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HARD ROCK  |  STUDIO

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CHRONIQUES

ALBUMS STUDIO

1983 ★★★★★  1 Europe
1984 ★★★★  1 Wings Of Tomorrow
1986 ★★★★  1 The Final Countdown
1988 ★★★★★  1 Out Of This World
1991 ★★★★★  1 Prisoners In Paradise
2004 ★★★★  Start From The Dark
2006 ★★★★★  1 Secret Society
2009 ★★★★★  Last Look At Eden
2012 ★★★★  Bag Of Bones
2015 ★★★★  War Of Kings

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2017 ★★★★★  The Final Countdown 30th Anniv...

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2005 ★★★★★  Live From The Dark
2006 ★★★★  The Final Countdown Tour 1986
2011 ★★★★  Live At Shepherd's Bush, Londo...
SUR NIME
1983 ★★★★  Europe
1984 ★★★★★  Wings Of Tomorrow
1986 ★★★★★  The Final Countdown
1988 ★★★★  Out Of This World
1991 ★★★★★  Prisoners In Paradise
1992 ★★★★★  Best Of 82-92
1998 ★★★★  Super Hits
2004 ★★★★★  Start From The Dark
  ★★★★  Rock The Night
2006 ★★★★  Secret Society
2009 ★★★★★  Last Look At Eden
  ★★★★  Almost Unplugged
2011 ★★★★  Live Look At Eden
2012 ★★★★  Bag Of Bones
2015 ★★★★  War Of Kings
2017 ★★★★  Walk The Earth
ÉQUIVALENCES
Style : SCORPIONS
Style + Membre : DOKKEN

EUROPE - Bag Of Bones (2012) ★★★★ 
Par GEGERS le 8 Février 2026          Consultée 232 fois

Le bagage musical est un faux ami. A mesure que l'on vieillit, il s'alourdit un peu plus chaque jour, chaque mois, chaque année, se remplit de nouvelles découvertes musicales issues de notre intarissable curiosité, jusqu'à en déborder. Et arrive justement ce moment où il nous trahit et déborde, nous forçant à laisser sur le bas-côté quelques fiers soldats. Car, par notre expérience et notre soif de découverte, la liste des albums que nous emportons avec nous ne fait que s'allonger, s'étendre et s'élargir, tandis que notre temps disponible se révèle pour sa part limité et non extensible. En bon capitalistes, nous souhaiterions que notre capacité d'écoute connaisse elle-aussi les bienfaits de la croissance, mais nous nous débattons dans un monde fini. Ainsi, continuer à s'enthousiasmer, à découvrir, à creuser, que ce soit en termes de nouvelles sorties ou de rattrapage d'albums publiés avant notre naissance ou mésestimés demande une certaine organisation, un travail sur soi, même.

Consacrer du temps à Bag of Bones, c'est donc faire un choix. Une œuvre militante, presque. Vous auriez pu écouter des milliers d'autres albums, piochés dans votre discothèque personnelle ou sur les plateformes d'écoute en ligne, et vous avez choisi celui-ci. Vous auriez pu choisir un album de LED ZEPPELIN, DEEP PURPLE, UFO, WHITESNAKE ou THIN LIZZY, et vous n'auriez pas été très loin de la réalité. Car, avec cet album, leur neuvième, les Suédois amorcent un processus de voyage dans le temps qui les voit renouer avec leurs racines profondes, et rendre un hommage à leurs héros de jeunesse (rappelez-vous donc le morceau "Hero", sur l'album du retour en 2004), tout en poursuivant une recherche toute personnelle d'un accomplissement artistique, qui semble ici à portée de main.

Nous sommes ici en territoire blues, et ses frontières sont bien marquées. Un blues musclé, porté par d'ostensibles intonations hard rock, mais blues tout de même. Joey Tempest, dans le local de répétitions et d'écriture qu'il loue dans les sous-sols du Shepherd's Bush, à Londres où il réside, a beaucoup écouté le groupe BLACK COUNTRY COMMUNION, et puis (c'est une évidence) le récent Play Yard Blues de son camarade John Norum, lequel participe relativement peu aux séances d'écriture, co-signant seulement deux titres (soit autant que sur le précédent album Last Look at Eden).

L'album est capté fin 2011 dans les studios Atlantis Grammofon de Stockholm, en compagnie du producteur Kevin Shirley. Ce dernier sort justement de la production du dernier BCC, et c'est vers ce genre de son, épais et organique, que les membres d'EUROPE veulent aller. La méthode d'enregistrement sort de l'ordinaire, puisque les cinq musiciens enregistrent les pistes basiques en live, dans la même pièce, un procédé qu'ils avaient abandonné depuis les sessions pour l'album Wings of Tomorrow. Au moment d'entrer en studio, le groupe a déjà la majorité des morceaux sous le bras, notamment "Doghouse", le premier morceau écrit pour l'album et déjà présenté au public lors des concerts donnés plus tôt dans l'année (une version est immortalisée sur le Live At Shepherd's Bush, London). Un rock'n'roll direct et brut, qui nous permet d'apprécier la voix légèrement rugueuse, plus chaude et ronde de Joey Tempest, qui tire son épingle du jeu ici et dont la voix semble gagner en puissance et en amplitude avec les années.

