Recherche avancée       Liste groupes



      
POP  |  STUDIO

L' auteur
Acheter Cet Album
 

 

- Style : Joni Mitchell

Jackson BROWNE - Hold Out (1980)
Par MARCO STIVELL le 4 Septembre 2025          Consultée 255 fois

Trois ans après le précieux Running on Empty (1977), chose déjà étonnante en termes temporels vis-à-vis de la régularité passée de Jackson BROWNE, celui-ci opère un nouveau virage qui coïncide drôlement avec la nouvelle décennie en train de s'ouvrir. À l'époque, il est dans des années fondamentales pour son engagement socio-politique et d'abord contre le nucléaire dont il demeure un des plus farouches opposants à ce niveau de popularité depuis 1978. Un an avant la sortie de Hold Out, il est arrêté durant une manifestation et en mars 79, comme autre réaction consécutive cette fois à l'accident de la centrale Three Mile Island en Pennsylvanie, il cofonde M.U.S.E. (Musicians United for Safe Energy) avec d'autres dont Graham Nash et Bonnie Raitt. Collectif qui organise six mois plus tard en septembre les cinq fameux concerts No Nukes ('non au nucléaire') et qui feront date, au Madison Square Garden de New York, avec entre autres les co-fondateurs bien sûr, mais également les DOOBIE BROTHERS, Carly SIMON & James TAYLOR, Tom PETTY & The HEARTBREAKERS et Bruce SPRINGSTEEN & The E STREET BAND.

Or quand Hold Out paraît en juin 80, plus rien de tout cela ! Comprendre qu'avec cet album à la pochette faite de beaugossitude et qui n'a plus la sobriété des précédents, il ne faut pas s'attendre à trop d'engagement en textes (cela reviendra vite), ni même en musique, sinon dans l'optique d'offrir quelque chose de bien fait. Et la plupart du temps, c'est le cas. Disons clairement qu'il ne s'agit pas du meilleur album de BROWNE, même si côté ventes, il est devenu son best-seller, numéro 1 au Billboard américain ! Sans trop de culpabilité à user des énergies fossiles pour s'en porter acquéreur, on trouve pas mal de points positifs, même si pas autant immédiats qu'on pourrait le croire, à cet opus enregistré avec la plus grande partie des musiciens employés encore présents pour Running on Empty. Seul Leland Sklar manque à la basse, remplacé tour à tour par Bob Glaub (déjà employé précédemment) ainsi que Jon Douglas Haywood.

Notre ami Jackson, toujours bien épaulé par Rosemary Butler, les amis Russ Kunkel (batterie), David Lindley et Danny Kortchmar (guitares), Craig Doerge (claviers) etc. nous balance un bon "Disco Apocalypse" au son Soft-Rock taillé sur mesure même s'il a, c'est son malheur, tendance à viser l'excès. L'orgue 'paillettes', la fin un peu poussive n'entachent pas trop le sens de l'efficacité au moins, même si elle se fait à grand renfort de voix de tête, de basse slapée ! Les synthétiseurs annoncés en pompe et suivant la conjoncture de la décennie nouvelle, sont maîtrisés par la suite et somme toute assez discrets. "That Girl Could Sing" avec son rythme plus 'Tango' et porté par un riff piano-clavier mordant, demeure l'un des titres les plus convaincants de cette première face. Idem pour "Hold Out", légèrement bluesy et très aérien, assez mignon et porté par l'interprète principal. On note la guitare slide de Kortchmar et cette citation tout de même bien affûtée du "Land of Hope and Glory", mais encore une fois, le changement de présidence US imminent donnera bien plus de grain à moudre pour notre prodige contestataire !

Les choses se gâtent un brin encore au milieu de l'album, avec un "Boulevard" pourtant sympathique au demeurant, son effet 'blouson de cuir' éloigné du Jackson BROWNE des débuts ne lui portant pas préjudice en soi. Il y a eu de ces titres décalés pour lui dès le départ ("Doctor My Eyes"), la rythmique est très bonne, tout comme l'interaction chant masculin-chœur féminin. Toutefois, on sent comme une relâche, à l'instar de la ballade Country "Of Missing Persons" qui doit beaucoup à BROWNE avant toute chose, en pleine commémoration de la perte de son ami Lowell George, ex Frank ZAPPA/MOTHERS OF INVENTION et fondateur de LITTLE FEAT, victime d'une crise cardiaque en pleine tournée solo. Heureusement, la suite de cette face B sauve les meubles de ce qui aurait pu être un album tout juste moyen. Co-écrite avec Lindley, "Call It a Loan" est d'une finesse sans égal, avec cet orgue Hammond et ce superbe arpège de guitare électrique qui nous happe dès le départ.

Le plat de résistance, c'est "Hold on to Hold Out" (Doerge co-crédité cette fois), cette conclusion qui, du haut de ses huit minutes, a été tout de même publiée en single (mais pas avant "Boulevard" ni "That Girl Could Sing") ! Jackson, remis du décès tragique de Phyllis Major, la dédie à Lynne Sweeney, celle qui deviendra sa seconde épouse - mais pas pour longtemps. On adore, cette belle montée au piano et à l'effet trucker/routier, cette alternance de ruptures et de relancées passionnantes, cet esprit aventurier et splendide porté par les voix mixtes et les guitares autant que les synthés-cordes. Ce n'est pas l'effort le mieux reconnu de BROWNE en matière de single ambitieux (surtout vis-à-vis de celui du disque précédent, avec la reprise "Stay") ; cependant à lui seul il vaut le détour, concernant cet album qui convainc pas mal le public mais fort peu les critiques à l'époque. Le passage temporel vers les 80s est néanmoins réussi.

A lire aussi en POP par MARCO STIVELL :


Mathilde FERNANDEZ
Sensible (2021)
Beau retour de la douce foldingue




SHEILA
Little Darlin' (1981)
A.O.R. et pop californienne


Marquez et partagez





 
   MARCO STIVELL

 
  N/A



- Jackson Browne (chant, piano, guitare ?lectrique)
- Joe Lala (percussions)
- Rick Marotta (batterie, percussions)
- Bill Payne (orgue hammond, synth?tiseur)
- Craig Doerge (orgue hammond, piano, synth?tiseur)
- Danny Kortchmar (guitare, maracas)
- Russ Kunkel (batterie)
- Bob Glaub, Jon Douglas Haywood (basse)
- David Lindley (guitare ?lectrique, lap-steel)
- Rosemary Butler (ch?urs)
- Doug Haywood (ch?urs)


1. Disco Apocalypse
2. Hold Out
3. That Girl Could Sing
4. Boulevard
5. Of Missing Persons
6. Call It A Loan
7. Hold On Hold Out


             



1999 - 2025 © Nightfall.fr V5.0_Slider - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod