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ROCK PROGRESSIF  |  STUDIO

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- Style : Ange, Blackmore's Night, Pentangle, Steeleye Span, The Gentle Storm , Barleyjuice
- Membre : Black Sabbath, Alan Simon , Martin Barre
- Style + Membre : Ian Anderson , Fairport Convention

JETHRO TULL - Broadsword And The Beast (1982)
Par DAVID le 3 Juin 2008          Consultée 5281 fois

Les années 80 sont lancées, il faut aller de son temps et s'adapter aux nouvelles sonorités qui vont avec. Pour cela, Ian Anderson va recruter le claviériste Peter-John Vettese (futur Simple Minds). Le line-up se retrouve à nouveau modifié (seul Martin Barre et le bassiste Dave Pegg sont encore de la partie). La période Barlow – Evan – Palmer n'est plus, Jethro Tull ne pouvait de toute évidence pas continuer à sortir éternellement un album par an dans le trip « folk » habituel, comme ce fut le cas à la fin des années 70.
L'année 1980 avait donné lieu à une formidable vague d'espoir pour les vieilles gloires du progressif : pensez donc, avec des albums aussi excellents que Duke, Drama, A ou III (Peter Gabriel), les nouvelles technologies étaient parfaitement intégrées à la musique et l'optimisme était de rigueur. Mais tout cela ne durera pas très longtemps, les impératifs commerciaux issus des années 80 auront très vite raison de cette euphorie. Jethro Tull n'échappera pas à la règle.

Si A est à ce jour l'album le plus technique du Tull, grâce à la virtuosité d'Eddie Jobson et à une batterie (tenue par Mark Craney) qui n'y allait pas de main morte dans les roulements de toms à gogo, faisant presque passer Barriemore Barlow pour un amateur, c'est tout le contraire qui se produit sur Broadsword And The Beast. Les rythmes du nouveau batteur, Gerry Conway, doivent se fondre dans le moule « années 80 », donc place au binaire « poum tchac poum tchac », pas le choix. Adieu le son « celtique » de Barriemore Barlow, perdu à tout jamais.

Avec un son « 80's », forcément, personne ne ressort grandi de cette évolution, bien au contraire. Martin Barre, l'éternel complice de Ian Anderson, se contente d'aligner quelques pauvres riffs vaguement hard rock (Beastie, Broadsword) mélangés à des plans « folk » d'une rare indigence. Et si les synthés sont placés en avant, on sent que Peter-John Vettese est bridé lui aussi, qu'il ne se lâche pas autant que sur Under Wraps, l'album suivant. Les synthés, c'est bien beau mais il s'agit de ne pas oublier les racines folk du Tull, d'où un album le cul entre deux chaises. Le groupe hésite et refuse de choisir entre deux directions : racines folk ou rock FM moderne... et le mélange de ces deux styles est vraiment contre-nature, pas du tout harmonieux. Les synthés qui plombent l'espace sonore, avec ensuite la flûte et la guitare acoustique qui se pointent, quelle horreur !

La pochette, laide à en mourir, symbolise parfaitement ce marasme, le navire prend l'eau, attention au mal de mer ! Rien qu'avec l'intro aux synthés sur Beastie en ouverture (les chœurs du refrain sont atroces), on est prévenu, on se croirait dans la BO d'un mauvais feuilleton d'époque. On a beau avoir quelques bonnes idées ici ou là (les intros au piano de Flying Colours et Slow Marching Band, le folk Clasp ou les influences country sur Fallen On Hard Times), elles ne donnent pas forcément lieu à de bons morceaux. Par exemple, l'intro de Flying Colours laisse place ensuite à une niaiserie années 80 sans grand intérêt, même chose pour la ballade ratée Slow Marching Band. Fallen On Hard Times n'est pas très inspiré non plus, seul Clasp se laisse écouter.
Pour la seconde face, même chose, on navigue entre du Crest Of A Knave avant l'heure (Pussy Willow - notons que Martin Barre commence discrètement à faire son Mark Knopfler ici... mais Ian Anderson pas encore !), les affreuses sonorités « électro » de Watching Me Watching You préfigurant le style du très décrié Under Wraps, une autre ballade soporifique (Seal Driver, le morceau s'animant davantage après), un morceau qui ressemble à du mauvais Simple Minds (Broadsword) et une conclusion très courte et complètement à côté de la plaque (Cheerio), on n'a pas compris ce qu'elle venait faire là.

Rien à sauver sur ce disque sans grande cohésion, partant dans tous les sens malgré quelques bonnes idées ici ou là : la flûte est présente seulement sur trois titres et Ian Anderson utilise encore des effets « robotiques » sur sa voix. Ce procédé était déjà présent sur A, ce qui lui donnait un aspect futuriste et humoristique, mais ici ces effets n'apportent rien. Les plaisanteries les plus courtes sont les meilleures. Quand le Tull essaye de développer une bonne idée sur ce disque (un passage folk, une mélodie pop, une intro aux synthés), elle tombe toujours à plat ! Du vide, du néant, une orientation pop-prog 80's ratée, le pire album de Jethro Tull.

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   DAVID

 
   MARCO STIVELL

 
   (2 chroniques)



- Ian Anderson (chant, flûte, guitare acoustique)
- Martin Barre (guitare)
- Dave Pegg (basse,mandoline, chant)
- Gerry Conway (batterie)
- Peter-john Vettese (claviers)


1. Beastie
2. Clasp
3. Fallen On Hard Times
4. Flying Colours
5. Slow Marching Band
6. Broadsword
7. Pussy Willow
8. Watching Me Watching You
9. Seal Driver
10. Cheerio



             



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