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JAZZ/CLASSIQUE/POST-ROCK  |  STUDIO

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- Membre : Catherine Wheel

TALK TALK - Laughing Stock (1991)
Par ONCLE VIANDE le 21 Novembre 2009          Consultée 2822 fois

Laughing Stock clôt un diptyque entamé avec Spirit of Eden. Ces deux albums sont indissociables et font entrer TALK TALK dans le cercle fermé des formations qui n’ont pas connu le déclin. Certains prétendent que les débuts du groupe laissaient déjà entrevoir cet épanouissement artistique. Ce qui est sûr, c’est qu’à partir de 1986, TALK TALK se marginalise. Il arrête la scène, change sa musique, refuse la promotion radio et se sépare de sa maison de disques. Hollis et Greene affichent alors une intransigeance totale. Le départ de Paul Webb n’entamera pas leur volonté et ce cinquième disque est l’aboutissement de leur démarche.

Les rôles sont à présent clairement distribués; Hollis compose et Greene produit. En passant des coquillages aux oiseaux, la musique de TALK TALK s’est encore élevée. Laughing Stock est plus achevé que son grand frère. Il en gomme les dernières arrêtes pop, les pulsations encore trop marquées, les percussions encore trop nettes, pour glisser doucement mais sûrement du coté jazz de la force. La batterie est mixée en arrière plan. Des caisses lointaines et une contrebasse tissent une trame dupliquée à l’infini. Trois titres sont ainsi construits sur le mode répétitif cher à CAN et auquel le post-rock à son tour, sera redevable. Le post-rock justement, (re)découvrira ici une partie de ses fondements, ses nappes de guitares et sa recherche d’intensité ("Ascension Day"), ses structures étirées et lancinantes ("After the flood") et sa nature fondamentalement mélancolique ("New Grass").
On peut penser que ce disque fut élaboré comme son prédécesseur, à partir de longues séquences improvisées, c’est en tout cas ce que suggère son écoute. TALK TALK crée une musique-édifice où chaque note assure la stabilité de la suivante. La prudence impose l’économie, l’économie devient une audace. Sur certains titres, la frontière entre son et silence est particulièrement ténue ; un bruit d’ampli sur "Myrrhman" est utilisé comme un silence, tandis que les blancs de "Runeii" semblent combler les trous laissés entre les notes.
"Laughing Stock" exploite une grande quantité d’instruments. Claviers, vents, cordes et percussions sont aussi bien mis au service du foisonnement ("After the flood") que du dépouillement ("Runeii"). Moins immédiat mais pas moins sensible, c’est toujours une musique qui parle au cœur qui s’exprime ici, même désossée à l’extrême.
Les techniques de compositions mettent en évidence les influences de Mark Hollis : OLIVIER MESSIAEN, ERIK SATIE ou GYÖRGY LIGETI, auxquels j’ajouterai volontiers ARVO PÄRT. Curieusement, l’humeur est blues : les accords de "Taphead" et "Runeii", la présence de l'harmonica, cette sensation de grands espaces liée à un sentiment de dénuement et de désespoir jusque dans les tréfonds d’une voix qui ne triche pas. Au final, une œuvre inclassable qui emprunte aux musiques les plus variées leurs éléments les plus essentiels, les plus touchants, et en abolit les frontières.

De l’aurore de "Myrrhman" au levé d’"Ascension Day", on atteint le zénith d’"After the flood", puis "Taphead" entame le déclin, et le soir de "New Grass" mène au crépuscule de "Runeii". Laughing Stock, comme son frère ainé, n'exprime finalement rien d'autre que la vie éternellement recommencée.

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   ONCLE VIANDE

 
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- Lee Harris (batterie)
- Mark Feltham (harmonica)
- Martin Ditcham (percussion)
- Mark Hollis (chant, guitare, piano, orgue)
- Tim Friese-greene (orgue, piano, harmonium)
- Avec :
- Levine Andrade (violon)
- Stephen Tees (violon)
- George Robertson (violon)
- Gavyn Wright (violon)
- Jack Glickman (violon)
- Wilf Gibson (violon)
- Garfield Jackson (violon)
- Simon Edwards & Ernest Mothle (basse acoustique)
- Roger Smith & Paul Kegg (violoncelle)
- Henry Lowther (trompette, cor)
- Dave White (contrebasse, clarinette)


1. Myrrhman
2. Ascension Day
3. After The Flood
4. Taphead
5. New Grass
6. Runeii



             



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