Recherche avancée       Liste groupes



      
POP  |  STUDIO

L' auteur
Acheter Cet Album
 

 

- Style : Joni Mitchell

Jackson BROWNE - The Pretender (1976)
Par MARCO STIVELL le 26 Août 2025          Consultée 286 fois

Par rapport aux trois albums qui ont précédé et se sont suivis sur autant d'années, le quatrième de Jackson BROWNE, The Pretender, met deux ans à éclore, en novembre 1976. L'une des raisons est un changement significatif sur le plan artistique, mais avant cela, il y a bien d'autres choses, bonnes comme mauvaises.

D'abord, au moment où sort Late for the Sky en septembre 1974, la réputation de BROWNE est suffisamment assise pour qu'il se charge de produire lui-même les deux premiers albums de Warren ZEVON chez Asylum Records, leur label commun. À l'époque, il est fiancé avec Phyllis Major avec qui il a un premier fils, Ethan, avant leur mariage en 1975. Tous deux suivent le chanteur en tournée mais l'histoire prend une tournure tragique lorsque Phyllis se suicide en mars 76 d'une overdose de barbituriques...

Plutôt que de faire un album de deuil encore plus sombre que tout ce qu'on a connu, Jackson BROWNE écrit "Here Comes Those Tears Again", une chanson particulièrement évocatrice avec l'appui de la maman de sa défunte dulcinée, Nancy Farnsworth. Toutefois, musicalement, elle ne sonne clairement pas telle qu'on pourrait s'y attendre. Et c'est à l'image de The Pretender en entier, comme si l'artiste savait qu'il ne pouvait trop se répéter inlassablement, ni accomplir mieux que Late for the Sky dans le style où il s'était établi confortablement. Dans ce cas, autant faire différent !

Cela tombe bien car il s'est rapproché d'un certain Jon Landau, critique rock musical simple même si plutôt en vue jusqu'à presque deux ans plus tôt, et qui n'avait donc par encore 'adopté' Bruce SPRINGSTEEN au point que celui-ci lui confie la production de son premier best-seller Born to Run en 1975. Landau devient alors aussi celui de BROWNE pour ce Pretender quelque peu OVNI (et bel et bien enregistré à Los Angeles, pas New York !), puisqu'il permet au chanteur d'enfoncer la porte de la diversité musicale. Un effort global qui se veut rassurant et qui, en dépit de la surprise au départ plus ou moins acceptable, garde son charme.

"The Fuse" est un super morceau d'ouverture assez exubérant dans un genre de pop-soft qui lorgne vers ce que le monde de la musique offre alors de plus groovy, sans non plus aller jusqu'au disco. Néanmoins, voilà qui peut étonner, de la part d'un artiste connu pour sa noirceur textuelle et même si ses musiques offraient déjà un beau contrepoint. Il y a d'ailleurs toujours beaucoup d'espace laissé aux instrumentistes, de nouveau Russ Kunkel et Leland Sklar d'ailleurs, avec les désormais habituels David Lindley et Craig Doerge.

D'ailleurs, on pourrait croire que le piano gouteux et fantastique entendu sur ce titre est un apport du 'Professor' Roy Bittan, intégré tout naturellement grâce à Landau et suite au succès faramineux de SPRINGSTEEN dans sa mère patrie, mais non, il s'agit bien de Doerge ! Et en fait, Bittan joue bien sur l'album, mais que le morceau suivant, "Your Bright Baby Blues", belle ballade ample avec des membres de LITTLE FEAT qu'on avait parfois croisés auparavant (Bill Payne et Lowell George). Le son de la guitare acoustique de Jackson y est bien huilé, preuve que Landau sait ce qu'il fait.

