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ROCK PROGRESSIF  |  STUDIO

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CHRONIQUES

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1971 ★★★★  St Radigunds
1972 ★★★★★  Old Boot Wine
1973 ★★★★★  Bells Boots And Shambles

SPIROGYRA - Bells Boots And Shambles (1973) ★★★★★ 
Par MARCO STIVELL le 25 Janvier 2026          Consultée 193 fois

La pochette de Old Boot Wine, deuxième album en 1972, avait tout pour plaire aux fans de rock progressif, mais je trouve celle de ce troisième album plus percutante. En plus, on voit toujours bien le design de SPIROGYRA si beau avec ce nom écrit en grand, tout comme la photo de Keith Morris aux couleurs bleutées à l'arrière-plan. Celle-ci illustre bien la dualité entre les voix de Barbara Gaskin, plutôt lumineuse, et celle de Martin Cockerham.

Quant à Bells, Boots and Shambles (1973), considéré par beaucoup comme un chef-d'œuvre perdu, il s'agit a minima d'un troisième album des plus intelligents. Et identitaires : ce disque a vraiment une texture visuelle de village anglais du Moyen Âge ou de la Renaissance, par une nuit brumeuse. C'est la plus grande réussite du groupe, lequel se mettra en sommeil par la suite et pour longtemps. Notez que Mark Francis laisse de nouveau sa place pour le coup (mais pas définitivement) à Julian Cusack qui était parti avant l'album précédent !

À la technique, on rencontre l'ingénieur du son Robin Black, qui a travaillé avec DONOVAN, Cat STEVENS, Iain MATTHEWS et son SOUTHERN COMFORT, SUPERTRAMP pour son premier album (note personnelle : le meilleur), EGG et même ALICE COOPER, mais aussi et surtout pour JETHRO TULL dont il façonne alors les plus grands albums (note personnelle : Aqualung n'en fait point partie). Tout semble donc soigné à merveille, avec en plus la participation plus marquée du batteur Dave Mattacks (FAIRPORT CONVENTION).

Le violoncelle gagne aussi du galon, et cet album, vraiment pas en reste dans les surprises, comporte de superbes arrangements de flûte (Stan Sulzman, plutôt saxophoniste d'ordinaire, à la « classique », et Steve Ashley au whistle celtique traditionnel) ou encore de trompette (Henry Lowther, un des « favoris » du revival folk anglais d'alors). Julian Cusack se charge des arrangements mais il n'est pas seul : on rencontre pour certains titres le concours de Dolly COLLINS, grande sœur de Shirley qui est une chanteuse parmi les plus emblématiques de sa patrie.

Bells, Boots and Shambles s'ancre davantage que ses deux prédécesseurs dans la tradition prog. Le titre pose tout un programme : les bottes ne sont bien sûr pas celles de la mode féminine, mais bien celles qui marchent au pas de l'oie (et que l'on entend d'ailleurs à un moment dans le disque). Entourées par les « cloches » et la « pagaille », on voit bien où Cockerham veut en venir, avec son esprit acéré d'hippie contestataire. Le premier morceau, "The Furthest Point", contient déjà quelques mentions antimilitaristes.

L'intro à elle seule, instrumentale, prouve la belle audace et maturité acquise du groupe avec de splendides arpèges de guitares et arrangements de violoncelle, flûte traversière puis trompette, tenant du jazz autant que de l'Europe de l'Est. Ensuite, le ton change avec une récitation lointaine, la voix de Cockerham n'ayant jamais aussi bien sonné qu'à travers cet effet aquatique. L'effet nébuleux est rompu par Dave Mattacks et ses roulements de toms, et Steve Borrill joue une walking bass bien adaptée à un slow pop-folk, toujours dynamique et marquée par les harmonies mixtes des deux chanteurs. Gaskin, en particulier, est impériale, ou plutôt féérique. Tout commence fort bien.

