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BRITPOP  |  STUDIO

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CHRONIQUES

ALBUMS STUDIO

1990 ★★★★  Life
1991 ★★★★★  The Beast Inside
1992 ★★★★★  Revenge Of The Goldfish
1994 ★★★★★  Devil Hopping

INSPIRAL CARPETS - Life (1990) ★★★★ 
Par MASTERFAN le 10 Octobre 2025          Consultée 271 fois

Vingt ans après Lulubelle III - première star musicale bovidé de l'histoire du rock et partie intégrante du mythe floydien - surgit à l'orée des années 90, sur les tee-shirts des djeun's, une autre vache un peu particulière qui fait d'abord fureur à Manchester avant de gagner le reste de l'Angleterre. Lunettes de soleil, clope au bec, 'moo' de rigueur, la vache la plus cool du monde arbore sans retenue le slogan 'cool as fuck'. J'ai égaré un jour le mien et n'en suis pas encore tout à fait remis, surtout qu'il me faudrait débourser aujourd'hui une fortune (pour l'original vendu aux concerts des CARPETS, pas les quelques répliques en noir et blanc) pour le remplacer. Vénère. Heureusement, je n'ai pas tout perdu car personne ne les a encore chroniqués et voilà que j'arrive, mets les pieds sous la table et rafle la mise, tranquille, cool as fuck, vraiment.

Ah, les CARPETS... C'était autrement plus mélodique que les surestimés HAPPY MONDAYS, et aussi plus prolifique que les STONE ROSES qui nous avaient quand même fait languir cinq longues années avant d'accoucher d'un second album sans grande envergure. Je ne peux adhérer au classique cliché aussi infondé qu'exaspérant, consistant à glorifier ces deux groupes pour reléguer en Ligue 2 les autres formations 'Madchester' : INSPIRAL CARPETS, JAMES ou THE CHARLATANS savaient aussi écrire de grandes chansons. Nous sommes évidemment à une époque où OASIS n'a pas encore gagné la Champions League et pour cause, Noel GALLAGHER n'était à cette époque qu'un roadie et admirateur des CARPETS dont il a échoué à devenir le chanteur.

À l'inverse d'OASIS, ces gars-là n'étaient ni des adeptes du larcin, ni un groupe totalement inconnu : ils avaient affûté leur son dans les années 80 à une époque bien antérieure au retour de la Britpop. Leur principal fait d'armes était jusqu'alors la K7 auto-produite Dung 4 - il fallait oser, même si c'était cohérent avec la pochette - ressortie en CD en 2014, suivie de plusieurs E.P fort prometteurs.

Le morceau d'ouverture "Real Thing" annonce la couleur de Life : l'orgue Hammond domine les débats à la manière de certains groupes psychédéliques 'garage' des 60's comme les BLUES MAGOOS ou QUESTION MARK AND THE MYSTERIANS (dont ils reprenaient "96 tears"). L'esprit de Ray Manzarek des DOORS rôde çà et là ("Song For A Family"), même si la façon de porter à bras le corps les morceaux évoquerait plutôt les STRANGLERS, à ceci près que Clint Boon n'est pas un réel virtuose comme pouvait l'être Dave Greenfield.

L'autre spécificité du groupe est la voix majestueuse du dernier arrivant, Tom Hingley, qui donne un sacré coup de boost aux compos réalisées avant 1989, la mayonnaise prenant particulièrement par les superpositions vocales habiles de son claviériste (ironie de l'histoire, le groupe reformé tourne à nouveau aujourd'hui avec le premier chanteur Stephen Holt, au grand dam des fans). Noel GALLAGHER reprendra aussi l'idée du chauve dans le groupe : ici, ce n'est pas la guitare et ce n'est pas Bonehead, mais la basse avec Martyn Walsh. Graham Lambert, le guitariste et seul membre d'origine, ainsi que le batteur Craig Gill complètent le tableau. Côté look, style baggy, reeboks et tee-shirt 3XL comme le veut l'époque, assortis d'une chevelure quelque part entre les BEATLES période Rubber Soul et des moines ayant oublié leur tonsure.

Life suscite de fortes attentes chez Mute Records qui drive quand même - entre autres - DEPECHE MODE. L'album remporte très vite un franc succès chez nos amis britons et pendant cinq ans, sur quatre albums, les tapis en spirale vont tapisser les charts anglais d'excellents singles. La France, qui carbure alors à la "Soca Dance", "Bo Le Lavabo" ou BENNY B (mais ils sont fous ? Oh oui), passera toujours à côté, les rares percées des Anglais dans l'Hexagone se limitant à Saint-Bernard Lenoir.

Ce premier album n'est peut-être pas leur meilleur mais envoie sacrément du lourd. On peut évaluer l'effervescence qu'il a produite en visionnant en ligne le superbe concert au G-Mex de Manchester en juillet 1990. Le coup des majorettes qui viennent battre la mesure sur "She Comes In The Fall" fait toujours son petit effet, la fin en particulier, 'stunning', comme disent les Anglais. J'avais découvert le groupe par le magnifique single "This Is How It Feels". Bon, il y a des fois où il vaut mieux ne pas trop comprendre les paroles, on dira que c'est beau comme... 'La joie de vivre' de Zola. Dans le même esprit dépressif, la nouvelle version légèrement accélérée de "Sun Don't Shine" n'est pas mal non plus, la voix de Tom apporte à cette chanson très simple un relief nouveau et une émotion décuplée.

Le reste de l'album réserve quelques autres tueries du même style, comme les deux titres finaux, "Move" mélodiquement parfait, ou ce "Sackville" final qui semble s'enliser dans des couplets répétitifs mais monte formidablement en intensité au moment du refrain. À chaque écoute, les survitaminés "Besides Me" ou "Monkey On My Back" nous embarquent toujours autant dans leur spirale endiablée. Pas de bouche-trou ici, des titres comme "Directing Traffik", "Memories Of You" ou "Inside My Head" restent consistants et à l'arrivée Life fait partie des rares albums 'solaires' qu'on termine toujours de bonne humeur.

Bilan : TRIPPANT (5) : Néant. DELECTABLE (4,5) : "This Is How It Feels", "Sun Don't Shine", "Move", "Sackville". SÉDUISANT (4) : "Besides Me", "Many Happy Returns", "She Comes In The Fall", "Monkey On My Back". PLAISANT (3,5) : "Real Thing", "Song For A Family", "Directing Traffik", "Memories Of You", "Inside My Head". Ressenti 16,72 / 20

Les Mancuniens donnent à travers Life (à prolonger par le concert au G-Mex) un témoignage précieux de ce qu'étaient les débuts de l'ère britpop. Leur identité forte frappe immédiatement les esprits, principalement par l'entremise d'un Clint Boon à deux doigts de devenir un keyboard hero de la pop au même titre que Jon Lord, Ray Manzarek ou Dave Greenfield.

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LA CHRONIQUE

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  ★★★★ MASTERFAN


LINE-UP
- Tom Hingley (chant)
- Clint Boon (claviers, choeurs)
- Graham Lambert (guitare)
- Martyn Walsh (basse)
- Craig Gill (batterie)

TRACKLIST
1. Real Thing
2. Song For A Family
3. This Is How It Feels
4. Directing Traffik
5. Besides Me
6. Manny Happy Returns
7. Memories Of You
8. She Comes In The Fall
9. Monkey On My Back
10. Sun Don't Shine
11. Inside My Head
12. Move
13. Sackville


             



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