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NEW-AGE/AMBIENT  |  STUDIO

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CHRONIQUES

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1977 ★★★★★  Ancient Leaves
ÉQUIVALENCES

MICHAEL STEARNS - Ancient Leaves (1977) ★★★★★ 
Par AIGLE BLANC le 15 Septembre 2025          Consultée 231 fois

Bien qu'il succède à Desert Moon Walk et Sustaining Cylinders, Ancient Leaves est en réalité le premier album de Michael STEARNS à paraître en 1977 au format vinyle, les deux précédents ayant été auto-produits au format cassette seulement (avant d'être réédités plus tard au format cd).
Dès la première écoute, il est évident que la démarche du compositeur s'inscrit dans le mouvement musical identifié comme l'École Californienne et qui comprend notamment les artistes Steve ROACH, Robert RICH, Kevin BRAHENY. Il s'agit de la réponse très personnelle de la Californie au courant de l'Ambient Music initialement défini et popularisé par le Britannique Brian ENO. Ces musiciens, avant tout profondément attachés aux paysages de leur Arizona natale, explorent dans leur art l'âme de ces territoires désertiques littéralement habités par les peuples primitifs qui en ont gravé la pierre et foulé le sol, imprégnant ces espaces désolés de leur spiritualité. L'Ambient californienne prend donc souvent la forme de Soundscapes, larges plages synthétiques riches des impressions que nourrit le désert arizonien sur l'esprit de musiciens qui se positionnent davantage comme témoins ou réceptacles des multiples strates laissées par les millénaires. Cette minimisation relative de l'ego explique peut-être pourquoi ROACH, RICH, BRAHENY et consorts multiplient les collaborations entre eux (duos, trios voire quatuors), entre deux albums solos.
En Europe, Michael STEARNS est surtout connu pour ses trois collaborations musicales avec le cinéaste Ron Fricke, Chronos (1985), Baraka (1992) et Samsara (2011), trois documentaires contemplatifs et sans aucun commentaire largement inspirés de la trilogie Qatsi de Godfrey Reggio. Il travaille souvent également avec la NASA à laquelle il livre des pièces planantes évoquant l'espace. Dans la même veine, il sonorise des planétariums, devenant ainsi l'un des pionniers dans le domaine. Sa maîtrise du design sonore lui a ouvert les portes des documentaires télévisuels, aux USA comme en Europe.
Son nom est généralement associé à la musique New Age, filiation qu'il ne renie pas, contrairement à son homologue grec VANGELIS qui l'a toujours refusée. Précisons toutefois que Michael STEARNS n'a jamais composé spécifiquement dans le cadre de la philosophie New Age. Ce sont ses praticiens qui lui ont demandé l'autorisation de se servir de ses ?uvres à des fins thérapeutiques. Les vrais musiciens New Age ne sont jamais motivés par leurs propres compositions qui ne sont créées que dans un but d'accompagnement sonore au cours des thérapies visant le bien-être. Les artistes New Age créent de la musique appliquée, démarche qui entre en conflit avec l'artistique, dilemme moral dont Ennio MORRICONE a souffert durant presque toute sa carrière accaparée par les commandes de B.O. pour le cinéma, au détriment de ses ?uvres personnelles.

Un auditeur adepte du New Age pourrait ne pas se sentir en totale fusion avec Ancient Leaves, surtout à cause du caractère sombre et angoissant de certains passages de sa face B, "Elysian E". De par sa structure (deux longues plages, une par face) et son mode de composition (improvisation et collages par superpositions de multiples sources sonores), le premier vinyle de Michael STEARNS partage une sensibilité commune avec le courant cosmique du Krautrock, principalement avec les premiers albums de TANGERINE DREAM (Alpha Centauri- 1971, Zeit - 1972)), de Klaus SCHULZE (Irrlicht - 1972), ASHRA TEMPEL, voire avec la formation proto KRAFTWERK que fut ORGANISATION (Tone Float - 1970), sans oublier bien sûr avec les premiers albums de POPOL VUH (Affenstunde - 1970 et In Den Garten Pharaos - 1971).
Bien que Brian ENO ait précisé que l'Ambient Music autorisait un mode d'écoute passif voire distrait, Ancient Leaves captive l'auditeur au point de l'obliger à une attention relativement soutenue. Cela est dû au caractère évolutif des deux compositions qui s'enrichissent régulièrement d'un ajout de strates sonores en vue de plonger l'auditeur dans un état de transe. L'instrumentation hybride, à base de Mini Moog, de kantele (une harpe finlandaise), de chant féminin (Emilie Conrad) et d'une voix masculine traitée électroniquement (la voix de Michael Stearns lui-même), auxquels s'ajoutent un ch?ur féminin (Suzan Harper & Linda Olsen), des chants grégoriens et des sons naturels (fields recordings) enregistrés de nuit dans le désert arizonien, situent cette musique au carrefour de la musique contemporaine, minimaliste, électronique. L'album est conseillé avant tout à ceux déjà familiers avec les genres musicaux précités, qui y retrouveront les qualités qu'ils recherchent. Les curieux peuvent néanmoins y jeter une oreille, ils pourraient être sensibles à la beauté émanant de ces pièces extatiques.

Ancient Leaves ne constitue peut-être pas la référence absolue de l'Ambient Music, mais il prendra place sans rougir dans votre discothèque et côtoiera harmonieusement les oeuvres de Terry RILEY, Philip GLASS, Michael NYMAN, Steve REICH, TANGERINE DREAM, POPOL VUH, Steve ROACH...

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LA CHRONIQUE

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  ★★★★★ AIGLE BLANC


LINE-UP
- Michael Stearns (synth?tiseurs, kantele, voix, fields recordings)
- Emilie Conrad (chant)
- Suzan Harper (chœurs)
- Linda Olsen (chœurs)
- Chants Gr?goriens

TRACKLIST
1. Ancient Leaves
2. Elysian E


             



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