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Neil YOUNG - Fork In The Road (2009)
Par GEGERS le 1er Octobre 2009          Consultée 4562 fois

Fumeuse et fameuse question que celle de la légitimité du rédacteur de chroniques. Question d'autant plus épineuse lorsque ledit rédacteur de chroniques est votre serviteur, et que la légitimité concerne l'un des plus grands artistes de notre siècle, le bien nommé NEIL YOUNG. En effet, puis-je me permettre d'écrire la présente bafouille sur le dernier album du countryman canadien, dernier album d'une discographie qui compte tout de même une bonne trentaine d'albums studio, et surtout lui attribuer une note aussi indigne, lorsque l'on sait que NEIL YOUNG ne m'évoque que deux choses? Un morceau d'anthologie tout d'abord, le fabuleux Hey Hey My My, qui m'accompagna durant mon adolescence mais ne me donna pas l'envie de pousser plus loin ma découverte de l'univers musical du Canadien. Un album ensuite, le non moins fabuleux Living With War (2006), pamphlet politico-social bouleversant, chacune des 10 diatribes anti-Bush qui le composent résonnant encore dans ma tête comme autant d'épines vivaces et douloureusement délectables.

Ainsi, à partir de ces simples éléments, puis-je me prétendre capable de comprendre et d'analyser de façon convaincante la musique proposée une nouvelle fois par NEIL YOUNG sur le successeur de Chrome Dreams II? Certainement pas, se disent probablement les amateurs du Canadien. La musique de NEIL YOUNG est un tout indissociable, que l'on ne peut comprendre si l'on ne dispose pas de tous les éléments qui la composent. Certes, mais ce manque de connaissance vis à vis de l'histoire du Canadien et de sa discographie annihile-t-elle toute possibilité d'apprécier (ou non) sa musique pour ce qu'elle est, de faire preuve de discernement et de constater, simplement mais tristement, que cet album est très loin d'être une réussite musicale?

Après cet épisode « justification », abordons le vif du sujet. Car à l'image de la pochette lui donnant l'air d'un lapin pris dans les phares d'une voiture (sujet dont il sera fortement question), NEIL YOUNG donne ici l'impression d'avoir été pris par surprise, d'avoir sorti un album inachevé, tant sur le fond que sur la forme. Car si l'on retrouve le même son de guitare volontairement « crade » (les amateurs diraient « roots ») que sur Living With War, allant ma foi fort bien avec l'image véhiculée avec le personnage, il est bien difficile cette fois de trouver ne serait-ce qu'une once de maîtrise, d'homogénéité (si ce n'est dans la médiocrité) dans un album qui donne l'impression d'avoir été enregistré durant des répétitions alcoolisées : dès le riff pachydermique du morceau d'ouverture When Worlds Collide, l'on sent que l'écoute de l'album va relever du chemin de croix. Voix désespérément fausse et faiblarde (NEIL YOUNG tente de donner le change grâce à quelques choeurs sur les refrains, irritants et inefficaces), rythme plombé incapable d'insuffler au morceau une quelque âme ou un quelque intérêt que ce soit, le constat est bien triste.

Et le reste de l'album est (malheureusement) à l'avenant. Visiblement obnubilé par sa voiture, dont le moteur a été remplacé par un moteur électrique, NEIL YOUNG passe plus de la moitié de l'album à nous vanter les pouvoirs extraordinaires de l'électricité, à décrire son engin à roues sous toutes les coutures, et à provoquer un sentiment irrépressible de lassitude et d'ennui, véhiculé par des mélodies mollassonnes et inutilement répétitives...Fuel Line, Get Behind the Wheel (rock bateau...), Off the Road, suivi de l'original Hit the Road... NEIL YOUNG tente de surnager dans un océan de poncifs témoignant d'un manque total de conviction et d'inspiration, le summum étant atteint avec l'ignoble Cough Up the Bucks, qui voit NEIL YOUNG scander (ou tenter de rapper, le saurons-nous un jour?) un refrain insipide, avant de chevroter des paroles sans queue ni tête sur un clavier abrutissant. Le comble de la déchéance.

Un morceau surnage dans cet océan de médiocrité. La ballade acoustique Light a Candle, sur laquelle la voix abîmée d'un Neil Young visiblement fatigué prend ici toute son ampleur et parvient à véhiculer une émotion totalement absente du reste de l'album, sur laquelle la voix devient une force au service d'un magnifique morceau et non un handicap. Seule réussite de cet opus, ce morceau permet à l'auditeur de se rendre compte que malgré d'importants signes de faiblesses, NEIL YOUNG peut encore être ce griot blanc auteur de quelques unes des plus belles pages musicales du siècle passé.

« Just Singing a Song Won't Change the World » nous chante (ou tente de chanter) NEIL YOUNG sur le morceau du même nom. Et s'il est vrai qu'une chanson n'a jamais changé la face du monde, les dix présentées par le Canadien sur son nouvel album (à l'exception de Light a Candle) sont loin de le rendre meilleur, et ne font que porter préjudice à la carrière d'un artiste pourtant majeur. Et si le rédacteur de chroniques ne véhicule pas toujours une parole juste, il témoigne en tout cas du triste et indéniable déclin d'un NEIL YOUNG qui n'est visiblement plus que l'ombre de lui-même.

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   GEGERS

 
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- Neil Young (electric and acoustic guitar, vocals)
- Ben Keith (lap steel guitar, electric guitar, hammond b-3 org)
- Anthony Crawford (electric and acoustic guitar, piano, hammond b-3 o)
- Pegi Young (vibes, acoustic guitar, vocals)
- Rick Rosas (bass)
- Chad Cromwell (drums)


1. When Worlds Collide
2. Fuel Linee
3. Just Singing A Song
4. Johnny Magic
5. Cough Up The Bucks
6. Get Behind The Wheel
7. Off The Road
8. Hit The Road
9. Light A Candle
10. Fork In The Road



             



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