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CAMILLE - Music Hole (2008)
Par BARZ le 21 Juillet 2008          Consultée 3576 fois

On nous dit que les gens vont mal. Pas le moral. Pas de pouvoir d’achat. Un temps pourri en Juillet alors que c’est censé se réchauffer. Pas contents du type pour qui ils ont voté. Etc… Alors les gens se dopent pour aller mieux. D’où le trou de la sécu, puisque jusqu’ici, l’État était conscient que les gens étaient malades à cause de lui, donc assumait en leur remboursant un peu les soins. Désormais, le gouvernement assume moins, il trouve qu’il n’y a pas de raison de faire la gueule, d’où la franchise médicale. Mais il n’a rien compris, pour boucher le trou de la sécu (Secew Hole), il faut y mettre un trou de musique (Music Hole), et le tour est joué ! Oui, un trou dans un trou, personne n’y avait pensé. Camille l’a fait. Un trou dans deux trous, même. Le trou de sa bouche dans les trous de nos oreilles. Bel exploit.

Alors que son précédent album, Le Fil, était salué par la critique, sauf par moi, et que Camille fut reconnue comme bête de scène, même par moi, Music Hole semble faire moins de bruit médiatique. Chose incompréhensible. Le monde marche sur la tête. Allez, Camille, allez ! Donne donc un coup de pied dans la fourmilière !

Dans Le Fil, le jeu était simple : tendre une note du début à la fin du disque et broder autour. Ici, le jeu est plus simple : faire un disque physique à base de voix, de percussions corporelles, de bruitages vocaux, de prouts et de bruits d’animaux. Et d’un piano, faut pas déconner. Vous allez me dire que Björk l’a déjà fait. Je vous répondrai que rien à voir. Toujours entourée du fantasque Majiker et de Sly Johnson, Camille se dote ici de plein de nouveaux partenaires de jeu. Même si c’est sa voix particulière et de plus en plus experte qui domine (sa mini tournée dans laquelle elle interprétait les « Ceremony of Carols » de Benjamin Britten l’a encore fait progresser !), les chœurs et instrumentalisations vocales et corporelles de ses compères apportent une rythmique précieuse et enjouée, faisant de Music Hole le disque le plus dansant de Camille. De "Gospel with no lord" à "Money note" ou "Canards sauvages", la première envie de l’auditeur est de « danser au bord d’un lac », comme dit la chanson. Et lorsque Camille ne nous invite pas à une danse effrénée, elle se penche au-dessus de notre lit pour nous chanter une belle berceuse (notamment le somptueux "Winter’s child") ou bien pour refaire le monde et reconstruire son arche de Noé afin qu’humains et animaux se tapent une bonne partie de plaisir (le très drôle "Cats and dogs"). Camille a ceci de particulier et de génial : elle n’a pas peur du ridicule et fait ce qu’il lui plaît. Alors s’il faut imiter le canard, l’âne ou le chat, elle sera la première à le faire, tout comme parodier les voix très américaines à la Mariah Carey ou Whitney Houston, pour le fun.

La langue anglaise (jusqu’alors peu employée dans la discographie de Camille) est ici omniprésente et apporte une cohésion universelle à l’ensemble, même si quelques chœurs subsistent en français. L’essentiel des paroles, foutraques, parle du monde et du surréalisme inhérent à chacun de nos gestes et de nos paroles. Une pause thé ou une météo marine deviennent alors des poèmes mélangeant l’absurdité du monde et l’acuité sensorielle de sa réceptrice qui se révèle de plus en plus comme une plume exigeante avec les sonorités et les tonalités employées. Aucune syllabe n’est ici laissée au hasard et c’est tant mieux. Juste dommage que le livret accompagnant le disque ne retrace pas l’intégralité des textes, mais son site internet rattrape partiellement le coup.

Il se peut effectivement, et c’est bien malheureux, que l’auditeur ne se laisse pas embarquer dans cette danse folle qu’est Music Hole et qu’il n’arrive pas à croire que l’on puisse faire le tour de la Terre en se tenant la main et en dansant. Music Hole est le disque le plus humain et le plus physique – par les sensations et sentiments qu’il provoque – que j’aie entendu depuis… ma naissance ?! Depuis que je l’écoute, je ne suis pas tombé une seule fois malade. Il devrait être déclaré d’intérêt public et envoyé à tout le monde. Même aux martiens. Eux aussi ont des trous, j’en suis sûr.

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   BARZ

 
   CAMEO172

 
   (2 chroniques)



- Camille (voix, beat box, percussions à eau et corporelles,)
- Majiker (piano, beat box, percussions à eau et corporelles,)
- Sly Johnson (basse vocale, beat box, chèvre)
- Fernando Barba (percussions à eau et corporelles, grenouille, serp)
- Marcello Pretto (basse vocale diphonique, cuica à la voix, synthé à)
- Jamie Cullum (percussions dans le piano, poule d'eau)
- Katherine Sowerby (percussions corporelles, clochettes, tap, singe)
- Vincent Milner (bruitisme)
- La Basse Cour De Cats And Dogs :
- Nathan (le chat gris, le chien orange, les poules, l'âne v)
- Alizée (la vache bleue, la jument)
- Benjamin (le dauphin)
- Caroline (la mouette)
- Monté (la girafe)
- Martin (le cochon)
- Marlon (le vieux chien, le chat qui ronronne)
- Didier (la vache marron)
- Antoine (la vache jaune)
- Mario (le canard)
- Crystel (le silence du chat)
- Yann (l'oiseau breton)
- Philippe (l'oiseau sans nom)
- Marie-anne (le poisson)
- Bénédicte (le lion)
- Valgeir (le macareux muet)


1. Gospel With No Lord
2. Canards Sauvages
3. Home Is Where It Hurts
4. Kfir
5. The Monk
6. Cats And Dogs
7. Money Note
8. Katie's Tea
9. Winter's Child
10. Waves
11. Sanges Sweet



             



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