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- Membre : Tony Iommi , Dust

Billy IDOL - Cyberpunk (1993)
Par ERWIN le 6 Avril 2010          Consultée 2822 fois

Le cinquième album studio de Billy IDOL n’est pas resté dans les mémoires. Il est cependant remarquable à de nombreux titres. Le premier aspect notable est l’utilisation d’un ordinateur pour enregistrer l’album, un Macintosh. C’est l’influence de son ami Trevor Rabin, ancien guitariste Sud-Africain de YES et grand maître de l’instrument. Vous vous souvenez du riff de « Owner of a Lonely Heart » ? C’est lui ! Vous avez dit visionnaire ? Nous sommes en 1993, Rabin travaille déjà à la création musicale assistée par ordinateur et apprend à Billy comment se servir de la bête ! C’est évident, l’aspect « Cartoon » du personnage de Billy Idol ne doit cacher en aucune manière un talent certain pour transfigurer la mode et l’influencer.

L’album évolue comme il se doit autour du concept du « Cyberpunk ». A la base mouvement littéraire imaginé par Philip K. Dick et ensuite popularisé par William Gibson, nom qui ne laissera ici personne indifférent, il n’y a pas de hasard… Avec un tel positionnement, IDOL est alors stigmatisé par la maigre communauté d’internautes en cette année 93, qui l’accuse de vouloir surfer sur les premiers succès du net. Pourtant, un grave accident de moto l’avait conduit à l’époque à la pose d’une prothèse stimulatrice sur sa cuisse, lui donnant un aspect résolument « Cyberpunk » comme le nota un journaliste de l’époque. Replaçons-nous dans le contexte, dominé par la crasse d’un Grunge dégoulinant de malsainité. Comme Billy le disait en ces jours déjà lointain : « Courtney LOVE parle de Punk, NIRVANA parle de Punk, tout comme PEARL JAM, et j’entends cela, moi qui suis l’un des rares survivants actifs de 77 ! Cyberpunk est ma réponse ! ». Il faut admettre que la réponse a un sens, et qu’elle ne manque ni de couilles ni de piment. D’autant qu’il est le premier à utiliser les ressources du web alors embryonnaire pour créer une communauté de fans autour de lui et la fidéliser, démarche ô combien avant-gardiste en 93. Il change de coupe de cheveux, adoptant des dreadlocks et un style vestimentaire issu des créations de Paul Smith.

Mais voyons plutôt l’intérieur du skeud : « Wasteland » propose une introduction de qualité, Billy chante bien, le ton est plus sérieux qu’auparavant. On sent immédiatement toute l’implication de l’icône du Punk, son ambition. La musique reste d’un abord simple et agréable, mais nous sortons avec ce morceau de l’« easy listening ». « Shock To The System » n’a cependant besoin d’aucune aide pour imposer sa mélodie dans les tops du monde entier. Une vidéo sympa et des guitares agressives en font l’hymne de l’album. L’énorme « Neuromancer » plonge l’auditeur dans une ambiance surréaliste particulièrement frappée, qui mixe avec minutie toutes les influences de l’ancien leader de GENERATION X. une basse démente, une gratte de tueur, et Billy IDOL au sommet de son art vocal Un morceau génial. L’apport du bassiste Doug Wimbish n’est pas à prendre à la légère sur ce skeud. Le bassiste de LIVING COLOUR apporte toute sa verve et sa légendaire technique tout au long d’un disque qui ne souffre pas d’un quelconque manque d’originalité. On peut même dire qu’il est très – Trop ? - en avance sur son temps. Le disque se déroule telle une pellicule, nous sommes très proches de l’album concept tel que défini par les critères des grands groupes Progressifs. La pléthore d’effets spéciaux, la débauche d’ambiances futuristes – la voix technocratique et big brotherienne de « Adam in chain » - font de ce disque un étonnant essai de conception.
Quelques rares moments faibles ponctuent le concept album : ainsi « Shagri La » ne me séduit guère, pas plus que « Concrete Kingdom », mais on ne peut réfuter l’ambiance hindoue sur le premier ou les tentatives techno-industrielles du second. Défauts aisément contrebalancés par la puissance de « Power Junkie » ou de « Venus » dominés par les riffs saignants de Mark Younger-Smith. L’album s’achève sur « Mother Dawn », un rythme technoïde, un refrain "mainstream" mémorisable, et un solo superbe du guitariste aux ongles peints.

Cet album dénote, dérange peut-être même dans la discographie de Billy IDOL. Notre homme a senti le vent tourner à l’aube des années 90, et a souhaité prendre tout le monde à revers, afin de ne pas apparaître comme un chanteur ringard des 80’s. De ce point de vue le pari est réussi. Mais… Car le « mais » est de taille : les critiques, les fans n’ont pas suivi. L’album fut un flop terrible dans la carrière sans taches du punk peroxydé, le laissant incrédule et vidé après un travail pourtant plus qu’honorable, prélude à une chute sans fin dans le monde des substances de mort. La vérité doit être rétablie. Ce Cyberpunk était en avance sur son temps, d’une qualité indéniable. Il aurait dû être le top de la carrière de Billy IDOL. Je ne peux m’empêcher de vivre la respiration finale de « Neuromancer » comme la dernière bouffée d’air sain prise par Billy pendant cette terrible décennie des 90’s.

Une injustice. A méditer. Il faut redonner sa chance à Cyberpunk.

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   ERWIN

 
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1. Wasteland
2. Shock To The System
3. Tomorrow People
4. Adam In Chains
5. Neuromancer
6. Power Junkie
7. Love Labours On
8. Heroin
9. Shangrila
10. Concrete Kingdom
11. Venus
12. Then The Night Comes
13. Mother Dawn



             



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