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1968 Shades Of Deep Purple
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1969 Deep Purple
1970 In Rock
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1971 Fireball
1972 Machine Head
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1973 Who Do We Think We Ar...
1974 Burn
  California Jam 1974
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1975 Come Taste The Band
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1984 Perfect Strangers
  Perfect Strangers Live [...
1987 The House Of Blue Lig...
1988 Nobody's Perfect
1990 Slaves And Masters
1993 The Battle Rages On.....
  Live In Stuttgart 1993 [...
  Come Hell Or High Water ...
1994 Smoke On The Water (the ...
1996 Purpendicular
1997 Live At The Olympia '96
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1999 Total Abandon - Australi...
2000 Live At The Rotterdam Ah...
2003 Bananas
2005 Rapture Of The Deep
2012 The Official (overseas) ...
2013 Now What?!
2014 The Official (overseas) ...
2017 Infinite
2020 Whoosh!
2021 Turning To Crime
2024 =1
 

- Style : Thin Lizzy, Uriah Heep, Electric Sandwich, Led Zeppelin, Scorpions, Eloy
- Membre : Msg, Flying Colors, Kansas, Gary Moore , Captain Beyond, Dixie Dregs, California Breed, Rainbow, Billy Cobham , Black Sabbath, Who Cares, Blackmore's Night, Steve Morse Band, Ian Gillan , Tommy Heart , Ozzy Osbourne , Tony Iommi
- Style + Membre : Whitesnake, Joe Lynn Turner , Warhorse, Glenn Hughes
 

 Site Officiel (4580)
 The Deep Purple Appreciation Society (1824)

DEEP PURPLE - Stealing Deep Purple (2025)
Par GEGERS le 25 Octobre 2025          Consultée 1009 fois

"J'ai obtenu les droits du nom DEEP PURPLE de manière tout à fait légale. J'étais un des membres fondateurs du groupe, et lorsque j'ai décidé de relancer la machine j'ai vu que le nom était à l'abandon, j'ai donc décidé de l'utiliser. Naturellement, j'en ai parlé avant avec Ritchie Blackmore, de Rainbow, et les mecs de Whitesnake. Ils m'ont donné leur accord."

Rod Evans, Sonido Magazine, Juin 1980.

On l'oublie parfois, tant le groupe semble exister depuis que le monde est monde, mais DEEP PURPLE est resté inactif durant une longue période, entre 1976 et 1984. Pourtant, nombreux sont ceux qui déclarent avoir vu les interprètes de "Smoke on the Water" sur scène durant cette période. Plus précisément dans le courant de l'année 1980. Ce souvenir serait-il le fruit de quelque hallucination collective, où y aurait-il anguille sous roche ? Réponse B, messieurs-dames, réponse B. B comme "bogus", pour "factice". C'est l'histoire de cette formation éphémère, parfois baptisée "New DEEP PURPLE", que raconte l'auteur et comédien écossais Steve McLEAN dans l'ouvrage Stealing Deep Purple, qui revient avec une précision exemplaire sur les motivations et les conséquences qui ont transformé cette entreprise bancale en scandale financier.

Flashback. Eté 1969, le chanteur Rod Evans est viré de la formation britannique, son timbre de voix et son manque de charisme étant jugés peu compatibles avec les ambitions du groupe. Las, le bonhomme épouse une riche Américaine et décide de tenter sa chance comme comédien à Hollywood. Quelques déconvenues et quelques contrats d'enregistrement infructueux plus tard, le chanteur se retrouve frontman du groupe CAPTAIN BEYOND, avec lequel il met en boîte deux albums (dont le premier est devenu aujourd'hui culte), et puis il abandonne le métier en 1973, se reconvertissant spécialiste en médecine respiratoire. Comment le retrouve-t-on ainsi, en 1980, à la tête d'une nouvelle incarnation de DEEP PURPLE, doté d'un calendrier de concerts bien rempli ?

Il faut pour cela aller chercher du côté du producteur Steven Green et de son "New Steppenwolf", nouvelle incarnation du groupe STEPPENWOLF lancée en 1977, sans l'aval ni la présence de la tête pensante du groupe, John Kay. L'histoire s'achève naturellement devant les tribunaux, mais fait des petits. Rod Evans est approché et, par appât du gain ou réel intérêt artistique, accepte de s'investir dans une nouvelle incarnation de DEEP PURPLE. Après tout, en 1980, cela fait déjà quatre ans que le groupe a mis la clé sous la porte, pourquoi ne pas le ressusciter ?

