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ROCK PSYCHEDELIQUE  |  STUDIO

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- Membre : Lou Reed

Lou REED AND JOHN CALE - Songs For Drella (1990)
Par ERWIN le 27 Novembre 2009          Consultée 2112 fois

Voila un OVNI dans le paysage du rock de cette fin de 20eme siècle. 18 ans après leur dernière collaboration au sein du légendaire Velvet undergournd, Lou Reed et John Cale ont tous deux mis de coté leurs différends pour créer cette œuvre hommage à leur mentor : Andy Warhol. Car il s’agit bien de lui, « Drella » étant un diminutif utilisé par l’entourage du dingue à la perruque issue d’une contraction entre « Dracula » et « Cinderrella »… D’emblée, le personnage décrit dans les chansons se pose, loufoque mais riche en émotions…

Lou et John se livrent dans une impressionnante démonstration « live », qui rappelle à tous ceux qui avaient pu l’oublier combien l’un et l’autre sont plus que des chanteurs compositeurs, des instrumentistes de génie. L’ensemble sonne éminemment psychédélique, comme il se doit. Un petit résumé de la vie d’un personnage emblématique du 20eme siècle.
Peut-être est-ce lui donner trop d’importance ? Ma foi, les épisodes de vie restent savoureux pour peu que l’on parle anglais, mais rien n’empêche l’auditeur de se caler uniquement sur la musique.

L’étrangeté de l’opus peut choquer au premier abord. Cale et Reed sont deux monstres sacrés de la musique du 20eme siècle, leur amitié puis leur rivalité ne sont que les révélateurs du sentiment intense qui les lie. Et cette relation/fusion d’amour/haine conduit en droite ligne à cet album. Alors cela part un peu dans tous les sens, les rythmiques entêtantes mais sidérales de John Cale croisent les arpéges cristallins de la guitare de Lou Reed tantôt avec stupéfaction tant elles sont éloignées l’une de l’autre, tantôt dans la fusion pour un moment de magique et d’éphémère beauté.

« A dream » est le classique de l’album. La guitare est toute de Delay, alors que Cale déclame un texte qui inspire le silence et l’écoute religieuse. Sans doute est-ce représentatif de ce qui tournait dans l’esprit de Warhol, lui qui n’était pas musicien… La guitare rappelle celle de The Edge, c’est la quadrature du cercle quand on connaît l’influence du Velvet sur U2… c’est aussi la chanson qui évoque réellement les liens unissant Lou, John et Andy, sans faux-semblants ni hypocrisie. Il faut voir l’air triste de Lou Reed écoutant les reproches de Andy via la bouche de John…
La dissonance psychédélique de «Images » en a fait l’autre classique de l’album, le violon y crée une atmosphère proche de la crise de nerfs, de la folie.

Cependant, pour moi les porte étendards du skeud sont tout autres :

« Forever changed » porte bien son nom, car on ne ressort pas indemne de son écoute : on y retrouve la voix robotique de Cale, soutenue par un clavier d’une force martiale que ne renieraient pas les Allemands de Rammstein, 20 ans plus tard. Toute la force d’un destin hors du commun est évoquée dans cette chanson avant-gardiste, l’une des plus belles jamais composée par Cale. Et Reed, assis dans un coin du studio, la guitare posée sur les genoux, suit avec discrétion les circonvolutions de son ami/ennemi, jusqu’à ce que ses doigts libèrent l’énergie dévastatrice qui fait de « forever changed » la sublime chanson qu’elle est…. Une seule prise ? C’est bien possible… Reed n’est pas un guitariste connu… Eh bien j’engage tous les guitaristes à écouter sa performance.
Et si « Forever changed » porte en elle les germes de la révolution, du combat, de la force, on peut affirmer de la même manière que «Hello, It’s me » en est l’exacte antithèse. Le violon de Cale y réapparaît, et les petits arpèges de Reed créent une ode à la douceur, surprenante après tant de pression. La voix de l’icône new yorkaise monte, grave, puissante, et le dialogue s’instaure avec Andy… Le propos de Reed est confus, pour finalement stigmatiser toute l’étendue de sa perte, et son désarroi…

Le reste de l’album est monolithique, martial pour les compos de John, poétique pour celles de Lou.
Le single « nobody but you » ne changera pas la face de la musique, petite chansonnette avec un refrain pop easy-listening. Prétexte à servir d’écrin à la voix de Lou. « Slip away » est un petit air décrivant la fermeture de la « factory » temple New yorkais de l’art d’Andy Warhol
« Small town » et « It wasn’t me », ou comment tromper l’auditeur, car on pourrait les inclure dans un album des Stranglers , la voix pourrait être celle de Cornwell, les claviers polissons de Greenfield et la chanson issue des cerveaux embrumés de Burnel et Cornwell… Mais non , c’est Lou et John ! Joli travail de Lou à la gratte. A s’y méprendre.
« Faces and names »: ouaté et nuageux, comme issu d’une session sous acide, John y imite Andy pour un conte iréel et moqueur, Warholien ? « Trouble with classicist » qui, sur un petit lick de guitare de Lou, voit l’organe de John se poser, déclamé plus que chanté. Un bridge méchant puis la comptine reprend. Et la personnalité de Warhol s’exprime via John une fois de plus, paradoxale et psychiatrique…
Plusieurs morceaux contiennent des éléments d’agressivité, c’est le cas de l’étrange « Starlight » ainsi que de « I believe » aux réminiscences de Queen, et de « Work » ou la guitare distorsionnée tient le premier rôle.

La session conduira à une réunion du Velvet Underground, malgré un John Cale « certain de ne plus jamais vouloir travailler avec Reed »… Ils n’en sont pas à leur première contradiction, à croire qu’ils ont inventé le terme !

Un disque méconnu, à découvrir.

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   ERWIN

 
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- Lou Reed (chant guitare)
- John Cale (chant claviers violon)


1. Small Town
2. Open House
3. Style It Takes
4. Work
5. Trouble Wirth Classicist
6. Starlight
7. Faces And Names
8. Images
9. Slip Away
10. It Wans’t Me
11. I Believe
12. Nobody But You
13. A Dream
14. Forever Changed
15. Hello It’s Me



             



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