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ROCK PSYCH?D?LIQUE  |  LIVE

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CHRONIQUES

ALBUMS STUDIO

1971 ★★★★★  Gila - Free Electric Sound
1973 ★★★★★  Bury My Heart At Wounded Knee

ALBUMS LIVE

1999 ★★★★★  Night Works
ÉQUIVALENCES
Style + Membre : POPOL VUH

GILA - Night Works (1999) ★★★★★ 
Par AIGLE BLANC le 31 Octobre 2025          Consultée 156 fois

Comme pléthore de formations de rock allemand des années 70 ne bénéficiant pas aujourd'hui de la même reconnaissance que CAN ou AMON DÜÜLL II, GILA n'a connu qu'une brève carrière commencée en 1971 et déjà achevée après 1973. Jusqu'en 1999, la discographie du groupe de Connie Veit n'affichait que deux albums studio, matière trop maigre pour évaluer de manière significative un talent n'ayant pas eu le temps de s'affirmer ni de mûrir.
La dichotomie existant entre l'album inaugural Gila (1971), d'orientation rock psychédélique, et l'opus suivant Bury My Heart At Wounded Knee (1973), d'obédience bien plus folk, n'a pas aidé la critique à bien circonscrire la personnalité du groupe. De plus, deux formations bien différentes officient au sein de ces deux albums, la première de style rock et la seconde comprenant plusieurs membres d'un autre groupe mythique du Krautrock, le bien aimé POPOL VUH, le guitariste Connie Veit constituant le seul lien entre ces deux line up.*
GILA aurait pu fort bien rester le groupe de deux opus sans la publication en 1999, soit 26 ans après sa dissolution, du présent Night Works, live radiophonique daté de 1972 et qui, au lieu de présenter un programme basé sur des titres du premier opus, offre 7 pistes inédites, donnant à cet enregistrement enfin 'dévoilé' l'allure d'un album à part entière.
Pourquoi avoir interprété ces titres inédits en live et ne pas par la suite en avoir livré un enregistrement studio ? Si la question n'a jamais vraiment obtenu de réponse, il est possible de prendre du plaisir à l'écoute des 7 titres qui constituent le programme de ce qui sonne comme d'amples improvisations plus proches stylistiquement du rock psychédélique de Gila que de le folk de son successeur Bury My Heart At Wounded Knee.

Reconnaissons toutefois que la musique déployée ici souffre aujourd'hui d'une persistante impression de 'déjà vu'. Combien de groupes de rock, lors de jams amicales, n'ont-ils pas généré ce type de musique dont l'absence de réelle structure limite la portée? Il n'y a pas vraiment de compositions au sens strict du terme puisque l'improvisation auto-génère une musique certes libre, mais soumise également aux aléas de l'inspiration du moment ou aux irrégularités potentielles de la communication entre les musiciens eux-mêmes. S'il y a de bons passages à glaner dans Night Works et une cohérence globale appréciable, due à l'osmose des instruments, l'auditeur épris de voyages audacieux et de percées vers l'inconnu, du moins vers de surprenantes découvertes, cherche en vain à se sustenter tant l'ensemble résonne aujourd'hui d'une façon quelque peu conventionnelle. Le pire, sans être évité, est même effleuré lors du seul passage chanté au moment du deuxième titre "Braintwist". Il est difficile de comprendre pourquoi Connie Veit, 4 minutes après le début de ladite piste, qui en dure 7, a décidé de se mettre à chanter, alors que le rock de GILA, dans la mouvance de celui de PINK FLOYD, s'en passe aisément. Il va de soi que le guitariste n'a pas le talent de chanteur de David Gilmour. Ces quelques minutes où il pousse sa voix ne lui sont guère favorables. Heureusement, il ne reproduit pas l'expérience après ce titre, l'enregistrement se cantonnant à un rock instrumental plutôt bien troussé, malgré son absence d'originalité.
Peine perdue également si l'auditeur cherche un titre qui s'imprimerait instantanément, et à vie, dans son cortex cérébral. Non seulement, aucune des 7 pistes ne sort du lot, mais le mixage a effacé semble-t-il le silence entre les titres, donnant l'impression d'une longue composition de plusieurs mouvements dans la tradition du rock progressif. Mais cela n'en fait pas pour autant une musique progressive, faute de recherches structurelles et de variations rythmiques pouvant en relancer l'intérêt.
Connie Veit en revanche démontre, une fois de plus, son talent de guitariste qui ne cherche jamais la virtuosité gratuite mais nous persuade constamment de la solidité de son jeu à la douze cordes. Il ne s'octroie presque jamais d'échappée en solo, sa guitare sonnant au coeur d'un environnement laissant les autres instruments s'exprimer en toute fraternité. C'est ainsi que l'orgue de Fritz Scheyhing, la batterie et les percussions de Daniel Alluno et la basse de Walter Wiederkehr forment un mur sonore, une matière organique qui fait l'identité affirmée de GILA.
La plupart des titres démarrent sur une boucle répétée de guitare/batterie ("Around Midnight", "Braintwist"), voire de basse/batterie ("Viva Arabica", "The Gila Symphony") servant de structure à l'ensemble de chaque composition, avant que l'orgue ne se mette à surfer sur ces rythmes incantatoires. Il est possible alors de trouver quelques similitudes entre GILA et THE DOORS, principalement avec les compositions les plus atmosphériques du groupe de Jim Morrison ("The End", "Riders On the Storm". Hélas, après ces lancements prometteurs, les développements ultérieurs peinent à soutenir l'attention de l'auditeur ce dernier On aurait aimé plus de respiration au sein de chaque titre, des introductions un peu plus variées ou sophistiquées, une palette sonore plus diversifiée, et notamment dans le jeu de Fritz Scheyhing à l'orgue, pour doter cette musique psychédélique, par ailleurs intéressante et bien exécutée, d'un peu des nuances qui lui font souvent défaut.

La musique de GILA, sans être le moins du monde déshonorante, ne dégage pas la puissance onirique des premiers PINK FLOYD ni celle, plus cosmique, d'HAWKWIND. GILA fut un groupe intéressant, mais peu original.

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LA CHRONIQUE

 > PRINCIPALE
  ★★★★★ AIGLE BLANC


LINE-UP
- Conny Ceit (chant, guitare ?lectrique)
- Fritz Scheyhing (claviers, orgue)
- Walter Wiederkehr (basse)
- Daniel Alluno (batterie)

TRACKLIST
1. Around Midnight
2. Braintwist
3. Trampelpfad
4. Viva Arabica
5. The Gila Symphony
6. Communication Ii
7. The Needle


             



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