiments plutôt fin XXème siècle que construits cent ans avant...) et censée apporter le dénouement positif attendu, est le clou de ce western pas-si-secondaire. Il y a une jonglerie scénaristique dont le résultat fait froid dans le dos, comme si, encore une fois, le reste ne reposait que sur de fausses pistes. C'est là où la musique semble hésiter le plus, tant les idées choquantes s'enchaînent. L'orgue lumineux nous y fait bien croire un instant, mais... À voir, par que pour Johnny donc, et à entendre, si possible pas qu'une fois (le deuxième visionnage pourrait bien être meilleur que le premier).

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- Angelo Francesco Lavagnino (compositions, orchestrations)


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