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RAUDIVE - Chamber Music (2010)
Par STREETCLEANER le 21 Janvier 2011          Consultée 1069 fois

Derrière RAUDIVE se cache un DJ et compositeur, Oliver HO, et Chamber Music est son premier album qui fait suite à deux EP, Cone et Paper, publiés eux aussi via le label allemand Macro. Domicilié à Londres depuis près de quinze ans, Oliver HO est essentiellement connu (il jouit d'une popularité indéniable) pour ses sets à Berlin, New-York ou Tokyo et son exploration d'une techno bien empreinte d'une vision toute personnelle, moderne, voire avant-gardiste, souvent puissante et tribale. Chamber Music est une oeuvre très particulière, bien loin de tous ces mixes techno un peu trop impersonnels qu'on sait nous dérouler sur des kilomètres.

Oui, c'est un fait que Chamber Music demeure de la vraie techno mais pas juste de la techno sans prise de risques, bêtement formatée à l'intention des clubs, ou calibrée au poil pour la danse. Il ne s'agit pas de cela en l'occurrence. Chamber Music diminue notablement le tempo par rapport aux travaux précédents d'Oliver Ho effectués sous son nom, et se présente d'une manière autrement plus complexe et saisissante. Chamber Music copule avec les genres, s'accouple parfois au dubstep, drague par intermittence la house, caresse fortement le minimal, emprunte largement les voies de l'ambient, mets les doigts dans l'expérimentation (saxophone, instruments à cordes notamment)... Mais aussi s'empare des dancefloors pour les expédier dans un décor de science-fiction, un environnement futuriste, voire particulièrement dark pour une musique qui demeure en même temps une musique pour clubs.

Ainsi les atmosphères du minimal "Is It Dark in Here", au pattern rythmique ressemblant à des échanges de balle de ping-pong, nous renvoient sur les travaux sombres de MONOLAKE par exemple (Momentum ou Gravity notamment) même si dans le cas présent les nappes spatiales se font plus discrètes. Si le dancefloor se transportait dans une autre dimension, ce serait celle de l'obscurité ou du néant sans espoir. Et le titre compose avec des percussions japonaises sorties tout droit d'un sombre manga futuriste, digne d'Akira. It's fucking dark ! Autre proposition de techno minimale, "Khaki" introduira des cloches, toujours dans ce décor sombre et rempli de tensions. Les atmosphères nocturnes remplacent la vision de notre pièce par celle d'une ville enfoncée au coeur de la nuit. Esprit de Cinemascope, sors de ce corps !

Plus clubby et house, "Cone" possède un rythme particulièrement hypnotisant, sans toutefois quitter les frontières d'un environnement angoissant. Par moments, le piano ou le saxophone (oui je parle bien d'un saxophone !) y font des apparitions fantomatiques, tels des spectres errant sans but dans l'espace. Mais le titre sans conteste le plus dancefloor est le suivant, "Paper", aux basses profondes, de la deep techno-house parfaitement efficace dans laquelle s'invitent en fond des instruments à cordes grinçants. Ou "Brittle" aux percussions très organiques importées d'Afrique, et qui ne démarre vraiment qu'après six minutes, comme quoi Ho ne cherche finalement pas la facilité. Il est un fait que presque tous les titres sont particulièrement bien trouvés. Le dubby "X-rays" voit Oliver Ho mêler guitare électrique et percussions tribales qui nous charment. Il pourra rappeler "Circles" sur son E.P. ABC. Le dancefloor est enfumé, les gestes ralentissent, notre esprit se perd dans la brume artificielle... Il en sera de même sur le suivant "Tul" si ce n'est que les percussions gagneront en texture organique, et que le saxo s'invitera de nouveau. Toutefois, ce morceau est moins saisissant et reste plus convenu.

Côté titres purement ambient, je ne pourrai passer sous silence "Over", un moment purement immersif, planant, et petit bijou technologique qui nous transporte vers l'an 2522 (au hasard) dans une vision de cauchemar de l'après apocalypse. Peut-être bien la plus belle réussite de cet album, tout au moins pour ceux qui sont sensibles à un ambient sombre et grinçant ! RAUDIVE renouvelera d'ailleurs l'expérience ambiante en fin d'album, avec une autre plage réussie "Sienna".

Décidément, l'année 2010 n'aura pas mal réussi du tout à la sphère de la musique électronique. A la fois clubby, sombre, minimal, expérimental, ambient, Chamber Music s'avère être un album particulièrement enthousiasmant de cette fin d'année 2010. Même s'il n'est en rien un album exceptionnel, je ne vois vraiment pas grand-chose à écarter dans ce Chamber Music qui est de surcroît, rappelons-le, un premier album. Sans doute est-il un peu déroutant du fait de ses multiples facettes et de ses atmosphères, mais Chamber Music ravira les amateurs de techno dansante et d'ambiances dominées par la force des vents obscurs et tribaux.

Note réelle : 3.75/5.

Morceaux préférés : "Is it Dark in Here", "Cone", "Paper", "Over", "Khaki", "X-rays"

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   STREETCLEANER

 
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- Oliver Ho (tout)
- Zizi Kanaan (voix)


1. Is It Dark In Here
2. Cone
3. Paper
4. Over
5. Khaki
6. Brittle
7. X-rays
8. Tul
9. Sienna



             



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