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MUSIQUE ÉLECTRONIQUE  |  B.O FILM/SERIE

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 Tangerine Dream Official Website (1357)

TANGERINE DREAM - Flashpoint (1984)
Par AIGLE BLANC le 19 Mars 2024          Consultée 246 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

Comme la plupart des films dont TANGERINE DREAM a signé la musique, Flashpoint n'a laissé aucune trace durable dans les souvenirs du spectateur. Thriller américain passe-partout, il n'est pas certain qu'il ait bénéficié d'une sortie en France, même si en existe une version doublée visible sur internet. Pourtant, le scénario ne semble pas déshonorant, en tout cas pas moins intelligent que la moyenne : deux gardes-frontière texans, incarnés à l'écran par Kris Kristofferson (le fameux Country songwriter) et Treat Williams, remarquent une jeep calcinée abandonnée au coeur du désert et trouvent à l'intérieur le squelette d'un homme, un fusil et 800 000 dollars. Ils s'emparent du butin et enquêtent sur l'identité du propriétaire de la jeep. Pendant ce temps, le FBI est dépêché sur les lieux. Cette jeep pourrait avoir un lien avec l'assassinat de J-F Kennedy et les agents du FBI vouloir étouffer cette affaire en éliminant tous ceux s'y intéressant de trop près. Le thriller semble s'orienter dès lors vers le 'survival', les deux gardes-frontière texans devant sauver leur peau devant ce qui s'apparente à une chasse à l'homme.

S'il est évident que la musique de TANGERINE DREAM se prête idéalement à l'accompagnement sonore du septième art, était-il nécessaire que la production du groupe en la matière atteigne le rythme frénétique d'une vingtaine de Bandes Originales, au cours des seules années 80 ? Du point de vue artistique, la course acharnée instiguée par son leader Edgar Froese en vue de conquérir le marché américain n'était pas vraiment compatible avec la qualité musicale. Mais, si l'on en croit les Bandes sonores du groupe qui inondèrent la production cinématographique américaine sous le mandat de Ronald Reagan, cela devient un choix commercial hautement légitime et récompensé. En effet, sans l'industrie du cinéma, le groupe allemand n'aurait pas forcément pu séduire aux USA un public aussi vaste.
Flashpoint, déjà 8ème bande originale de TANGERINE DREAM à voir le jour durant les années 80, compte également parmi les 3 produites dans la seule année 1984. C'est à cette période que Johannes Schmoelling et Christopher Franke, submergés par le rythme de travail imposé par Edgar Froese, les privant de toute vie privée, atteignent leur point de non retour, le premier quittant le groupe en 1985, année de sortie de l'album Le Parc, suivi dès 1987 par la capitulation du second, suite au controversé album studio Tyger.

Si Firestarter, Heartbreakers et Flashpoint ne figurent pas dans le palmarès des musiques de films les plus acclamées du groupe, cela n'en fait nullement des bandes sonores ratées. Même quand il compose de la musique au kilomètre, sans jamais attendre de voir le premier montage des films concernés, donc sans se laisser influencer par quelconque image, TANGERINE DREAM se montre la plupart du temps d'une justesse étonnante dans son art précieux à harmoniser musique et film.

