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The ENID - Touch Me (1979)
Par MARCO STIVELL le 5 Août 2011          Consultée 1211 fois

1978 a vu THE ENID être qualifié de "meilleur espoir" de l'année par certains périodiques. Une considération idéale pour un groupe qui n'en connaîtra que peu d'égales par la suite...
La période qui s'articule autour de Touch me est sans doute la plus faste du groupe en termes de succès, et le concert de l'Hammersmith Odeon sera là pour le prouver, mais sur la grande échelle du rock progressif, ça demeure toujours très, trop confidentiel. Le groupe est en perpétuel changement, arrive le claviériste écossais William Gilmour, qui n'est pas le frère de David. Malgré son importance, il sera comme beaucoup d'autres un membre éphémère. Même s'il n'est pas (encore) membre officiel, Tony Freer est aussi venu grossir la force de la musique sur ce Touch me.

Autant le dire tout de suite, la musique de ce troisième album ne s'écarte en aucun cas des sentiers battus, elle a même tendance à se rapprocher des deux précédents jusque dans la structure : quatre morceaux sur la première face, et un beaucoup plus long sur la deuxième. "Albion Fair" pousse le vice en inversant les deux grands moments de "Fand", première partie aux claviers et deuxième plus rock ! Mais avec plus de réussite cependant.

"Humouresque" est débuté par un thème tellement pompeux (mais toujours pas prétentieux) qu'on ne peut s'empêcher de sourire. A l'image du titre choisi, l'humour du groupe reste fort. Le hautbois fait à la fois office de petite nouveauté et de cerise sur le gâteau. Le thème qui suit, féérique, semble échappé d'un Walt Disney. "Humouresque" est ainsi partagé entre le rêve et des passages rock tourmentés, où la rythmique et la paire de guitaristes Stewart/Lickerish fait très fort. Les claviers sont magistraux, comme à l'accoutumée. Le piano achève le tout doucereusement, avec élégance. "Cortege" est d'une humeur tribale avec intro par la batterie. Le pas de danse ancienne est réjouissant, la mélodie étant menée par le doux cor anglais de Tony Freer. Les fausses flûtes prennent le relais, puis le tout se calme pour un court temps, nous permettant d'apprécier un peu plus le cor anglais. Lors de la reprise, un des deux guitaristes se fend d'une petite intervention très classieuse. "Elegy", le "The Lovers" du disque, est encore plus beau que ne pouvaient l'être ce dernier et "Ondine". Cette mélodie de piano est à la fois si simple et marquante ! La partie de hautbois est toute en finesse. C'est un morceau court par rapport aux autres, mais qui n'avait pas besoin de plus. Sur "Gallavant", l'idée danse ancienne de "Cortege" est reprise en plus appuyée encore, mais non, contrairement à "Childe Roland", ce titre ne sera pas un troisième "The Devil". Des claviers surpuissants nous font retomber dans les guerres du Moyen-Âge. La partie centrale avec seulement ces mêmes claviers nous emmène loin, loin...

Pour "Albion Fair" donc, le début évanescent se fait au clavier. La compo s'installe doucement, au bout de la troisième minute commencent à rentrer plusieurs voies. Le clavier domine tout, l'effet est cristallin. A cinq minutes trente, le thème change, devient héroïque, bien souligné par la guitare et la basse. On sourit une nouvelle fois. Le hautbois fait son petit retour, l'ambiance ultra-symphonique est conforme au non-sérieux du groupe. Puis le piano revient pour amener un moment d'orfèvre à la "Elegy", avec hautbois dans le lointain... Le titre repart de manière plus incisive et bordélique, Storey égrène ses fûts, les trompettes-synthés résonnent. Le thème final glorieux est un régal, les guitares et claviers s'emballant pour notre plus grand bonheur. On ne sait pas toujours où la mélodie veut en venir, ou si carrément il y en a une, mais il est évident que, du moins sur cette fin, ce n'est pas le but recherché par le groupe, tout comme cela pouvait (et peut) arriver dans les grandes symphonies classiques.

Touch me n'est ainsi pas l'album de THE ENID le plus abouti en termes de mélodies (quoique "Elegy", quelle beauté...), ici ce sont plutôt les ambiances qui priment. Peut-être qu'il n'a pas la portée mythique de In the Region of the Summer Stars, mais il est nettement moins solennel, plus libéré, et aussi meilleur à mon goût (je ne lui ai mis un peu moins que dans un effort d'objectivité). Et puis il y a Tony Freer... Le hautbois et le cor anglais sont des instruments tellement attachants qu'on ne peut s'empêcher de se dire que le groupe ne les a que trop peu utilisés durant son histoire. C'est jusqu'alors l'album où l'on sent que le groupe (William Gilmour notamment) met le plus la main à la pâte en ce qui concerne la composition. Mais le suivant ira encore plus loin à ce niveau-là...

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   MARCO STIVELL

 
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- Robert John Godfrey (claviers)
- Francis Lickerish (guitares)
- Stephen Stewart (guitares, percussions)
- Terry Pack (basse)
- William Gilmour (claviers)
- Dave Storey (batterie, percussions)
- + Tony Freer (hautbois, cor anglais)


1. Charades : I) Humouresque
2. Ii) Cortege
3. Iii) Elegy (touch Me)
4. Iv) Gallavant
5. Albion Fair



             



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