Chose curieuse, il n'y avait pas de morceau éponyme sur l'album précédent, mais on le trouve ici. Mené par la chanteuse, il rattrape d'ailleurs beaucoup de choses à ce niveau qui nous manquaient en 72, tout comme le feront bien d'autres moments ici, même la courte respiration "Spiggly" avec son whistle. Gaskin est le trésor du groupe, empli d'évidence, et la preuve en est avec le premier titre puis ce "Old Boot Wine" à l'ambiance perdue dans le brouillard anglais campagnard, d'une grande beauté baroque, avec le concours encore une fois du violoncelle, de la flûte et de la trompette douce.

Tout n'est pas parfait, puisqu'on parlait de "Spiggly", et il y a aussi la ballade "The Sergeant Says", marquée par la voix chevrotante de Cockerham, mais rien de méchant et pas de quoi baisser la note de cet album où même l'aigreur du maître à penser figure à son meilleur. Sur "Parallel Lines Never Separate", lui et Gaskin forment un duo pop-folk à la fois « serré » mélodiquement et très classieux. Le piano de Cusack ressort avec force, il y a une excellente progression. Bref, de la belle ouvrage, tout comme "An Everyday Consumption Song", autre chanson narrative remarquable où, entre flûte à bec et basse roulante, miss Barbara nous enchante jusque dans ses propres chœurs.

Le plat de résistance de cet album, jusque dans sa réalisation, demeure bien sûr "In the Western World", fresque de treize minutes qui aurait fort bien pu être aussi un final de carrière idéal. Divisée en quatre parties, elle fait se succéder la délicate et féminine intro éponyme avec un nouveau duo mixte splendide, "Jungle Lore". Puis la marche militaire susmentionnée résonne longuement et l'ambiance change, devient plus bluesy et lancinante ("Coming Back"), dominée par Martin Cockerham qui retrouve brièvement sa hargne façon vinaigre du premier album, avant que tout ne se conclut avec la "Western World Reprise" fabuleuse, plutôt sur un ton de gloire et réunissant tous les instruments du disque.

Celui-ci se verra par la suite ajouter, non pas la "Sea Song" perdue (chanson préférée de Cockerham pourtant !), écrite durant la tournée « finale » de 1974, mais "I Hear You're Going Somewhere", petite perle meilleure qu'un simple « bonus », et qui rattrape un peu les petites imperfections de la seconde face, avant la grande suite magique. Entre le riff de violoncelle remarquable, l'effet blues soigné et de jolies transitions et réunions entre les deux vocalistes, Gaskin en tête, il s'agit d'un délicieux « vous en reprendrez bien encore un peu ? ».

Ce qui n'arrivera plus par la suite, ou pas de la même façon. Passé 1974 et la dissolution du groupe, Steve Borrill et Julian Cusack se retireront de la scène. Cockerham développera sa science de la contestation et ses aspirations altermondialistes en partant vivre en Irlande et en jouant les globe-trotteurs, se passionnant pour l'Inde notamment. Gaskin, elle, sera la plus prolifique et la mieux suivie, notamment dans les années 80, mais elle ne sera pas présente lors de la reformation de SPIROGYRA, à la fin des années 2000.

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LA CHRONIQUE

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  ★★★★★ MARCO STIVELL


LINE-UP
- Martin Cockerham (chant, guitares)
- Barbara Gaskin (chant, choeurs)
- Steve Borrill (basse)
- Julian Cusack (violon, claviers, arrangements)
- Dave Mattacks (batterie, percussions)
- John Boyce (violoncelle)
- Stan Sulzman (flûte)
- Steve Ashley (whistle)
- Henry Lowther (trompette)

TRACKLIST
1. The Furthest Point
2. Old Boot Wine
3. Parallel Lines Never Separate
4. Spiggly
5. An Everyday Consumption Song
6. The Sergeant Says
7. In the Western World
8. I Hear You're Going Somewhere (bonus)


             



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