Et c'est après que les choses se corsent ! "Linda Paloma" a de quoi déboussoler avec son instrumentation mariachi mexicaine (harpe, guitarrón, choeurs), mais c'est une gemme véritable et méconnue de l'oeuvre de BROWNE, encore que lui-même l'ait citée parmi ses favorites. Il s'y fait très 'galant' alors qu'on sait combien le mal-être est présent en filigrane, depuis la perte de Phyllis. L'autre grande surprise, c'est "Daddy's Tune", avec ses cuivres si éloignés de ce que Jackson propose d'habitude, idem que ce shuffle/ternaire groovy, pourtant plutôt pas mal dans le genre.

L'émouvant côtoie le même sens de la syncope sur "Here Comes Those Tears Again" donc, avec un orgue très présent et un excellent contrechant de choeurs féminins, y compris ceux, une nouvelle fois, signés Bonnie RAITT. Et plus loin, bien au contraire, on trouve cette merveille qu'est "Sleep's Dark and Silent Gate", slow joliment spatialisé (notamment sur le refrain avec la seconde voix). Encore une ballade traditionnelle pour Jackson, "The Only Child" où Lindley fait planer son violon, du moins jusqu'à le tempo soit augmenté pour les refrains !

Puis l'on termine avec "The Pretender", où BROWNE retrouve les démons de tout-un-chacun, surtout au moment où les rêves se trouvent désillusionnés. C'est le deuxième single de l'album qui n'atteint que la 58ème place du top singles américains, moins honorable dont que "Here Comes Those Tears Again" (23ème !), mais morceau le plus springsteenien dans ses arrangements. Avec un peu d'anticipation même, puisque ce piano, ce bon rapport charley-grosse caisse à la batterie (Jeff Porcaro, futur batteur de TOTO, officie sur toute la seconde face de ce disque), le Boss le développera mieux sur son album suivant, Darkness on the Edge of Town (1978).

BROWNE lui, met justement davantage de caractère vocalement sur ce titre qu'ailleurs, avec ses amis Graham NASH et David CROSBY pour l'épauler. Tout ne change pas complètement donc, et il y a même quelques beaux arrangements orchestraux qui, comme sur l'album précédent, sont signés David Campbell. Si l'album n'est pas un chef d'oeuvre, il est la preuve optimiste d'un artiste qui s'est laissé convaincre à son tour et sans se renier, qui ose et parvient à nous faire apprécier ce qu'il entreprend. Les chiffres, enfin, parlent d'eux-mêmes puisque The Pretender grimpe jusqu'à la 5ème place du Billboard.

A lire aussi en POP par MARCO STIVELL :


Ringo STARR
Liverpool 8 (2008)
Home sweet home




Elton JOHN
Empty Sky (1969)
Premier album d'elton


Marquez et partagez





 
   MARCO STIVELL

 
  N/A



- Jackson Browne (chant, guitare acoustique)
- Luis Damian (guitare acoustique, choeurs)
- Michael Utley (orgue hammond)
- Jim Horn (saxophone, arrangements des cuivres)
- Quitman Dennis (saxophone)
- Dick Hyde (trombone)
- Chuck Findley (trompette)
- David Campbell (arrangements des cordes)
- Bonnie Raitt, Rosemary Butler (choeurs)
- Don Henley, Jd Souther (choeurs)
- Roberto Gutierrez (guitarrón, violon, choeurs)
- Arthur Gerst (harpe, choeurs, arrangements mariachis)
- Lowell George (guitare slide, choeurs)
- John Hall, Fred Tackett (guitares)
- Albert Lee, Waddy Wachtel (guitares électriques)
- Bob Glaub (basse)
- Leland Sklar, Chuck Rainey (basse)
- Russ Kunkel, Jim Gordon (batterie)
- Jeff Porcaro (batterie)
- David Lindley (guitare slide, violon)
- Craig Doerge, Roy Bittan (piano)
- Bill Payne (piano, orgue hammond)
- David Crosby, Graham Nash (choeurs)


1. The Fuse
2. Your Bright Baby Blues
3. Linda Paloma
4. Here Comes Those Tears Again
5. The Only Child
6. Daddy's Tune
7. Sleep's Dark And Silent Gate
8. The Pretender


             



1999 - 2025 © Nightfall.fr V5.0_Slider - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod