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SOFT-ROCK  |  STUDIO

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CHRONIQUES

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1979 ★★★★★  Christopher Cross
2014 ★★★★★  Secret Ladder

Christopher CROSS - Christopher Cross (1979) ★★★★★ 
Par MARCO STIVELL le 18 Janvier 2026          Consultée 325 fois

Tant de chroniques pour Forces Parallèles, cela nécessite un bon archivage de fichiers Word, en dossiers nommés par lettre d'alphabet et qui contiennent chacun eux-mêmes les dossiers de tous les artistes rattachés, mais classés par leur prénom d'abord dans le cas d'artistes solistes. Une des quelques joies de cette méthode, c'est, au moment de créer un dossier Christopher CROSS, de le voir se placer juste en-dessous de celui consacré à Christine McVIE. Deux artistes majeurs d'une pop qui, depuis les années 1970, brille de tout son éclat, y compris par un caractère vraiment musicien.

Le Texas avait besoin d'une autre fierté que ZZ TOP pour rayonner en rock, fût-elle diamétralement différente. Fils d'un militaire, pédiatre et physicien de Washington qui aurait soigné les petits enfants du président Eisenhower durant les années 50, Christopher Geppert voit le jour à San Antonio, plus proche du golfe du Mexique donc, la deuxième ville du gros État méridional, au sein d'une famille de cinq enfants. On ne peut pas parler de vrais WASP, vu qu'ils sont de foi catholique (d'où le futur 'cross', autrement dit la croix, du pseudonyme ?), et tout le monde suit papa selon les besoins de l'armée, même à Tokyo, Japon, pendant trois ans !

Le petit Christopher grandit avec l'amour du rock'n'roll, Buddy HOLLY, Ritchie VALENS (tous les deux morts dans le même accident d'avion), les EVERLY BROTHERS, etc. Son père ayant été contrebassiste durant ses années lycéennes pour des formations jazz, il suit son exemple tout en finissant son cursus secondaire à San Antonio, où la famille est revenue. Il se joint, à la fin des années 60, aux membres du groupe FLASH, Andy Salmon et Rob Meurer, avec qui il se forme des années durant à Austin, quatrième ville du Texas et l'une des plus riches au monde (sièges d'IBM, Texas Instruments, Apple). Ils y rencontrent le jeune batteur Tommy Taylor, véritable star locale.

Déjà remarquable à la guitare, un soir de l'année 1970, il remplace un certain Ritchie Blackmore, alors malade, pendant un concert de DEEP PURPLE, au pied levé ! Et comme autre anecdote croustillante, un jour de 1974, pour l'achat d'une Gibson Les Paul, il troque dans un magasin sa Stratocaster qui, le jour suivant, est acquise par un certain Stevie Ray VAUGHAN, dont elle sera connue comme la 'Number One' ! Il vit au même moment avec son épouse Roseanne, mais il leur faut attendre des années avant d'être reconnus à leur juste valeur. Encore que cette notion devienne discutable dès la signature du contrat avec la Warner en 1978, opportunité royale certes, mais sous le nom d'artiste soliste Christopher CROSS.

Sur le premier album, Salmon, Taylor et Meurer sont bien présents aux côtés de Geppert/CROSS ; les deux premiers d'ailleurs sont les seuls à tenir leurs instruments respectifs, alors que le troisième est régulièrement doublé, voire supplanté, par Michael Omartian, producteur de l'ensemble. Le chanteur-guitariste, loin s'en faut d'être manchot lui-même, on le sait, laisse souvent sa place pour les solos à des personnes de renom comme Larry CARLTON, Jay Graydon ou encore Eric JOHNSON (qui apprécie vite le jeu de batterie de Tommy Taylor). Mais enfin, ce premier album, réussite totale, est aussi un drôle de compromis entre les studios 'familiaux' de Pecan Street à Austin, Texas, et ceux, plus impersonnels mais aussi impeccables, d'Hollywood, Californie, prêtés par la Warner.

Et s'il n'y a pas de nom pour cet album, il y a une image, bordée de beau vert sombre pour mieux éblouir, celle du flamant rose, sans aucune symbolique, sinon celle de la persévérance musicale. Il n'y en a même pas aux Etats-Unis ; parmi les quelques régions du monde concernées, la Camargue en Provence, où niche la plus grande colonie, est une fierté. Le premier batteur de FLASH avait peint cette image et le groupe l'a toujours utilisée comme porte-bonheur, comme principale influence de ce à quoi il voulait faire ressembler sa musique précisément. Et tout cela s'est produit, sans doute grâce à l'esprit du bon flamant au rose doux, loin des barbes piquantes du ZZ TOP.

Christopher CROSS, le chanteur et son groupe, car on ne peut plus raisonner autrement, s'inscrit totalement dans la veine soft-rock de cette fin des années 70. Mieux même, il la transcende. Sur certains titres comme "Poor Shirley", le seul où Rob Meurer tient tous les claviers et plus proche du son folk-rock des années 60/début 70, on ressent mieux le côté 'groupe d'Austin', mais pour les tubes, le paquet est mis. À ce degré de production aussi magistral, on pense forcément aux vrais Californiens de STEELY DAN ; toutefois, la musique, d'obédience moins west-coast, est aussi plus pop, moins exigeante que celle de la bande à Fagen et Becker (qui ont voulu souvent faire jouer CROSS sur leurs disques, mais trop humble, donc c'est resté vain !), moins clinique dans sa recherche de perfection sonore également.