L'album propose moins de pistes de synthés que ses prédécesseurs, l'instrument étant souvent remplacé par un orgue Hammond, qui donne à l'ensemble un son un peu plus "terreux" et organique, à la DEEP PURPLE. Mais c'est surtout LED ZEPPELIN que l'on a en tête à l'écoute de l'introductif "Riches to Rags", dont le groove ferait danser un cul-de-jatte. Les guitares sont épaisses, la rythmique lourde et puissante, et l'interprétation enivrante, prenant des airs d'incantation chamanique lorsque, sur le solo, le rythme s'emballe et transfigure complètement le morceau. "Not Supposed to Sing the Blues", présenté comme premier single, se place aussi du côté d'un tempo medium, mais bénéficie d'un refrain à la fois plus mélodique et résolument blues, agrémenté de percussions soutenant le morceau avec brio. Les paroles sont astucieuses, évoquant ces blancs qui ne sont "pas censés chanter le blues" à travers des titres d'albums ou de chansons d'artistes tels que AC/DC, les BEATLES, Peter FRAMPTON, ELVIS ou LED ZEPPELIN (encore eux). Et finalement, c'est son propre parcours de raconte ici Joey Tempest, sur ce morceau qui se révèle un des plus réussis de cet album.

L'ambiance générale de l'album est assez old-school, très chaude. Pour atteindre ce but, EUROPE a eu recours à du matériel des années 60 et 70, et a bouclé à boucle en revenant à ce hard originel que les membres du groupe aiment tant. "Demon Head", avec son orgue Hammond proéminent et son riff pointu, est un évident hommage à DEEP PURPLE, là où le court "Drink and and Smile", acoustique et marqué par des intonations folk 70's, n'aurait pas fait tâche sur un album des interprètes de "Stairway to Heaven". Il y a ici de véritables pépites qui hissent l'album vers les sommets. "Bag of Bones" est l'une d'entre elles. Débutant sur un arpège délicat, le morceau bénéficie de la présence à la slide-guitar de Joe Bonamassa, dont chaque note délicate et subtile transpire le charisme. Le morceau se transforme en hard rock mélodique d'une saveur exceptionnelle avec l'arrivée du refrain, l'orgue se mêlant à la stridence maîtrisée de la guitare. Tempest évoque ici la fatigue mentale et physique d'un musicien en tournée, tout en glissant quelques références aux émeutes londoniennes d'août 2011 ("My city lies in ruins"). "Firebox", qui deviendra un pilier des setlists futures du groupe, peut également prétendre au titre de chef-d'œuvre, avec cette urgence indomptable et cette frénésie sombre qui lui confère une saveur unique. Le morceau est porté par une intransigeance et une volontaire absence de mélodie sur les couplets, avant que les pré-refrains n'explosent comme une délivrance. La ballade "Bring it All Home" nous montre que peu de guitaristes sont capables de jouer le blues comme John Norum, et si le morceau manque d'une réelle progression, il apporte à l'album une touche de délicatesse qui se mêle fort bien à la rugosité ambiante.

En concert, le groupe défendra sept des onze morceaux de l'album, signe d'une foi évidente dans cette réalisation qui marque à la fois un accomplissement, le résultat d'un cheminement entamé en 2004 avec Start From the Dark, signe de l'acceptation des influences profondes du groupe. Mais aussi un nouveau départ, tant dans la manière d'enregistrer que dans les saveurs blues très prononcées, qui donnent le ton et l'orientation des albums futurs de la formation. Naturellement, porté par une amitié indéfectible et une inspiration sans faille, EUROPE balance avec Bag of Bones un album sans faiblesse et un des grands moments de sa discographie. Et voici que, même s'il est déjà plein, votre bagage musical s'enrichit d'un nouvel indispensable.

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LA CHRONIQUE

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  ★★★★ GEGERS


LINE-UP
- Joey Tempest (chant, guitare)
- John Norum (guitares)
- John Levén (basse)
- Mic Michaeli (claviers, hammond)
- Ian Haugland (batterie)

TRACKLIST
1. Riches To Rags
2. Not Supposed To Sing The Blues
3. Firebox
4. Bag Of Bones
5. Requiem
6. My Woman My Friend
7. Demon Head
8. Drink And A Smile
9. Doghouse
10. Mercy You Mercy Me
11. Bring It All Home


             



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