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AMBIENT  |  STUDIO

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Brian ENO - Ambient 4 - On Land (1982)
Par ONCLE VIANDE le 23 Mai 2008          Consultée 3670 fois

« L’idée de faire de la musique de cette façon, en lien avec une sensation de lieu, de paysage ou d’environnement, m’est venue à l’esprit à plusieurs reprises au cours des années précédant « On land ». A chaque fois cependant je la remettais dans un coin de ma mémoire parce qu’elle ne dépassait pas le stade d’idée ; un graphique plutôt qu’une musique qui respire et vit. Rétrospectivement, je perçois aujourd’hui l’influence de cette idée et les tentatives voilées d’y parvenir, traversant la plupart des travaux que j’ai réalisés comme thème central inconscient ».

Ces quelques notes extraites du livret sont explicites. « On land » invente une sorte de « géomusique » qui se prêterait volontiers aux documentaires. Afin d’éviter tout malentendu, précisons qu’il ne s’agit pas d’une musique cherchant à reproduire des bruits d'environnements. « On land » serait plutôt la bande son du livre que Gaston Bachelard n’a pas écrit, « Les terres et les rêves ». ENO recherche des sensations de lieux, lieux dans lesquels il n’est jamais allé mais dont la simple évocation suffit à nourrir l’imaginaire.
Avec leurs points d’eau, leurs reliefs et leurs deltas, les cartes topographiques dégagent une certaine poésie et suscitent le rêve. « On land » est chargé d’images. Il évoque des plans fixes, des vues aériennes ou des films passés au ralenti. Il n’est pas étonnant que les concepteurs de MYST et RIVEN s’en soient largement inspirés (« The lost day », « Lantern marsh »). Il coïncide d’ailleurs avec les premières installations multimédias d’ENO où les rapports sons-images-espaces en étaient les principales préoccupations. Le disque possède toutefois une force évocatrice qui se suffit à elle-même. L’homme est absent. La nature s’y montre impassible et faussement statique. « On land » semble ramener des durées géologiques à quelques minutes et pendant cinq titres le disque touche au mystique. « Lizard point », « The lost day », « Tal coat » ou « Lantern march » ont figé un fragment d’éternité dans leur argile. Les trois dernières plages sont trop illustratives mais restent de l’ambient de qualité. On peut juste regretter que « Dunwich beach » sacrifie l’intemporalité à la nostalgie.
Les secrets d’ENO ne résident pas dans ses ingrédients mais dans ses proportions. De même, la force d’« On land » ne repose pas tant sur ses sons, mais sur leur emploi et leur combinaison. L’Anglais ne cède pas aux séductions de l’électronique. Il privilégie des méthodes empiriques aux instruments habituels pour trouver ses matériaux, et puise dans les quatre éléments pour toucher les sensations de l’inconscient.

Une nouvelle forme d’ambient commence ici, plus abstraite que « Music for airports », parce que n’ayant plus besoin des notes, des temps et des instruments pour exister, plus décisive aussi, puisqu’une large frange du genre en découle directement. Les techniques mises en œuvre sont limitées et expliquent la piètre qualité sonore (le souffle est important). Il s’en dégage pourtant une magie, un son fossilisé que ni les modes ni les technologies ne parviendront à dégrader. Une musique de pierre et de sable. L’immobilité en mouvement.

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   ONCLE VIANDE

 
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- Brian Eno (instruments divers, artwork)
- Michael Beinhorn (synthétiseur sur 1)
- Axel Gros (guitare sur 1)
- Bill Laswell (basse sur 1)
- Jon Hassell (trompette sur 4)
- Michael Brook (guitare sur 8)
- Daniel Lanois (équalisation directe sur 8)


1. Lizard Point
2. The Lost Day
3. Tal Coat
4. Shadow
5. Lantern Marsh
6. Unfamiliar Winds (leek Hills)
7. A Clearing
8. Dunwich Beach, Autumn 1960



             



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