Et puisqu'on parlait de Christine McVIE, il y a cette écriture pop redoutablement efficace et toujours dans un esprit musicien, aussi bien tournée que les productions du FLEETWOOD MAC des grands succès. Parce qu'il est guitariste-chanteur, je vois une proximité entre CROSS et Lindsey Buckingham, que sa voix évoque d'ailleurs souvent, mais en moins fougueux et versatile. La musique hérite aussi du jazz et des musiques latines pour les percussions, du disco en vogue dans les arrangements de cordes, de cuivres, voire de synthétiseurs. Bref, le soft-rock pur et entier, grands sentiments et sensualité entre golfe du Mexique et océan Pacifique, avec un côté 'Croisière S'amuse' – c'est l'époque - pour le côté gala/endimanché, mais même pas kitsch pour le coup.

De plus et encore une fois, CROSS s'arrange lui-même, ou indirectement, pour que chaque chanson contienne sa patte guitare, afin de la rattacher au rock plus 'vrai'. Le côté lover, désespéré ou non, est ainsi bien contrebalancé, et on aime aisément tout ce qu'on entend dans ce premier disque, même quand le saxophone vient supplanter la guitare pour la conclusion d'ensemble, sur "Minstrel Gigolo". Sur ce titre, la basse de Salmon chante auprès de la guitare d'Eric JOHNSON, tandis qu'ailleurs, et dès qu'il le peut, Tommy Taylor, à la batterie, rajoute de bons effets savants. Derrière le piano d'Omartian, réglé au poil de flamant près, les synthés de Meurer offrent un régal discret, sur "Ride Like the Wind" en particulier. Et chaque chanson est une perle, même la ballade simple "The Light is On", où Don Henley des EAGLES fait des choeurs.

Le rock à congas, saveur caviar, débordant de choeurs féminins, s'installe dès "Say You'll Be Mine" avec force, impeccable. La chanteuse Nicolette LARSON, connue grâce à Neil YOUNG et sous son propre nom seul, fait mieux qu'accompagner CROSS à merveille. Plus loin, sur le slow mi-tango, mi-rêveur "Spinning", Valerie Carter (collaboratrice de Jackson BROWNE) prend un digne relais. Michael McDONALD, quant à lui, vient seconder CROSS avec un ton de bonne soul sur "I Really Don't Know Anymore", auquel des cuivres rutilants sont ajoutés, ainsi que la guitare de Larry CARLTON, malgré un refrain ralenti et folk.

Et puis il y a les tubes. "Never Be the Same", avec sa pop élancée qui préfigure les années 80 toutes proches (l'album sort fin décembre 79, pile à temps), puis "Ride Like the Wind", avec ses couplets majestueux aux claviers clairs et en avant, ou encore son côté Elton JOHN bienvenu à une heure où celui-ci n'en offre pas du tout (l'album Victim of Love) et qui lance même un début de jam musicienne à la fin. Numéro 2 au top US, pas pour rien ! On s'en étonne moins que du numéro 1 qu'a été "Sailing", pour une semaine certes. Les yachts sont bien évoqués sur cette ballade toute en crescendo, à l'arpège guitare marin, aux grelots et au triangle cristallins. De la belle ouvrage, nul doute que le disque ait été offert par chaque armateur pour l'achat d'un bateau de luxe ; en tout cas, c'est un succès mérité, entre ses millions de ventes, ses Grammys multiples.

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LA CHRONIQUE

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  ★★★★★ MARCO STIVELL


LINE-UP
- Christopher Cross (chant, guitares, choeurs)
- Andy Salmon (basse)
- Tommy Taylor (batterie)
- Rob Meurer (pianos, orgue, synthétiseurs, célesta)
- Michael Omartian (piano, synthétiseurs, choeurs)
- Jay Graydon, Larry Carlton (guitare solo)
- Eric Johnson (guitare solo)
- Lenny Castro (percussions)
- Victor Feldman (vibraphone, percussions)
- Jim Horn, Jackie Kelso (saxophone)
- Tomás Ramírez, Don Roberts (saxophone)
- Lew Mccreary (trombone)
- Chuck Findley (trompette, bugle)
- Assa Drori (direction d\'orchestre)
- Nicolette Larson, Michael Mcdonald (choeurs)
- Valerie Carter, Myrna Matthews (choeurs)
- Marty Mccall, Stormie Omartian (choeurs)
- Don Henley, Jd Souther (choeurs)

TRACKLIST
1. Say You'll Be Mine
2. I Really Don't Know Anymore
3. Spinning
4. Never Be the Same
5. Poor Shirley
6. Ride Like the Wind
7. The Light is On
8. Sailing
9. Minstrel Gigolo


             



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