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- Style : Bruce SPRINGSTEEN, The BYRDS, John MELLENCAMP, Bob SEGER, Bonnie RAITT
- Style + Membre : The TRAVELING WILBURYS

TOM PETTY & THE HEARTBREAKERS - Mudcrutch (2008)
Par MARCO STIVELL le 13 Novembre 2025          Consultée 186 fois

Coup de théâtre au sein de Tom PETTY & The HEARTBREAKERS en cette fin d'année 2000 : le principal intéressé a décidé de reformer son premier groupe ! MUDCRUTCH, vous vous souvenez ? Rien que le nom, plein d'humidité et d'empreinte terroir, conserve tout le passé de PETTY, de Mike Campbell et de Benmont Tench, seuls membres d'origine ayant mieux que survécu au sein des HEARTBREAKERS et au fil des décennies (même si le bassiste Ron Blair a fini par revenir). Et en même temps, cette reformation s'est révélée tout à fait naturelle. Déjà, au début des années 2000, leur concert d'intronisation au Rock'n'Roll Hall of Fame avait prouvé qu'une forme d'unité spontanée entre musiciens pouvait resurgir en un clin d'œil, quoi qu'il ait pu se passer — notamment dans le cas de Stan Lynch.

Ensuite, sur Highway Companion, son album " presque " solo de 2006, PETTY revenait non seulement à des sonorités plus blues, mais également à des souvenirs lointains d'enfance et d'adolescence dans ses textes. Tout naturellement, la tournée qui a suivi cet album mena les HEARTBREAKERS, le 21 septembre 2006, à fêter leurs 30 ans de carrière à Gainesville, le chef-lieu étudiant du nord de la Floride où tout avait commencé. Concert pris d'assaut par les locaux, enthousiasme débordant, et musiciens qui, en quelques jours, se sont rapprochés de leurs racines. Un an plus tard, le film Runnin' Down a Dream, immense succès tant commercial que critique, contient des images d'époque de MUDCRUTCH qui ravivent chez Tom ces envies passéistes.

Il contacte alors Tom Leadon et Randall Marsh, qu'il n'avait pas croisés depuis plus de trente ans et qui croient d'abord à une plaisanterie. Le premier n'avait participé qu'aux deux premières années d'existence de MUDCRUTCH, en 1971-72, tout comme le chanteur Jim Lenahan, qui ne fera pas partie de l'aventure (mais dont on se souvient qu'il avait dirigé les lumières pour les concerts et tourné quelques clips des HEARTBREAKERS au début des années 80). Leadon est devenu professeur de musique à Nashville. Marsh, lui, était resté jusqu'en 1975, soit toute la première existence du groupe. Après le départ de Leadon, PETTY avait dû passer à la guitare rythmique, et plusieurs bassistes s'étaient succédé — Danny Roberts puis Charlie Souza — qui ne sont pas recontactés. Tom décide donc de reprendre la basse, comme il l'avait fait pour les TRAVELING WILBURYS.

Les deux vieux copains finalement convaincus débarquent en Californie auprès de Tench, Campbell et PETTY. L'enregistrement du nouvel album de MUDCRUTCH (publié chez Reprise) se fait en toute simplicité, dans une émotion et une complicité retrouvées, en à peine dix jours ! Pari gagné, aussi bien humainement que musicalement. Vu le nombre de titres et le peu de temps disponible, cela nécessite quelques reprises, dans un esprit adolescent. Elles ne sont que quatre sur quatorze morceaux : deux traditionnels (" Shady Grove ", " June Apple "), " Lover of the Bayou " des BYRDS — dont le titre évoque à lui seul la Floride — et " Six Days on the Road " (Dave DUDLEY), qui sent bon les grandes années des studios Muscle Shoals, fine fleur de l'enregistrement sudiste. Le reste vient presque entièrement de la plume de PETTY, parfois épaulé par Campbell.

Le chanteur-bassiste use comme jamais de son accent natal — " Scare Easy " en est témoin — tout comme de l'excellence d'une formule que les années n'ont pas annihilée, mais au contraire sublimée par le professionnalisme des musiciens. On se délecte de l'orgue de Tench, des soli de mandoline de Campbell, aussi inspirés que chez les HEARTBREAKERS, mais différemment. L'âme rurale du Vieux Sud transparaît jusqu'aux derniers accords de " Heart of Stone " ; les nuances gospel, sans excès, du shuffle-country " Orphan of the Storm " ; le blues-rock railleur et routier du meilleur acabit sur " The Wrong Thing to Do " ; ou encore l'explosion jubilatoire des talents réunis — y compris Marsh à la batterie et Leadon, en belle dualité de guitares avec Campbell sur le boogie épique " Bootleg Flyer ". Un pur régal.

" Shady Grove " sonne comme le pendant américain du britannique " Matty Groves " (immortalisé par FAIRPORT CONVENTION), en version plus bluegrass : le chant-chœurs fonctionne à merveille, tout comme le duo piano-guitares et les baguettes-balais de Marsh. L'autre traditionnel, instrumental cette fois, " June Apple ", est un hornpipe hérité d'Irlande, aux consonances proches du grand marécage sudiste — avec, en prime, les batraciens chantant de nuit sur la fin. De quoi offrir un enchaînement tout trouvé avec la reprise des BYRDS, dont les paroles identitaires et le riff de Leadon en intro font mouche.

Leadon, d'ailleurs, suit l'exemple de Tench et de son propre " This Is a Good Street " (on se souvient que Campbell avait ouvert la voie sur Echo en 1999) pour composer et chanter " Queen of the Go-Go Girls ", ballade country post-rupture tournée au vitriol. Le sommet de l'album est atteint avec " Crystal River ", étiré sur neuf minutes trente, incroyable de force, avec Tench qui mène la danse, aussi solaire au piano que fantomatique à l'orgue bastringue. Le mode mixolydien (septième note mineure dans un mode majeur) y est à l'honneur, et l'ambiance se prolonge sur la tout aussi élégante " Oh Maria ", country galante et fragile où PETTY, depuis The Last DJ (2002), chante mieux que jamais et reste tourné vers le Mexique.

En bref, plus qu'une parenthèse, cette aventure est une seconde chance comme on en voit rarement — surtout après tant d'années —, un gentil caprice devenu projet à part entière, qu'on valide avec passion même sans être amateur de cette musique. L'album connaît un succès inespéré (n°8 au Top US !), tout le monde salue l'initiative, y compris sur scène — même si, ironie du sort, MUDCRUTCH ne joue pas " chez lui ", en Floride. Un mini-live voit le jour, enregistré en Californie (au Troubadour de Los Angeles notamment) : une fois bien installé, il semble décidément difficile de la quitter !

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   MARCO STIVELL

 
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- Tom Petty (basse, chant)
- Mike Campbell (guitares, mandoline)
- Tom Leadon (guitares, chant, choeurs)
- Benmont Tench (claviers, chant)
- Randall Marsh (batterie)


1. Shady Grove
2. Scare Easy
3. Orphan Of The Storm
4. Six Days On The Road
5. Crystal River
6. Oh Maria
7. This Is A Good Street
8. The Wrong Thing To Do
9. Queen Of The Go-go Girls
10. June Apple
11. Lover Of The Bayou
12. Topanga Cowgirl
13. Bootleg Flyer
14. House Of Stone


             



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