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Charles AZNAVOUR - Jazznavour (1998)
Par EMMA le 28 Septembre 2025          Consultée 456 fois

Nouvel album, le piano attend, prêt à raconter ses secrets et voix grave, chaude, familière, Charles AZNAVOUR, ne chante pas pour conquérir, il chante pour converser. Et cette conversation, c'est Jazznavour. Un disque qui ne se contente pas de dépoussiérer des chansons, mais de les réinventer. Même mobilier, mais nouvelle atmosphère. On passe du grand salon haussmannien à un club feutré. À l'automne 1998, Charles AZNAVOUR sort Jazznavour. Derrière ce jeu de mots qui fusionne son nom et l'univers du jazz, se cache un projet singulier : revisiter ses propres classiques à travers de nouvelles orchestrations dans un jazz de proximité, de respiration. Loin de la simple compilation, ce disque est une relecture vivante et raffinée de son répertoire portée par des musiciens d'exception, Dianne Reeves, Michel Petrucciani, Jacky Terrasson, Eddy Louiss, Richard Galliano, et par l'envie manifeste d'AZNAVOUR de s'offrir une nouvelle jeunesse musicale.

Les morceaux s'enchaînent avec fluidité, alternant swing léger, ballades nocturnes, groove feutré, et moments d'improvisation. La production laisse respirer chaque instrument. On entend le frisson d'une corde de contrebasse, le soupir entre deux couplets. AZNAVOUR chante moins haut, moins fort, mais plus près. Ouverture en swing léger avec "J'aime Paris Au Mois De Mai". La basse promène ses pas dans les rues pavées, le piano scintille comme les vitrines d'un soir de printemps. Dianne Reeves entre, voix velours et Paris et New York se font la bise. Le duo joue comme deux vieux amis qui se relancent des répliques sur un trottoir. Sur "Ce Sacré Piano", Jacky Terrasson prend les commandes, notes qui sautillent, éclats d'ivoire qui rebondissent. AZNAVOUR joueur, caresse chaque syllabe. On sent le sourire dans la voix, comme si le micro enregistrait ses clins d'?il. Le dernier accord s'évapore et c'est "De T'avoir Aimée" qui entre en scène. On baisse la lumière. Petrucciani pose ses accords perlés et AZNAVOUR raconte sans fard, presque en confidence. C'est du velours noir, tout en élégance. Et puis, l'orgue d'Eddy Louiss se glisse dans l'air, Petrucciani reste et "Tu T'laisses Aller" démarre avec un groove tranquille. Le chanteur retrouve sa malice d'antan, lançant des piques amoureuses. Déjà un succès à l'époque, elle est tout aussi, si ce n'est plus, délicieuse, ici.

Introduction en grandes pompes mais au fur et à mesure, le tempo redescend pour "Mes Emmerdes". La rythmique ondule et des mots tombent comme des gouttes de pluie tiède. Une préférence tout de même pour l'originale, si agréable, moins clinquante, moins grandiloquente. Puis, la mélancolie s'installe et AZNAVOUR change de langue. Toujours avec Dianne Reeves, ils adaptent « Hier Encore » dans une version anglaise sous le nom de "Yesterday When I Was Young". Un duo caressant, qui plane au-dessus des regrets. Puis, ce sont "Les Plaisirs Démodés" qui entrent en scène. On se souvient de la superbe version de 1972, avait-elle vraiment besoin d'une réécriture, rien n'est moins sûr. Moins peps, elle offre tout de même un moment musical jazzy, agréable. On ferme les yeux pour se laisser envahir par l'ambiance des plus feutrées, de "Me Voilà Seul". Les cuivres veloutés et les phrases mélodiques de l'accordéon de Richard Galliano se répondent comme des vieux souvenirs qui s'interrompent et reprennent, et AZNAVOUR chante les épaules un peu voûtées. Un très joli moment. L'ambiance reste dans ce salon feutré, dans cette veine des plus intimes avec "À T'regarder", tout aussi réussie. Le piano reste suspendu et mène directement à "Lucie". Deux minutes et demie de tendresse sur un arrangement entre flûtes, saxophone et percussions. Le tout pulse joliment. Déjà le Hammond revient, l'accordéon aussi : Eddy Louiss et Richard Galliano enrobent "She" d'une chaleur douce, presque de touches légèrement exotiques. Moins prenant que l'originale mais plaisante tout de même.

Le ton change avec "Dormir Avec Vous Madame", un petit bijou d'espièglerie, un clin d'?il, on sourit, on claquerait presque des doigts en rythme. "Au Creux De Mon Epaule" ramène à ses premiers succès et le tempo ralentit. Hammond, guitares et accordéon se parlent doucement en musique pendant qu'AZNAVOUR ferme presque les yeux, la voix posée, tendre. Et puis, comme dans tout bon set de jazz, il faut finir avec panache. Pour cela, il vise juste avec "For Me Formidable". Ça swingue, ça joue, le français et l'anglais se mêlent. Un dernier clin d'?il du chanteur, un dernier accord, et le silence.

Avec Jazznavour, Charles AZNAVOUR fait voyager ses anciennes chansons du cabaret parisien aux clubs enfumés de New York. Tout repose entre la mélodie familière et la liberté du jazz. Les harmonies sont enrichies, offrant aux chansons de nouvelles couleurs ? un accord diminué suspend la phrase, une modulation inattendue réveille l'oreille. La rythmique souvent en 4/4 balancé, joue de la souplesse, la contrebasse marche comme un promeneur du soir, la batterie caresse plus qu'elle ne frappe. Chacun des musiciens entre comme un soliste dans un club, prend la lumière le temps d'un chorus, puis se retire en douceur pour laisser AZNAVOUR reprendre le fil. Il fait du jazz à sa manière : précis, expressif, et toujours au service de l'émotion.

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1. J’aime Paris Au Mois De Mai
2. Ce Sacré Piano
3. De T’avoir Aimé
4. Tu T’laisses Aller
5. Mes Emmerdes
6. Yesterday When I Was Young
7. Les Plaisirs Démodés
8. Me Voilà Seul
9. À T’regarder
10. Lucie
11. She
12. Dormir Avec Vous Madame
13. Au Creux De Mon Epaule
14. For Me Formidable


             



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