Pour l'accompagner, trois anciens membres du "New Steppenwolf" sont recrutés : Tony Flynn, Geoff Emery and Dick Jurgens. Au début de l'année 1980, le "groupe" se voit offrir un contrat incluant une tournée aux Etats-Unis, au Mexique, l'idée étant de démarrer petit et de monter en puissance au fil des dates. Rien ici n'est clair. Qui est à l'initiative de cette tournée ? Les promoteurs véreux, les musiciens eux-mêmes ? Steve McLean tente de démêler tout cela avec les éléments dont il dispose, mais n'échappe pas à une certaine confusion. Ce livre tient du puzzle forcément incomplet, nombre de protagonistes de l'époque étant depuis décédés ou vivant loin des médias. Ainsi, si l'on apprécie les extraits d'interviews de membres et anciens membres du groupe (Roger Glover, Jon Lord, le premier bassiste Nick Simper, qui a pour sa part refusé de participer à cette mascarade), on ne peut que regretter l'absence du premier concerné, le chanteur Rod Evans (depuis longtemps retiré de toute vie médiatique) ou d'autres membres de DEEP PURPLE (Ritchie Blackmore, Ian Paice), dont la participation aurait donné un supplément de vie à cet ensemble journalistiquement très complet, mais également très factuel.

L'histoire reste plaisante à lire. Steve McLean propose un compte-rendu chronologique, revenant tout d'abord sur le parcours de Rod Evans au sein de DEEP PURPLE, puis sur les premiers concerts du New DEEP PURPLE en mai 1980, qui se passent plutôt bien. Il faut dire que l'ensemble se fait plutôt truculent. Les musiciens jouent le plus souvent dans la pénombre, derrière un épais nuage de fumée, afin que les spectateurs remarquent le plus tard possible que les membres "historiques" du groupe ne sont pas sur scène. Le subterfuge fonctionne plus ou moins bien, le "groupe" se frotte à un répertoire trop exigeant pour lui, mêlant extraits des trois premiers albums de la formation ("Mandrake root", "Hush", "Hey Joe"), avec les standards intemporels qu'ils peinent à restituer honorablement ("Highway Star", "Space Truckin'", "Smoke On The Water"). Le groupe, et Rod Evans le premier, n'hésite pas à s'approprier ces morceaux, le chanteur lançant à la foule des interventions du type "Voici un morceau extrait de notre album Burn"), entre autres exemples du manque total de fierté du "bogus" DEEP PURPLE, qui n'hésite pas à vendre du merchandising à l'effigie des "vrais" membres du groupe, et à utiliser des vêtements de scène et des instruments similaires. 

L'auteur se fait exhaustif, et narre l'intégralité de la tournée, date après date, évoquant même l'histoire des villes hôtes, des salles de concerts et des premières parties. Bien que beaucoup d'éléments restent de la pure spéculation de la part de l'auteur (notamment les motivations profondes de Rod Evans), l'ensemble se fait très documenté. Néanmoins, l'intérêt de la lecture s'émousse peu à peu, même si la précision du propos force le respect. On apprécie que quelques digressions viennent aérer l'ensemble, à l'image de ce chapitre consacré aux autres cas de formations "bogus" recensés (The Velvet Underground, The Zombies, New Fleetwood Mac, MC5, entre autres). 

Sur près de 400 pages, le scandale se déroule. Tout n'est pas noir, et le "New DEEP PURPLE" connaît quelques succès, notamment quatre concerts donnés à guichets fermés à Honolulu, et des shows au Mexique devant 70 000 spectateurs se souciant guère du minois des musiciens sur scène. Le pathétique prend néanmoins vite le pas, et le livre s'étend sur ces promoteurs mal informés, qui signent le groupe sans savoir que Blackmore n'en fait pas partie, ces concerts qui virent à l'émeute dans plusieurs villes, ces problèmes techniques incessants, cette volonté des membres du groupe de forcer le trait et de se la jouer rockstars, arrivant en retard aux concerts, démarrant des tronçonneuses dans les halls des hôtels, cette gêne provoquée par une interprétation souvent bancale, Evans n'étant ni Gillan ni Coverdale.

Durant plusieurs mois, cette mouture inédite de DEEP PURPLE se produit aussi bien sur des grandes scènes que dans des bals de village, mais l'histoire s'achève naturellement en procès, que Steve McLean retranscrit in extenso, allant jusqu'à présenter les avocats des deux parties, n'oubliant pas de mentionner la sentence particulièrement sévère à l'encontre d'un Rod Evans qui a sans doute pris pour les autres.

La lecture nous laisse un léger goût amer, et l'impression d'avoir lu l'histoire d'un homme, Rod Evans, qui voulant bien faire s'est retrouvé dépassé par les événements. L'ouvrage souffre de l'absence de photos, qui auraient rendu le propos plus concret, et omet des événements importants de la vie du faux groupe, notamment l'enregistrement en studio de morceaux destinés à figurer sur un album. Au final, Stealing Deep Purple se révèle une lecture intéressante bien qu'un peu emphatique, offrant un regard complet sur ces événements qui, finalement, participèrent à rétablir le contact entre les membres du groupe et à engager son processus de reformation en 1984.

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