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ULTRAVOX - Systems Of Romance (1978)
Par ARP2600 le 24 Octobre 2011          Consultée 1947 fois

Je mettrais bien cinq étoiles à une étape aussi importante de l'histoire du rock, mais bon, il faut rester honnête, ce n'est quand même pas la musique la plus extraordinaire qui soit. Pour être franc, je dirais que je lui préfère d'ailleurs légèrement son prédécesseur, plus novateur et plus agressif, l'apocalyptique Ha!-Ha!-Ha!, ainsi que le suivant, Vienna. Seulement voilà, ceci est un des tous premiers albums de la new wave, si pas le premier. De plus, d'un point de vue personnel, j'avoue que j'avais beaucoup de mal à cerner l'évolution des genres avant de l'avoir écouté. Oui, vraiment, il permet de tout comprendre.

C'est sans doute le manque de succès commercial de cet album qui l'a fait passer relativement inaperçu auprès du public à l'époque de sa sortie. Peut-être était-il encore trop tôt, l'émergence commerciale du genre étant venue l'année suivante avec The Pleasure Principle de Gary Numan, qui avait d'ailleurs été directement influencé par Ultravox – un vrai fan, à ce qu'il paraît. La plupart des autres grands noms ont commencé leurs publications en 79 également, je pense vraiment ne pas me tromper en attribuant la palme de l'ancienneté à Ultravox.

Si de nombreux éléments annonciateurs étaient présents dans les deux albums précédents, on y trouvait une ambiance glam rock dans le premier, punk dans le deuxième. La contestation s'étant refroidie en cette année 78, le groupe a décidé de tenter autre chose. Leur bonne connaissance du krautrock les a sans doute encouragé à développer le côté électronique, tout en adoptant une optique plus romantique dans les mélodies. L'élément le plus révélateur est qu'ils ont eu recours aux services de Conny Plank, LE producteur du krautrock. Celui-ci a travaillé avec Neu!, Cluster, Klaus Schulze, Kraftwerk et bien d'autres.

Et dès le début, on peut être un peu bluffé quand on s'y connaît en la matière. Les toutes premières secondes de l'album me rappellent clairement le Tangerine Dream de ces années-là. La chanson «Slow motion», véritable manifeste à elle seule, présente néanmoins un tout autre rythme, la fusion définitive entre la musique punk, Roxy Music et Kraftwerk. Les sons électroniques distordus y affrontent les guitares dans un mélange encore inconnu à l'époque. «I can't stay long», avec sa rythmique directement inspirée de Neu!, propose un romantisme très prenant. Dommage que le chant de John Foxx, convenable pour du punk, paraisse ici un peu limité.

Je serais tenté de dire «etc.» car tout ici montre clairement qu'on est à la croisée des chemins. 'Someone else's clothes' est à la fois punk et très Roxy Music, mais avec des nappes de synthés. Et puis «Blue light», «Some of them», «Quiet men», toutes montrent des liens avec le passé en étant tournées vers l'avenir. «Dislocation» est la plus mécanique, elle ressemble à du kraftwerk un peu sale et annonce O.M.D., Depeche Mode et les débuts de l'indus. Dans «Maximum acceleration», la basse ronflante combinée aux mélodies cristallines donnent un effet romantique incroyable.

Je dirais que «When you walk through me» est la plus art rock du tas, elle me fait d'ailleurs penser au travail de Peter Gabriel à la même époque. Et on finit par la lancinante «Just for a moment», qui préfigure leur tube «Vienna», dans leur album suivant du même nom. Le synthé y est omniprésent, je me demande même si ce n'est pas un CS80, l'instrument fétiche de Vangelis. Dommage que le chant y soit de nouveau très ingrat – voire un peu faux – car l'idée de la chanson était fort intéressante, un type qui a été repris par O.M.D. également.

Voilà, j'espère avoir un peu œuvré à la «réhabilitation» de cet album-clé – n'exagérons rien, il est quand même relativement connu, heureusement. En combinant un esprit contestataire punk avec des aspirations modernistes, artistiques et romantiques, Ultravox a réellement contribué à une évolution majeure de l'histoire de la musique populaire. Je n'irais pas jusqu'à dire que rien n'aurait pu se faire sans eux, car ils ne sont qu'une composante précoce d'un mouvement général. Néanmoins, il serait juste que Systems of Romance retrouve la place qui est la sienne. Beaucoup d'auditeurs trouveront le son archaïque par rapport à de nombreux albums ultérieurs de la new wave, il faut bien se dire qu'il s'agit ici de rock et pas d'électropop ; mais la force de leur musique dépasse de beaucoup ce qu'ont pu proposer la plupart des groupes et producteurs opportunistes ayant surfé sur le déferlement médiatique du genre dans les années 80. Je ne pourrais recommander cet album plus chaudement, tout en demandant de faire preuve de l'indulgence qui est due à tous les pionniers.

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- John Foxx (chant)
- Billy Currie (violons, claviers)
- Robin Simon (guitares, choeurs)
- Chris Cross (basse, synthétiseur, chœurs)
- Warren Cann (batterie, boite à rythme, chœurs)


1. Slow Motion
2. Can’t Stay Long
3. Someone Else’s Clothes
4. Blue Light
5. Some Of Them
6. Quiet Men
7. Dislocation
8. Maximum Acceleration
9. When You Walk Through Me
10. Just For A Moment



             



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