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- Membre : Alan SIMON

BARCLAY JAMES HARVEST - Eyes Of The Universe (1979)
Par BRADFLOYD le 7 Décembre 2025          Consultée 312 fois

And The They Were Three. Non, il ne s'agit pas de GENESIS mais bien de BARCLAY JAMES HARVEST qui, après XII se retrouve en studio pour sortir son nouvel album, le 5 novembre 1979. Vrai album de rupture, Eyes Of The Universe n'en demeure pas moins un des albums les plus plébiscités par les amateurs du groupe. Et ce pour plusieurs raisons :

Tout d'abord, il répond à l'air du temps. Mis à part PINK FLOYD en 1977 qui répliquait par une certaine violence via Animals au "I Hate Pink Floyd" des SEX PISTOLS et autres groupes punk, tous les groupes de rock progressifs se prirent une claque dans la tronche, leur musique sophistiquée à rallonge ne répondant plus au désir du public qui se tournait également vers la synth-wave, la cold wave et autre new-wave à tendance romantique. Côté prog, GENESIS simplifia ses chansons, Mike OLDFIELD se tourna vers le disco, YES tergiversa jusqu'à changer radicalement d'orientation en 1983 après que Steve Howe a pu apprécier le plaisir des charts avec ASIA, ANGE durcit sa musique et tous les autres groupes tels GENTLE GIANT, PFM ou VAN DER GRAFF GENERATOR perdirent leur intérêt sauf pour les aficionados du style en attendant la renaissance du style par MARILLION. En bref, ce n'était pas la joie. Or, B.J.H avait déjà anticipé ces changements par l'entremise de Les Holroyd et s'orientait depuis quelques temps vers la pop FM tout en gardant ce léger côté prog qui les distinguerait de la concurrence.
Ensuite, Eyes Of The Universe se distingue par la qualité de ses chansons. Nous avons ici de petits joyaux mélodiques malgré le caractère aventureux de l'élaboration de l'album et les tensions nées de la scission en interne. L'aventure tient en cette orientation nouvelle mais pleinement assumée par le désormais trio qui fut renforcé pour deux titres ("The Song (They Love To Sing)" et "Sperratus") par Kevin McAlea aux claviers et Alan Fawkes au saxophone pour le final de "Play To The World". Le reste des claviers est assuré par Lees et Holroyd et, si nous n'avons plus les envolées symphoniques de Woolly Wolstenholme, ceux-ci assurent en terme de simplicité et efficacité. Mais cette scission marquera durablement le groupe qui se caractérisait par un double duo, Lees / Wolstenholme d'un côté et Holroyd / Pritchard de l'autre. Or, le départ de Wolstenholme entraîne un déséquilibre qui va profitant à Holroyd désormais. Pourtant, à l'écoute de ces morceaux, rien ne transparaît malgré des sessions d'enregistrement se déroulant dans l'urgence et l'inconfort. Plusieurs titres sont retravaillés à l'aide de synthétiseurs modernes et de séquenceurs, apportant une coloration inédite voire froide au répertoire, sachant que Kevin McAlea jouait plus le rôle de rustine qu'autre chose, cette solution n'étant pas envisagée comme pérenne. Pour ce qui concerne ces sons nouveaux, ils transparaissent dès le premier titre, "Love On The Line", avec une nette influence de ALAN PARSONS PROJECT. C'est le titre qui fait entrer B.J.H dans les 80's et qui va séduire le public européen, en particulier allemand. Et même si "Alright Down Got Boogie (Mu Ala Rusic)" se fait plus rock 'n' roll que le titre précédent, le son des claviers, radicalement différent des années précédentes, n'empêche pas le clin d'oeil au vieux BJH tout en se lançant dans la modernité et l'expérimentation. En revanche, "Rock 'n' Roll Lady", tubesque à souhait, est moins aventureux et on sent que Holroyd cherche à plaire au plus grand nombre*. La mélodie est efficace, le refrain entêtant et ce titre sera d'ailleurs le seul que le groupe jouera régulièrement en concert jusqu'en 1984.

Mais ce sont des titres comme "Sperratus" qui surprennent et deviennent des pierres angulaires du disque. Déjà placé en son plein centre pour le CD, mais en premier sur la seconde face du vinyle, c'est un titre qui navigue entre balade aérienne dans les couplets et hard rock à tendance prog dans son refrain. C'est LE titre qui m'a fait découvrir le groupe et pour lequel je me suis pris de passion. Ce titre, et "Play To The World" qui est celui qui permet à BJH de garder un pied dans le prog atmosphérique en gardant cette filiation avec les MOODY BLUES et les 10CC. Sans oublier "Capricorn" qui est un des premiers morceaux que j'ai appris à jouer à la guitare, avec ses arpèges prélude à une grosse guitare bien grasse pour la partie refrain. Indéniablement, ce titre séduit par ses variations rythmiques et son écriture en contretemps. Et puis, que dire de "Skin Flicks" qui est le titre le plus aventureux de l'album, avec ses ruptures de rythmes entre parties hispanisantes et rock enlevé notamment dans sa partie finale très aérienne ? Il est juste à regretter certains sons syncopés de claviers hyper datés. Et enfin, "The Song (They Love To Sing)" qui permet à l'auditeur de baigner dans une ambiance feutrée, la voix de Holroyd se faisant toute en retenue, les claviers accompagnant de façon magnifique ce titre mélancolique.

Malgré les tensions nées du départ de leur claviériste, Eyes Of The Universe n'en reste pas moins un excellent album, atypique de toute la discographie de BARCLAY JAMES HARVEST. La gravité dramatique de Lees s'affronte à l'efficacité pop de Holroyd et c'est ce duo complémentaire, à l'instar de ce qui se passait chez SUPERTRAMP, voire les BEATLES, qui va permettre au groupe de perdurer en exploitant justement cette dualité. Les claviers, pourtant omniprésents, ne sont plus là que comme accompagnement d'une guitare qui prend le pouvoir avec la rythmique imparable de Mel Pritchard. Si les premiers fans furent quelque peu désappointés de ce changement de direction, ce disque permit au groupe de s'ouvrir à un nouveau public sur lequel ils capitaliseront durant près de 10 ans avec des concerts qui deviendront monumentaux et historiques. Mais ceci est une autre histoire.

Note réelle : 4,5/5.

*D'ailleurs, il est placé en deuxième sur la seconde face du vinyle. Or, à l'époque, pour ceux qui ne le sauraient pas, le titre n°2 de la seconde face était par convention celui qui était choisi pour être le single qui devait passer en radio.

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   BRADFLOYD

 
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- John Lees (guitare, chant, claviers)
- Les Holroyd (basse, chant, claviers)
- Kevin Mcalea (claviers additionnels)
- Mel Pritchard (batterie, percussions)
- Alan Fawkes (saxophone)


1. Love On The Line
2. Alright Down Got Boogie (mu Ala Rusic)
3. The Song (they Love To Sing)
4. Skin Flicks
5. Sperratus
6. Rock 'n' Roll Lady
7. Capricorn
8. Play To The World


             



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