Flashpoint n'échappe pas à la règle : aussi efficace au sein du film qu'en écoute isolée, l'album réussit encore sa mise dans l'élaboration de climats déployés avec un talent d'autant plus étonnant que le groupe ne donne jamais l'impression de forcer son inspiration.
Dès le titre d'ouverture, l'entêtant "Going West", thème principal repris à l'identique, mais dans une version plus courte, par "Lost in the Dunes", TANGERINE DREAM trouve d'instinct le juste équilibre entre son aisance mélodique, presque jamais prise en défaut au cours de sa carrière jusqu'aux abords des années 90, et son art à suggérer une atmosphère palpable de chaleur poisseuse, le film se déroulant quelque part dans le désert texan. Les percussions séquencées de Christopher Franke impulsent un rythme aussi soutenu que flottant, épine dorsale de ce titre agréable, tandis que les claviers de ses deux comparses Schmoelling et Froese, comme écrasés sous le poids d'une chaleur accablante, nous font manger la poussière de sable du désert.
L'humeur de ce titre se voit reconduite avec autant de réussite par "Highway Patrol", une sorte de cousin germain du précédent, sans en être pour autant un décalque. Là encore, les rythmes séquencées de Chris Franke, d'une fluidité étonnante, font merveille, point fort, on le sait depuis longtemps, de TANGERINE DREAM.
Troisième composition réalisée dans le même esprit, "Dirty Cross Roads" réussit à surpasser les qualités du thème initial "Going West" en mettant l'accent sur une angoisse insidieuse, toujours soutenue par des claviers caniculaires qui impriment une atmosphère de torpeur accablante, tel un piège mortel se refermant sur les deux personnages principaux et, de fait, sur l'auditeur.
Les autres titres, beaucoup plus anecdotiques, doivent sans doute leur intérêt à leur interaction avec les images. Ils entretiennent plutôt l'atmosphère délivrée par les deux thèmes principaux, s'appuyant davantage sur des compositions extraites d'albums studio antérieurs dans lesquels ils piochent des plans et des amorces de structure. C'est ainsi que "Plane Ride" et "Mad Cap Story" apparaissent comme un décalque de certains passages de "Sphynx Lightning", la face B d' Hyperborea, tandis que "Mystery Plane" semble annonciateur de l'album Le Parc (1985), ce qui tendrait à prouver également que les bandes originales de TANGERINE DREAM pouvaient servir au groupe de laboratoire de recherche et non, comme on a pu le penser ici même à Forces Parallèles, être un simple conglomérat d'idées piochées dans ses albums studio, même si cela se produit effectivement dans certains cas.
Le titre sentimental "Love Phantasy" abandonne les rythmes séquencés de Chris Franke au profit des claviers qui déploient une ligne mélodique d'évidence improvisée, plus rêveuse que sensible.

Le titre éponyme conclusif "Flashpoint" déçoit doublement. Il prive d'une part TANGERINE DREAM de l'occasion de composer le thème du générique final, le réalisateur William Tannen préférant confier cette tâche à un obscur groupe de rock sudiste américain, The Gems, qui n'a pas survécu à l'exercice et dont la discographie s'arrête semble-t-il à ce titre 'de gloire'. Attention, il ne doit pas être confondu avec l'autre The GEMS, groupe suédois de métal féminin, fondé en 2023. D'autre part, cette chanson écrite (et interprétée?) par Scott Richardson rejoint l'armada des chansons d'Americana les plus banales qui soient, clôturant de plus cette B.O sur une note 'meanstream' lui faisant perdre tout caractère. Le titre en soi s'écoute agréablement mais sans beaucoup d'intérêt non plus. Je crois que confier à TANGERINE DREAM la musique du générique de fin eût été un choix plus judicieux si l'on se réfère au talent dont il avait su faire preuve dans les compositions précédentes de l'album.

Flashpoint n'est pas une référence parmi les B.O du groupe d'Edgar Froese, ce n'est pas vers elle qu'il faut vous tourner si vous voulez découvrir son empreinte unique sur le cinéma. Mais cela ne signifie pas que vous n'y prendrez aucun plaisir. Dans la première moitié des années 80, les musique de films de TANGERINE DREAM valent toutes le détour car elles témoignent d'un talent évident à créer des atmosphères prenantes soutenant avec force mais aussi subtilité les images des films concernés, même quand ces derniers ne brillent pas par leurs qualités artistiques.

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   AIGLE BLANC

 
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- Edgar Froese (claviers)
- Johannes Schmoelling (claviers)
- Christopher Franke (claviers, programmations)


1. Going West
2. Afternoon In The Desert
3. Plane Ride
4. Mystery Tracks
5. Lost In The Dunes
6. Highway Patrol
7. Love Phantasy
8. Mad Cap Story
9. Dirty Cross Roads
10. Flashpoint



             



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